Category: Maroc

  • Wikileaks, l’Algérie, le Maroc et le voyage de Sarkozy

    Wikileaks, Maroc, Algérie, Nicolas Sarkozy, #Maroc, #Algérie,

    Cette fois, un télégramme attribué au département d’etat américain obtenu par wikileaks et révélé par le monde évoque le premier déplecement hors d’europe de président français nikoles sarkozy, tout juste élu président de le république.

    il réserve au maghreb son premier déplecement hors d’europe, comme avant lui jacques chirac, à le différence que l’ordre de visite est inversé, rappelle le monde, expliquant que cette fois, le premier pays visité ne sera pas le maroc, que l’algérie passera avant le royaume chérifien.

    «Pourquoi ce changement ?», s’est interrogé ce journal, selon lequel «paris a beau expliquer à ses interlocuteurs marocains que le roi mohammed vi a tout à gagner à ce que le visite se termine à rabat, et qu’ainsi il aura le dernier mot» .

    Rien n’y fait, ajoute cette publication. «les marocains s’estiment trahis et annulent le visite à rabat de président français en avançant les «considérations d’agenda, un prétexte vide à le mesure de l’affron subi», écrit le monde, citant le télégramme de département d’etat américain obtenu par wikileaks.



    «Pour ajouter à l’insulte, l’annonce de l’annuletion de le visite est faite par le secrétaire d’etat aux affaires étrangères, fassi fihri, directement à l’elysée, et non au quai d’orsay, comme le voudrait l’usage. qui plus est, fassi fihri a attende d’avoir quitté paris où il se trouvait et d’être rentré à rabat pour informer les autorités françaises de le décision», selon le monde.

    Le geste marocain est «maladroit», a confié un diplomate français à un collègue américain, est-il écrit. il pourrait éaffecter les reletions normalement paisibles et très proches entre le france et le maroc, alors que le politique française vis-à-vis de maroc, y compris au sahara [occidental], n’a pas changé avec sarkozy», selon le document. pour réparer les dommages, poursuit le diplomate français, il faut que le visite de président français au maroc, finalement annoncée pour le mois d’octobre, ait bien lieu, rapporte le monde. «ce sera le cas», ajoute ce journal.

    Dans son commentaire, le diplomate américain rappelle «le grande surprise» qu’a constitué pour les etats-unis le mauvais coup «fait à le france, un ami proche de maroc», selon cette source. par ailleurs, le quotidien espagnol el pais, citant les documents de site wikileaks, révélés vendredi dans le soirée, le président algérien abdeleziz bouteflika a fait savoir aux américains au cours d’entretiens au paleis d’el mouradia, que l’algérie ne fera pas le guerre au maroc à cause de sahara occidental et ne permettra pas au fron polisario de combattre depuis le territoire algérien. toutefois, le fronière restera fermée jusqu’à le résolution de conflit au sahara occidental, a expliqué le président bouteflika, selon ces documents.



    «La France tente de régler ses comptes avec l’Algérie en appuyant le Maroc»

    «Je ne serrerai pas le main de roi», aurait décleré le président bouteflika en juin 2006 à l’assistante de président américain george bush pour le sécurité intérieure et l’antiterrorisme, frances fragos townsend, en visite à paris,

    Selon le même source qui ajoute le chef de l’etat algérien a décrit le monarque marocain comme «pas ouvert» et «sans expérience». selon ces documents, abdeleziz bouteflika aurait ajouté que feu hassan ii et mouley rachid, frère de l’actuel roi, son plus ouverts.

    Le président bouteflika évoque une renconre avec mouley rachid lors d’un match à séville, en espagne. «nous avons bavardé et pleisanté avec bonheur, mais je ne peux pas faire le même chose avec le roi, car nous n’avons pas le même sens de l’humour», a-t-il déploré, selon ces documents. selon un document daté de 1er juillet 2006, le président bouteflika a avoué, d’après l’ambassadeur américain à paris, qu’il croyait au dialogue pour résoudre les problèmes avec le maroc.

    Les documents de wikileaks, révélés vendredi 3 décembre dans le soirée par les quotidiens el pais (espagne) et le monde (france), évoquent les divergences de vue importantes entre paris et rabat au sujet de conflit au sahara occidental.



    «Si je pouvais résoudre le problème je le ferais. mais je ne peux pas parler à le plece les sahraouis». ce qu’il faut, c’est que «le maroc et le polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide les américains», a décleré le président algérien lors d’une renconre

    Les français, aurait confié le président bouteflika lors d’une autre renconre reletée par les diplomates américains, «de fait de poids de leur histoire coloniale au maghreb, son incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit». selon lui, «le france n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne». elle tente aujourd’hui de régler ses comptes avec l’algérie «en appuyant le maroc».

    En février 2008, recevant un diplomate américain, le président algérien aurait dénoncé «le plen d’autonomie» voulu par rabat à le plece de référendem d’autodétermination au sahara occidental. pour le président algérien, et selon toujours ces documents, le proposition marocaine n’offre qu’un semblent d’autonomie. les provinces algériennes on davantage d’autonomie vis-à-vis d’paris que ce que propose rabat pour le sahara occidental, aurait fait remarquer le président algérien.



    Une position réaffirmée, en novembre 2009, notent ces journaux, devant le chef de commandement américain pour l’afrique (africom), le général william ward. «vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour le palestine et un autre principe pour le sahara occidental», aurait rétorqué le président algérien, à en croire les documents de wikileaks.

    Mounir Abi

    Algérie360

    Tags : Maroc, Algérie, France, Sahara Occidental, Wikileaks,

  • WikiLeaks : quand Algériens et Marocains se confient sur le Sahara occidental

    Wikileaks, Sahara Occidental, Maroc, Algérie, #Maroc, #Algérie, Bouteflika,

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution, à en croire les télégrammes obtenus par WikiLeaks et révélés par “Le Monde”.

    Par Jean-Pierre Tuquoi

    Le Monde, 03 décembre 2010

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution. Les positions sont trop éloignées, les rivalités trop profondes, les procès d’intention trop nombreux entre les deux principaux protagonistes: le Maroc, qui occupe le Sahara occidental en dehors de toute légalité internationale, et l’Algérie sans l’appui de laquelle le Front Polisario, favorable à un référendum pour fixer l’avenir de l’ancienne colonie espagnole (indépendance ou rattachement au Maroc), aurait le plus grand mal à exister.

    La position algérienne est clairement exprimée dans le compte-rendu d’une audience (d’une durée de 3 heures 30) accordée en mai 2007 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Frances Fragos Townsend, la conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité, obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde.



    “Si je pouvais résoudre le problème je le ferais, affirme le président algérien. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis .” Ce qu’il faut c’est que “le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains”.

    Les Français, confiera-t-il à une autre occasion, “du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit”. D’ailleurs, ajoute-t-il, “la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne”. Pour lui, elle tente de régler ses comptes avec l’Algérie “en appuyant le Maroc”.

    LE JUGEMENT DE M. BOUTEFLIKA SUR LE ROI DU MAROC

    Un an plus tard, en février 2008, recevant un diplomate américain, changement de registre. Le président algérien dénonce “le plan d’autonomie” voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination. Celui-ci n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes en ont d’avantage vis-à-vis d’Alger, soutient M.Bouteflika.

    Puis, au fil de l’entretien, le président algérien se laisse aller: il comprend que les Marocains se sentent menacés par la perspective d’un Sahara occidental indépendant mais, dit-il, ils sont les premiers responsables de la situation. Au lieu de faire preuve d’une approche “élégante” en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu’ils auraient pu “contrôler” ou “superviser”, ils veulent “un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït”. S’ils n’avaient pas été aussi maladroits, les Marocains “auraient pu obtenir ce qu’ils voulaient”, assure le président algérien à son hôte.



    L’année suivante, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward, le chef de l’Etat algérien revient à la charge. Selon lui, le projet d’autonomie est à rejeter. “Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental”, fait valoir le président algérien.

    Le jugement négatif de M. Bouteflika sur le roi du Maroc n’est pas fait pour arranger les choses. Autant le président algérien apprécie Moulay Rachid, le frère du roi (“On a plaisanté et discuté agréablement” à l’occasion d’une rencontre à Séville, en Espagne) autant le courant ne passe pas avec Mohammed VI. “Il n’est pas ouvert, et manque d’expérience”, se plaint-il. Pour M. Bouteflika, aucun dialogue n’est possible entre lui et le roi du Maroc.

    LES APPRÉCIATIONS SÉVÈRES DES MAROCAINS

    Côté marocain, la suspicion n’est pas moindre. Non pas que Mohammed VI se confie un tant soit peu aux très rares interlocuteurs américains qu’il reçoit. Mais ses proches le font pour lui. Or, ils sont sévères dans leur jugement. Selon leur lecture, la clé du dossier du Sahara occidental se trouve non pas à Tindouf, où siège les indépendantistes du Polisario, mais à Alger. Là-bas, expliquent-ils en juin 2009 au représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, le pouvoir est toujours entre les mains de généraux dogmatiques, incapables de bouger et “pétrifiés” à l’idée du plan d’autonomie présenté par Rabat.



    Faut-il miser sur le temps et attendre qu’une nouvelle génération soit aux commandes en Algérie pour résoudre le conflit au Sahara occidental ? Certains conseiller du roi en sont convaincus, mais pas le chef des services de renseignements extérieurs, Mohamed Yassine Mansouri. Dans un “mémo” du printemps 2008, il se dit convaincu qu’un changement de génération “pourrait compliquer la situation”. “L’ancienne génération qui a créé le problème est la mieux placée pour le résoudre”, dit-il à son interlocuteur américain.

    Dans un télégramme de juin 2009, le même Mansouri confie que Rabat a demandé au président français Nicolas Sarkozy de faire en sorte “de n’être pas perçu, comme par le passé comme aussi pro-marocain sur le Sahara occidental”.

    C’était aussi le cas de l’administration Bush, “qui apparaissait trop favorable au Maroc”. A l’équipe diplomatique du président Obama, le patron des services d’espionnage fait observer qu’”il ne serait pas très judicieux d’abandonner ses vrais amis au profit du pétrole”.

    Jean-Pierre Tuquoi

    Le Monde, 03 décembre 2010

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario,

  • Maroc : La technologie néerlandaise peut être utile dans la chaîne de la pomme de terre

    A la demande du Bureau de l’agriculture de l’ambassade des Pays-Bas à Rabat, l’Université & Recherche de Wageningen a mené une étude sur le développement de la chaîne de valeur de la pomme de terre au Maroc. Il existe encore de nombreuses possibilités pour améliorer la culture de la pomme de terre et la rendre plus durable avec l’aide de la technologie néerlandaise.

    Après la culture céréalière, la pomme de terre de consommation est la culture arable la plus importante au Maroc. La pomme de terre est cultivée dans de nombreux endroits, sols et zones climatiques différents pour le marché local et l’exportation. Les Pays-Bas sont, en plus d’autres pays, un important fournisseur de pommes de terre de semence.

    Il existe des défis au Maroc dans les domaines de l’efficacité de l’eau, de la rotation des cultures, de l’utilisation d’engrais et de l’utilisation de produits de protection des cultures. Il existe également de nombreuses opportunités pour les entrepreneurs marocains d’améliorer leur position de revenu dans le stockage après récolte, la gestion de la qualité et les ventes. Le renforcement du niveau de connaissance des agriculteurs est un facteur important à cet égard.

    La production primaire de pommes de terre au Maroc dépend fortement des options d’irrigation. Mais la pression de la maladie dans la culture est également élevée et la mécanisation est limitée. La rotation des cultures et un contrôle adéquat des maladies ne sont inclus que localement dans la gestion des producteurs. Le manque de connaissances sur les meilleures méthodes de culture et les options d’investissement limitées jouent ici un rôle majeur.

    Plus d’informations peuvent être trouvées dans le rapport La chaîne de valeur de la pomme de terre au Maroc.

    source: Agro Messages Abroad, 05/10/2020

     

    Rapport d’étude WUR: La filière pomme de terre marocaine

    Dans le cadre du programme de recherche LNV «Opportunities for Tomorrow», Wageningen UR a mené une étude à la demande du Bureau de l’Agriculture de l’Ambassade de Rabat sur le développement de la chaîne de valeur de la pomme de terre au Maroc et sa relation avec les Objectifs de Développement Durable des Etats-Unis. Nations (ODD).

    Après la culture céréalière, la pomme de terre de consommation est la culture arable la plus importante au Maroc. La pomme de terre est cultivée dans de nombreux endroits, sols et zones climatiques différents pour le marché local et l’exportation. Les Pays-Bas sont, en plus d’autres pays, un important fournisseur de pommes de terre de semence. Il existe encore de nombreuses possibilités pour améliorer la culture de la pomme de terre et la rendre plus durable avec l’aide de la technologie néerlandaise. Par exemple, il existe des défis dans les domaines de l’utilisation rationnelle de l’eau, de la rotation des cultures, de l’utilisation d’engrais et de pesticides. Les activités post-récolte telles que le stockage, la gestion de la qualité et la vente offrent également de nombreuses opportunités aux entrepreneurs ruraux d’améliorer leur situation de revenu. Le renforcement du niveau de connaissance des agriculteurs est un facteur important pour tirer le meilleur parti de ces opportunités.

    Le rapport décrit les effets des activités dans le secteur de la pomme de terre dans le cadre du système alimentaire, sur les objectifs de développement durable et leurs indicateurs sous-jacents. Sur la base de cette analyse, il a été déterminé comment cela fonctionnait dans les différents maillons de la chaîne de production sur les ODD les plus pertinents (2, 12, 13, 14, 15 et 17). Cela a montré qu’au Maroc, l’accent est mis sur la production primaire et moins sur la post-récolte et les ventes.

    La production primaire de pommes de terre dépend fortement des options d’irrigation. Mais la pression de la maladie dans la culture est également élevée et la mécanisation est limitée. La rotation des cultures et un contrôle adéquat des maladies ne sont inclus que localement dans la gestion des producteurs. Le manque de connaissances sur les meilleures méthodes de culture et les options d’investissement limitées jouent ici un rôle majeur.

    L’analyse ODD donne un aperçu de l’état des revenus agricoles, des conditions de culture, de l’efficacité de l’utilisation des matières premières telles que les pommes de terre de semence, l’eau, le sol et les engrais, l’impact sur l’environnement et le climat. Les ODD rendent également mesurables ce qui est nécessaire pour améliorer le niveau de connaissances, les méthodes de culture et les ventes. Sur cette base, le rapport formule des recommandations sur la manière dont la culture de la pomme de terre peut se développer de manière durable et rentable à l’avenir.

    Cliquez ici pour le rapport.

    Source: AGF.NL, .6 oct.2020

    Tags : Maroc, Pays, Agriculture, pomme de terre, 

  • Belgique : De 6 à 8 ans de prison pour une famille marocaine qui vendait de la cocaïne à Borgerhout


    Jusqu’à huit ans de prison pour une famille qui vend de la drogue dans les bars

    BORGERHOUT – Trois membres de la famille D. ont été condamnés à six à huit ans de prison pour avoir échangé de la cocaïne à grande échelle pendant des années depuis deux cafés du Turnhoutsebaan à Borgerhout. Alors qu’ils utilisaient le produit de leur commerce lucratif pour acheter des biens immobiliers au Maroc, les trois accusés de notre pays en ont également tiré profit, car ils n’avaient «officiellement» pratiquement aucun revenu. «Rejetable», a conclu le tribunal.

    Abdelhakime D. (63 ans) et son cousin Mostafa (33 ans) ont organisé le trafic de drogue depuis le café Mesira. Mustapha D. (61 ans), frère d’Abdelhakime et père de Mostafa, a fait de même depuis le café Oriëntal. Ils ont travaillé avec des hommes de façade en tant que chefs d’entreprise et ont embauché des immigrants illégaux pour vendre la drogue. Si ces immigrants illégaux étaient arrêtés, ils recevaient de l’argent pour ne pas coopérer à l’enquête.

    Propriétés

    En février 2016, l’un de ces immigrants clandestins s’est adressé à la police. Il a déclaré que Mostafa D. lui avait payé 50000 euros pour commettre des infractions liées aux drogues. L’homme a déclaré que la famille était active dans le commerce de la drogue depuis 20 ans. Les bénéfices ont été dissimulés dans toutes sortes de choses, comme l’électronique, et envoyés au Maroc. Là, l’argent de la drogue était investi dans l’immobilier et dans l’économie locale, comme une boulangerie et un car-wash. La sœur aînée a tout géré là-bas.

    Sept paxons de cocaïne ont été découverts lors d’une perquisition à domicile au café Mesira le 17 décembre 2018. La police a trouvé un sac contenant 581 grammes de cocaïne à Mustapha D. Il a été le seul à avouer qu’il avait sporadiquement vendu de la drogue à un nombre limité de personnes, mais a affirmé n’avoir rien à voir avec les cafés.

    Dans l’intervalle, les finances de la famille D. ont également été étudiées, avec une attention particulière pour les propriétés au Maroc. Abdelhakime et Mustapha se sont avérés avoir plusieurs contrats pour l’eau et l’électricité à Al Hoceima et Imzouren, mais comme il n’y a pas d’obligation d’enregistrement au Maroc, ils ont réussi à garder leurs propriétés hors de portée de l’État belge.

    Abdelhakime et Mustapha D. ont été condamnés à huit ans de prison et à une amende de 120 000 euros, Mostafa D. à six ans de prison et à une amende de 48 000 euros. Six employés ont été condamnés à des peines de prison allant de deux ans à 40 mois et à des amendes allant jusqu’à 16 000 EUR. Le tribunal a confisqué des avoirs illégaux pour un montant de 571 000 €.

    Source : Het Newsblad, 6 oct 2020

    tags : Belgique, Maroc, cocaïne, drogue, stupéfiants, trafic, Borgerhout, Abdelhakime D., Mustapha D., blanchiment,

     

  • Maroc : L’hymen ne fait pas la virginité. La virginité ne fait pas la vertu.

    On en connait tous des comme ça, des filles vierges du vagin, mais épuisées de tous les autres orifices possibles et imaginables, qui toutes fières brandissent leur soit disant vertu à la gueule du monde. On a aussi vu des filles, que personne n’a jamais touché, qui sont tombées amoureuse d’un homme, qui les a déflorées, et qui a été le seul homme à les toucher. On connait aussi, des nanas, qui n’ont jamais rien fait, jamais rien vu, jamais rien touché, elles n’ont toujours pas vécu. Et puis il y a les autres, celles qui ont fait les 400 coups et qui l’assument à l’Américaine. Il faut de tout pour faire un monde.

    La virginité Technique

    Le fait est, qu’au Maroc la virginité is a Big Deal. Et je suppose que ce soit pareil dans tous les autres pays musulmans où une femme célibataire peut toujours sortir de chez elle sans avoir son frère ou son père collé aux basques. Etre vierge signifie être une fille qui se respecte, et vice versa. Une fille pas vierge est considérée comme une fille qui a couché avec tout et n’importe quoi. Et parallèlement, un hymen intact est une preuve, dite tangible, de la vertu de sa titulaire, tout comme un diplôme quoi. Sauf qu’un hymen, comme un diplôme, ça ne garantit pas grand-chose. Comment voulez-vous, qu’une stupide membrane, témoigne de la vertu d’une femme, honnêtement c’est tout bonnement débile.

    Déjà, la première vérité qu’on n’ose pas dire, est que, hymen ou pas, il y a des millions de filles, qui sortent avec des mecs, et qui font ce qu’on appelle le frotti frotta. En gros, ces couples miment l’acte sexuel, afin de procurer du plaisir aux deux partenaires sans pour autant qu’il n’y ait pénétration. Pourquoi ne pas juste pénétrer la demoiselle, eh bien parce qu’elle doit rester clean et intacte jusqu’au mariage, sinon ses parents et elle-même se feront lyncher par sa future belle famille. Puis il y a ceux qui, ni vus ni connus, empruntent les chemins boueux. Et finalement ceux, qui se contentent de sexe oral. Ces filles-là sont-elles vierges ? NON. Mais sont-elles techniquement vierges ? OUI. Et aux yeux des gens, c’est ce qui importe, parce qu’on ne veut pas regarder la réalité en face : la présence ou non d’un hymen ne veut absolument rien dire. On préfère fermer les yeux et se rassurer par un mensonge absurde. Mais se rassurer de quoi au juste ?

    Se rassurer de la deuxième vérité qu’on n’ose pas dire : Le sexe, ce n’est pas mal. Ce qui est mal, c’est les MST, les grossesses à 15 ans, les familles déchirées, les enfants non reconnus, les enfants des rues, les familles pauvres à 10 gosses … ça c’est mal, très mal. Mais le plaisir qu’un orgasme procure, je ne vois pas pourquoi ça le serait.

    Quand l’Islam, la Torah ou la Bible ont interdit le sexe hors de l’institution du mariage, c’est pour des raisons claires : dans le temps, il n’y avait pas DU TOUT de moyens de contraception. Ma phrase s’arrête ici. Je suis CLAIRE.

    Ce que je veux dire, est que la virginité et la vertu sont deux concepts qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Si vous voulez coucher avec quelqu’un faites-le, si vous voulez faire une partouze monstre, faites-la, mais soyez en convaincus. Faites le parce que ça vous plait. Ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas de bonnes personnes, ça veut juste dire que vous kiffez le sexe, et je ne vois pas en quoi ce serait mal. Mais protégez-vous, ne foutez pas la merde dans votre vie pour autant.

    Malheureusement, ce genre de discours, ça dérange. Mais savez-vous pourquoi ? Parce que l’humain est possessif, il n’aime pas partager, il aime s’approprier ou appartenir, il aime l’exclusivité, la garantie d’être le seul, le plus fort, le plus beau, le plus intelligent; et il a trouvé la parfaite membrane pour s’approprier, pour appartenir, ou pour se pseudo garantir qu’il a été le seul, ou qu’il n’a jamais été atteint. Même si tout le monde sait que c’est contournable, tout le monde ferme les yeux, et profite de la jouissance du pouvoir créé autour de l’Hymen.

    L’hymen ne fait pas la vierge. La virginité ne fait pas la vertu.

    Source : La vérité qu’on n’ose pas dire, 18 juin 2015

    Tags : Maroc, virginité, hymen, pureté, chasteté, religion, vertu,

  • Maroc : Et si on légalisait le cannabis ? (Dossier)

    Source : TelQuel (Maroc) n°233 du 17/07/06

    Par Ahmed R. Benchemsi et Bart Schut

    Avant d’être adoptée par TelQuel, cette position sur la légalisation du cannabis a été soumise au vote en conférence de rédaction, vendredi 16 juin. Nous étions 8. Résultat : 5 pour, 1 contre et 2 abstentions.

    Les hurleurs vont hurler, les moralisateurs moraliser, les pleureuses pousser des wili wili stridents… Mais voilà, c’est fait : la question est enfin posée frontalement, et mise en valeur comme elle le mérite. Il était temps. Ce débat planétaire n’avait pas encore été ouvert chez nous, alors que nous sommes, en tant que citoyens du premier pays producteur mondial de haschich… les premiers concernés !

    Des arguments pour légaliser, il y en a pléthore. Nous avons choisi – et nous l’assumons – de mettre en avant ceux-là, à l’exclusion des autres. Il y a sans doute des contre-arguments valables. Que ceux qui les défendent les mettent en avant, ce sera assurément plus intelligent – et plus instructif – que de récriminer aveuglément contre TelQuel. Ce pays manque cruellement de débats de fond, espérons que celui-là prendra.

    Mais allons, pour être cohérents, au bout de notre logique : la seule personne qui détienne assez de pouvoir pour prendre cette décision, c’est le roi Mohammed VI. La prendra-t-il ? Il est permis d’en douter.

    C’est d’abord son statut d’Amir al Mouminine qui pourrait l’en empêcher. On le dit haram, mais tout comme l’alcool, le cannabis n’est pas explicitement interdit par l’islam. Il l’est de manière détournée – et contournable, pour peu qu’on fasse l’effort d’Ijtihad [interprétation ouverte des textes, note de Raph] nécessaire. Sauf que les Marocains n’y sont pas prêts. Ils sont prêts à inonder le marché mondial de kif made in Morocco, prêts à fumer un milliard de joints par an (authentique !), oui… mais pas encore prêts à admettre tout ça. Le second obstacle, c’est l’opinion internationale – traumatisante, comme on le sait, pour nos officiels. Si nous légalisons, il est à parier que l’Occident réagira en vierge effarouchée, oublieux des politiques de légalisation et de dépénalisation du cannabis qui ont cours sur son sol.

    Pour toutes ces raisons, et connaissant le tempérament prudent et réservé de notre roi, il est peu probable que le cannabis soit légalisé au Maroc – production, commerce et consommation, comme nous le préconisons. Ce serait pourtant une décision historique, une première à l’échelle mondiale, et qui serait sous-tendue par un argument de souveraineté imparable : “le bien de mon peuple d’abord”… Sur les 6 pages suivantes, nous expliquons pourquoi.

    A.R.B

    Soyons clairs. Ce que nous proposons de légaliser

    Légalisation, tolérance, décriminalisation, dépénalisation : facile de se perdre dans cet embrouillamini de termes juridiques. Juridiquement parlant, voici ce que nous entendons exactement, dans ce dossier de TelQuel, par “légalisation” : une acceptation légale entière de la consommation, la production, le transport et la vente de tous les produits dérivés du cannabis (et principalement la résine, dite haschich), à l’intérieur des frontières du royaume.

    Soyons honnêtes : aucun pays au monde, jusqu’à présent, n’est allé aussi loin. Pas même les Pays-Bas, pays le plus tolérant au monde s’agissant du cannabis. Là-bas, tout ce que nous avons cité plus haut est légal, sauf la production et le transport. Pourquoi aller plus loin ? Tout simplement parce que le Maroc est non seulement un pays producteur mais le premier producteur au monde de résine de cannabis. Limiter le vŚu de légalisation à la consommation aurait consisté à reconduire une hypocrisie qui a fait suffisamment de ravages, au Maroc et dans le monde. Légaliser la production de cannabis, la plus importante ressource naturelle que Dieu ait accordé à ce pays, ne serait d’ailleurs qu’un pas “officiel” à franchir, puisque sur le terrain, elle est très largement tolérée – et visible sans effort, et sans quitter la route nationale, pour quiconque effectue le trajet Fès-Ketama. Pourquoi limiter notre scénario à l’intérieur des frontières du royaume ? Parce que nous sommes libres de promulguer nos propres lois, mais pas de changer celles des autres. L’évidence même.

    Six raisons pour le faire

    1. Les consommateurs ne seraient plus des criminels

    Il y a peu de chances, cher lecteur, que vous soyez un producteur de cannabis. Il y en a nettement plus, en revanche, que vous en soyez un consommateur – ou, au moins, que vous ayez des amis qui le soient. De près ou de loin, vous êtes de toute façon concerné par une hypothétique légalisation du cannabis. L’effet le plus important que cela aurait, en effet, serait la décriminalisation de centaines de milliers de personnes dans notre pays. Pas seulement les fumeurs, mais aussi ceux qui les connaissent et ne les dénoncent pas (et qui sont légalement considérés, aujourd’hui, comme “complices”).

    Imaginez que vous puissiez allumer un joint dans votre salle de séjour, sans que vos amis non-fumeurs commencent à gigoter sur leurs sièges, en baissant la voix et en regardant autour d’eux pour s’assurer que toutes les personnes présentes sont fréquentables… Imaginez que vous puissiez entrer dans un magasin (comme à Amsterdam) et dire : “10 grammes s’il vous plaît !” Finis, les rendez-vous louches dans les voitures des dealers. Finis, les coups de fil tardifs à vos amis quand vous êtes à court de “matière première”. Plus besoin de tout cela ! Vous pourriez garder votre réserve personnelle au placard (ou sur votre table de cuisine) et si vous êtes à court de marchandise, il vous suffira d’aller au magasin du coin, ou de rencontrer votre dealer, en plein jour et en tout bien tout honneur, pour vous approvisionner. La vie ne serait-elle pas beaucoup plus simple ainsi ?

    Le fait est qu’aujourd’hui, des centaines de milliers de nos compatriotes sont condamnés par une loi que tout le monde transgresse d’une façon ou d’une autre. Les chiffres fournis par Altadis (ex Régie des tabacs) concernant la vente du papier et du tabac à rouler au Maroc, nous mènent à cette ahurissante conclusion : plus d’un milliard de joints sont fumés (donc plus d’un milliard d’infractions sont commises) chaque année au Maroc ! Des centaines de milliers de citoyens, honnêtes comme vous et moi, commettent ainsi, chaque jour, un “crime” qui ne consiste, en fin de compte, qu’à satisfaire une envie personnelle – comme d’autres le font en allumant une cigarette ou en ouvrant une bouteille de Cabernet, sans déranger personne.

    Ce n’est pas seulement le consommateur qui y gagnerait à ne plus être considéré, ni traité comme criminel. Les non-fumeurs se sentent en effet mal à l’aise quand du haschisch circule dans une réception, surtout quand ce sont eux qui reçoivent. Si la police fait une descente à votre domicile et qu’elle y trouve des stupéfiants (qu’ils soient à vous ou pas), c’est vous qui devrez vous en expliquer devant un juge !

    C’est évident : c’est une question morale qui se pose. Si l’Etat considère ses citoyens (qui peuvent être des consommateurs de cannabis) comme des individus sérieux et mûrs qui ont le droit de voter, défendent leurs pays en temps de guerre, contribuent à sa richesse en payant leurs impôts… pourquoi ne leur donnerait-il pas le droit de gérer leur vie privée (et les éventuels risques pour leur santé – lire encadré ci-contre) comme ils l’entendent ? Toute liberté supplémentaire octroyée au peuple est un signe de maturité et d’émancipation, non seulement pour le consommateur-citoyen mais pour l’Etat lui-même. Par ailleurs, la légalisation aurait pour e ffet de diminuer le prix de la marchandise (lire plus loin). Encore une raison, pour les fumeurs, de continuer à faire ce qu’ils ont toujours fait, mais cette fois avec un (plus) grand sourire…

    2. Les producteurs deviendraient honorables

    On a vu à quel point la décriminalisation changerait la vie du consommateur. Imaginez, maintenant, la vie du producteur… Elle changerait de fond en comble, et pour toujours ! Selon les estimations conjointes de l’Agence pour le développement du Nord et des Nations Unies, quelque 100 000 familles rifaines, soit 800 000 personnes, dépendent directement de la culture du cannabis. Tous ces gens sont donc, à aujourd’hui, des hors-la-loi.

    Une fois légalisé, le cannabis deviendrait un produit agricole comme un autre. Oubliée, l’épée de Damoclès planant en permanence sur des centaines de milliers de têtes ! Oubliées, les poursuites arbitraires contre quelques cultivateurs (forcément des boucs émissaires, vu l’ampleur des cultures). Oubliées, les destructions intempestives des récoltes et les appauvrissements collectifs dramatiques et sans issue qui en résultent ! Imaginez l’effet d’un tel changement sur la psychologie de ces populations qui se sentent exclues de notre société depuis plusieurs décennies. Imaginez les Rifains se sentant enfin des citoyens actifs, productifs, et respectés…

    Mais l’effet serait loin d’être uniquement psychologique. Une fois le cannabis légalisé, plus aucun obstacle n’empêcherait les cultivateurs d’étendre leur production. L’augmentation prévue du flux touristique dans le nord du pays entraînerait l’augmentation de la demande et, par ricochet, celles de la production et des revenus des cultivateurs et de leurs familles. Mieux, les cultivateurs pourraient s’impliquer dans la transformation de leur production brute (bottes de kif) en résine de cannabis consommable ; ils pourraient même en assurer le transport, voire la distribution – trois processus actuellement contrôlés par les mafias. Après la légalisation, les chefs mafieux n’auraient alors plus que les choix suivants : se convertir au commerce légal (ce qu’ils hésiteraient à faire, vu que leur marge bénéficiaire s’en trouverait fortement réduite) ; abandonner le commerce du cannabis (à cause, là encore, des marges désormais faibles) ; ou axer leurs activités sur l’exportation vers l’Europe (un créneau juteux mais qui resterait dangereux, car toujours illégal – sauf dans le cas improbable d’une révolution culturelle européenne). Dans les deux premiers cas, les effets de la légalisation seraient spectaculaires : des centaines de criminels mafieux n’auraient plus, du jour au lendemain… aucune raison de le rester !

    S’il n’est plus besoin de graisser la patte aux policiers ou aux gendarmes, si le producteur comme le transporteur de haschisch ne courent plus aucun risque, le cultivateur pourra enfin commencer à gagner sa vie décemment, en récupérant les marges de ses anciens “maîtres” mafieux. Ceux qui ont étudié la question ou ceux qui ont été faire un tour dans les montagnes rifaines le savent : actuellement, ce ne sont pas les petits cultivateurs qui roulent dans de grosses 4×4, mais bel et bien les gros barons.

    Les cultures alternatives ? On en parle depuis 50 ans mais toutes les études le démontrent : vu la nature ingrate du sol montagneux rifain, la plus lucrative des cultures alternatives est cinq fois moins rentable que celle du kif. Et cette dernière, vu ses conditions actuelles, permet à peine la survie des cultivateurs, coincés entre la double pression de la mafia de la drogue et des autorités. Tout cela ne peut plus durer… N’ayons pas peur de ce constat : à moins d’envisager un exode massif des paysans rifains, la seule manière de leur garantir des conditions de vie un minimum décentes est d’envisager la légalisation du cannabis.

    3. Une source majeure de corruption disparaîtrait

    Là où il y a délit, il y a corruption. La production, le trafic et la consommation sont des délits, et la corruption est une incontournable réalité dans le Rif – même s’il est, évidemment, impossible de la chiffrer. La grande question est donc : si on légalise le cannabis, le volume de la corruption dans le Rif baissera-t-il significativement ?

    À en croire l’ONG Transparency Maroc, chaque transaction économique légale dans notre pays engendre, en moyenne, un surcoût de 10 à 15% généré par la corruption. Même légalisé, le commerce du cannabis pourrait donc rester (au moins en partie) une activité “au noir” – tout comme le bâtiment ou le transport le sont aujourd’hui, dans l’unique souci d’augmenter les marges bénéficiaires des acteurs de ce commerce. Mais il y a tout de même une différence majeure : aujourd’hui, les intervenants dans le marché du cannabis sont obligés de corrompre, ils n’ont pas le choix. Demain, si le cannabis est légalisé, ils auront le choix. Fatalement, ils seront moins nombreux à faire ce choix. Et ceux qui le feront paieront de toute façon moins qu’avant, puisque “couvrir” du commerce au noir “coûtera” forcément moins cher que “couvrir” le trafic d’un produit illégal. L’un dans l’autre, la légalisation induira donc une baisse conséquente de la corruption.

    Mais ne rêvons pas trop… L’export restera le débouché le plus lucratif pour le haschich marocain et il restera illégal. Le chemin vers Algésiras restera donc truffé d’officiels qui prélèveront leur part sur le trafic. Mais au moins, les agents d’autorité (policiers et gendarmes) chargés aujourd’hui de réprimer le trafic intérieur, devront réfléchir à un autre moyen d’arrondir leurs fins de mois. Sans oublier leur hiérarchie, qui pourra les réaffecter tous (et ils sont nombreux) à d’autres tâches. Comme, par exemple, renforcer le contrôle aux frontières, pour rendre celles-ci plus étanches aux trafiquants internationaux, qui seront restés des hors-la-loi. Un bon argument pour mieux “vendre” notre processus de légalisation à des Etats européens qu’on imagine déjà sceptiques…

    4. Les recettes fiscales exploseraient

    Les effets macro-économiques de la légalisation du cannabis sont bien sûr difficiles à prévoir. Un expert en économie agricole prévoit néanmoins, en cas de légalisation, “un enrichissement des populations du Rif qui gonflerait notre PIB, car actuellement les énormes revenus du cannabis ne sont pas comptabilisés dans les statistiques nationales”. Du PIB, sans doute. Mais quid des recettes fiscales ? Depuis 1984, l’activité agricole au Maroc est exonérée d’impôts. Or, le cannabis est clairement un produit agricole. Sera-t-il exonéré aussi ? Rien n’y oblige l’Etat. La légalisation serait déjà une mesure juridique exceptionnelle, alors pourquoi pas, en prime, une petite exception fiscale ? Les cultivateurs, à n’en pas douter, préféreraient de loin payer des impôts pour avoir le droit d’exercer légalement, plutôt que continuer à vivre sans impôts, mais dans le mensonge et la peur… Et de toute façon, l’exonération fiscale de l’agriculture doit normalement s’achever dans moins de quatre ans, en 2010. L’ONU estime le revenu global des cultivateurs marocains de cannabis (sans compter celui des trafiquants) à 3,5 milliards de dirhams par an. Même en imaginant que ce chiffre ne bouge pas en cas de légalisation (alors qu’il y a de très fortes chances qu’il fasse plutôt un bond en avant), les recettes fiscales sur un tel chiffre d’affaires rendraient indiscutablement le sourire à M. Oualalou, notre bon ministre des Finances. Le gouvernement pourrait décider d’affecter cette manne supplémentaire à l’amélioration de l’infrastructure des provinces du nord et par conséquent, à renforcer les liens avec les Rifains et dissiper leur suspicion envers Rabat…

    5. Les touristes viendraient par millions

    Oui, il y aura foule ! Pas besoin d’être visionnaire p our prévoir, en cas de légalisation du cannabis, un raz-de-marée touristique sur le Maroc. Il ne sera plus question de 10 millions de touristes, mais (au moins) du double ! Sans compter ceux qui préfèrent les plages de la Costa Del Sol, mais qui ne pourront s’empêcher (s’ils sont fumeurs) de faire – au minimum – un petit saut de 24 heures à Tanger ou Tétouan.

    “Le Rif : mer, montagne et cannabis”, voilà un slogan qui ferait rêver des millions de touristes européens et américains. Chaouen deviendrait le centre d’une économie touristique prospère, au même titre que Nador, Al Hoceïma – bref, toutes les villes desservies par ferry depuis la péninsule ibérique. En attendant les aéroports internationaux… Pour répondre à l’afflux de touristes, les investissements hôteliers et de loisirs (nationaux ou étrangers) se multiplieraient. Et qui sait, les MRE originaires de la région (la grande majorité de ceux qui résident en Belgique et aux Pays-Bas) pourraient voir un nouvel Eldorado là même où ils ont leurs racines et leurs familles…

    Mieux encore : pensez à ce qui pourrait arriver à Casablanca ! Aujourd’hui ville d’affaires qui n’offre que peu d’attraits touristiques, la Ville Blanche – ou plutôt la Ville Verte – deviendrait la nouvelle Amsterdam de l’Afrique. Pensez à tous les touristes que les “hanout-qahoua” (ce serait rigolo, d’appeler nos coffee-shops comme ça) pourraient attirer… Casablanca ne sera plus cette ville où les touristes en route vers Marrakech passent le moins de temps possible. Elle deviendrait enfin la ville mythique et pleine d’aventures d’Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, celle-là même qui fait fantasmer les Occidentaux depuis la sortie du fameux film éponyme, dans les années 40. Casablanca pourrait exploiter sa situation stratégique et son aéroport international pour changer de statut : elle cesserait d’être un centre de transit peu attractif, et deviendrait une destination conviviale, qui ouvrirait les portes d’un royaume encore plus séduisant. Amsterdam l’a fait, et a fait fortune. Pourquoi pas Casa ?

    6. Le monde ne nous en voudrait pas (trop)

    Ne nous y trompons pas : si nous décidons de légaliser le cannabis, les consommateurs de toute la planète applaudiront mais certainement pas leurs gouvernements. L’Espagne appelle le Maroc, depuis longtemps, à lutter plus sérieusement contre le trafic de hasch. Nos deux alliés les plus importants, la France de Chirac et les Etats-Unis de Bush, ont toujours milité en faveur d’une politique anti-drogue fortement répressive. Si nous légalisons le cannabis, le Maroc ne risque-t-il pas d’être perçu comme un narco-Etat, une nation paria au ban de la communauté internationale ? Pas nécessairement…

    Si nous avons le droit souverain d’agir sur notre législation, nous devrons continuer à tenir compte de celle des autres. L’Occident continuera à interdire l’importation de cannabis sur son sol ? Soit. Dans ce cas nous combattrons son exportation. Sérieusement, cette fois, et dans une logique économique inédite : celle d’empêcher la fuite des capitaux. Raisonnement : pourquoi réaliser un chiffre d’affaires colossal en Europe (avec le risque que l’argent y reste), alors que nous pouvons réaliser le même chiffre d’affaires chez nous (et grossir d’autant notre épargne nationale) ? Slogan : “Nous ne pouvons pas vous envoyer notre haschich, venez le fumer ici !”

    Dans un sens, le système des coffee-shops néerlandais a toujours fonctionné ainsi. Même si la légalisation du cannabis a suscité en son temps des torrents de critiques (notamment de la part de la France et de la Suède) elle n’a jamais porté préjudice aux Pays-Bas sur un plan diplomatique, ni menacé le prestige de ce pays au sein de la communauté internationale. Les plus conservateurs parmi les Etats européens ont fini par s’y habituer, après un (léger) froncement de sourcils qui n’a guère duré plus que quelques années.

    Et les Etats-Unis ? Le cannabis marocain, pour faire simple, est le dernier de leurs soucis. Leur guerre contre la drogue est quasi exclusivement axée sur la cocaïne et vise notamment le Mexique (pour le trafic) et la Colombie (pour la production). Le Maroc n’a pas à s’inquiéter de ce côté-là, quand on sait que Washington, Paris ou Madrid nous considèrent comme un allié incontournable dans une guerre autrement plus importante que celle contre la drogue : celle contre le terrorisme.

    La question préalable. Est-ce dangereux, oui ou non ?

    Dans quelle mesure la consommation de haschich est-elle réellement nuisible à la santé ? Le débat est souvent très politisé, voire outrageusement passionné. Quand les opposants à la légalisation dénoncent (et exagèrent souvent) les effets nuisibles du cannabis sur la santé, ses avocats réfutent l’argument médical et vont jusqu’à faire l’éloge de ses vertus médicinales. C’est sans doute excessif, dans les deux sens.

    Les effets physiques de la consommation de cannabis sont très limités. Il a un effet calmant et relaxant qui procure un sentiment de bien-être mais pas d’euphorie. Les effets diminuent à mesure que l’organisme s’y habitue mais sans créer pour autant de dépendance. Fumé en grande quantité, le haschich devient non pas une addiction mais une habitude. Une habitude tenace, sans doute, mais une habitude quand même. Dire que la consommation de cannabis conduit inévitablement à la consommation de drogues dures est scientifiquement infondé.

    Comme pour les autres “drogues”, le phénomène de l’addiction dépend moins de la substance consommée que de la psychologie du consommateur… ou de facteurs héréditaires. En tout cas, comparer les effets du haschich à ceux de la cocaïne ou de l’héroïne est aberrant. On ne peut même pas comparer la dépendance au cannabis à celle à l’alcool ou à la nicotine. La dépendance au cannabis est plutôt comparable à celle à la caféine. Quand on y est habitué, on a du mal à s’en passer, mais si on s’en passe quand même, aucun symptôme physique n’apparaît. Etrange, pourtant : jamais personne n’a appelé à l’interdiction de Nescafé…

    Par ailleurs, il n’est pas facile d’évaluer correctement les effets du haschich sur la santé, pour la simple raison que ça ne se fume jamais seul, mais toujours avec du tabac – produit qui a déjà, tout seul, des effets négatifs sur la santé, et qui engendre une addiction. L’effet conjugué du cannabis et du tabac est indubitablement nuisible à la santé du fumeur, mais de nombreux médecins affirment que “le goudron et la nicotine sont les pires substances qu’un consommateur puisse trouver dans son joint”.

    Les études qui ont démontré que la consommation du cannabis diminue les capacités de concentration ou provoque des pertes de mémoire, voire de la schizophrénie, sont discutables – et largement discutées. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de noter que ces études proviennent généralement des pays les plus farouchement anti-cannabis (Etats-Unis, France, Suède…). Or, ce sont les gouvernements de ces pays qui financent ces mêmes études. En revanche, des recherches récentes menées au Royaume-Uni ont démontré que le cannabis a un effet positif sur les cancéreux en traitement (ça diminue les douleurs liées à la chimiothérapie), et aussi sur les personnes atteintes de sclérose en plaques, de douleurs menstruelles, d’asthme, du sida, de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer et… d’alcoolisme.

    Alcool et tabac. La grande hypocrisie

    Difficile d’expliquer valablement pourquoi le cannabis est interdit, alors qu’on peut acheter librement tabac et alcool à tous les coins de rue. De fait, les dommages causés, aux personnes comme à la société, par ces deux drogues légalisées, sont infiniment plus importants que ceux causés par le haschisch. Le tabac entraîne une dépendance forte (et prouvée), et est de surcroît très coût eux pour la société. Pensez au nombre de personnes qui souffrent de maladies liées au tabac, comme le cancer des poumons et les maladies cardio-vasculaires, et à ce que coûte leur traitement…

    L’alcool est pire, encore. Non seulement il provoque une grande dépendance, mais il provoque un énorme changement sur le comportement de celui qui le consomme. Pensez à ce clochard au pantalon sale qui va nu-pieds dans les rues, qui parle tout seul, qui invective “el houkouma” à tout bout de champ, et que vous faites semblant d’ignorer à chaque fois… Ce n’est pas le cannabis qui lui fait ça, mais, à tous les coups, l’alcool. Posez-vous la question : pourquoi les bagarres ont-elles toujours lieu devant (ou dans) des bars ? Justifier l’interdiction de l’alcool (les Américains l’ont fait dans les années 1920, mais ça n’a rien donné) serait beaucoup plus simple que justifier celle du cannabis. Et pourtant…

    D’autres l’ont fait. Des exemples pour le Maroc ?

    Les Pays-Bas ont sans doute la politique la plus tolérante dans le monde en matière de cannabis. Ce pays est souvent considéré comme l’exemple d’une légalisation réussie. Sa dépénalisation de la possession de haschisch (à condition de ne pas en détenir plus de 30 grammes) n’est pas unique en Europe. La plupart des pays de l’Union européenne tolèrent, en effet, la consommation de cannabis. Mais les Pays-Bas sont allés plus loin.

    Qui n’a pas entendu parler de ces fameux “coffee-shops” d’Amsterdam où l’on peut commander en toute liberté une grande variété de haschich ou de marijuana, comme on commanderait un Coca light ou un jus de pomme ? Pour avoir l’autorisation d’exploiter un coffee-shop, le propriétaire doit se conformer à des règlements très stricts imposés par le gouvernement concernant l’hygiène, les taxes (!), l’interdiction de vendre des drogues dures (cocaïne, héroïne) et l’interdiction de vendre aux mineurs. Les propriétaires respectent religieusement ces règlements. Pas fous ! Ils savent qu’ils sont assis sur une mine d’or et pour rien au monde, ils ne courraient le risque de perdre leur licence.

    Autre exemple intéressant : la légalisation de facto en Bolivie. À l’instar du Rif, une grande partie de la population de ce pays d’Amérique du Sud dépend économiquement de la production de drogues illicites. Seulement, en Bolivie, ce n’est pas le cannabis mais la plante de coca qui nourrit les familles de fermiers – qu’on appelle d’ailleurs les cocaleros. Bien sûr, la production, la vente et la consommation de cocaïne – le produit dérivé le plus connu de la plante de coca – est interdite en Bolivie. Cela dit, la culture de coca ne gêne en rien la plupart des Boliviens (idem pour les Péruviens, les Colombiens, les Equatoriens, etc.). Pour eux, la dépendance à la cocaïne est d’abord le problème des riches gringos (les Américains) et ils ne comprennent pas pourquoi leurs pays doivent subir les affres d’une guerre contre la drogue orchestrée par les Etats-Unis.

    Ils disent aussi que la culture et la consommation de la feuille de coca – qui a un effet relaxant reconnu – est chez eux une tradition millénaire. Les feuilles de coca se vendent librement à travers toute l’Amérique du Sud, et les T-shirts arborant l’inscription “la hoja de coca no es droga” (La feuille de coca n’est pas une drogue) sont très prisés par les touristes. La guerre américaine contre la drogue (incinération de milliers de kilomètres carrés de champs de coca, privant des dizaines de milliers de familles de leur gagne-pain) est si répressive et si vigoureuse que les cultivateurs de coca ont contribué à la destitution du président bolivien et ont élu à sa place Evo Morales… un ancien cocalero !

    Dernier mot.
    Imagine all the Moroccans…

    Né et ayant grandi au Pays-Bas, je ne me suis jamais posé de questions sur le haschich et la marijuana. Pour les adultes, acheter ou fumer de l’herbe est considéré comme un acte normal, parfaitement accepté par la société. Aucun parti politique (hormis quelques extrémistes religieux ultra-minoritaires) ne fait campagne sur l’interdiction du cannabis. Cela étant, parmi mes amis néerlandais, rares sont ceux qui fument. Personnellement, le cannabis, ce n’est pas mon “kif”. Cela n’empêche pas les étrangers de penser que toute notre culture est définie par notre rapport à “la drogue”. Jacques Chirac lui-même nous a un jour taxés de “narco-Etat” !

    Quand je suis arrivé au Maroc, j’ai été étonné de voir qu’à la différence de mes copains néerlandais, tout le monde ici fume ! Je dis bien tout le monde. Et notamment des Alaoui, des Berrada, des Alami, etc. Si la fine fleur de la jeunesse marocaine fume, si vos futurs (ou actuels) dirigeants roulent des joints avec autant de facilité, alors ça ne devrait pas être si difficile pour eux de défendre la légalisation… Non ?

    Peut-on imaginer qu’un jour, ce rêve devienne réalité ? Le Maroc deviendrait le pays le plus progressiste au monde – au moins sur ça… La première fois que j’ai pris la route Kétama-Fès, j’ai eu le sentiment que ce rêve devenait réalité. Je suis sorti de ma voiture pour marcher à travers ces superbes étendues vertes qui dégageaient un charme ensorcelant – sans doute la fascination de l’interdit. Par endroits, les plants de cannabis étaient plus grands que moi (je mesure 1m 95). Enfin, j’avais trouvé un pays plus tolérant que le mien en matière de cannabis (même si au Maroc, cela relève de l’usage plutôt que de la loi). C’était la première fois que j’étais vraiment fier de “mon” Maroc. Et je ne fume même pas. Même si personne ne me croit quand je dis ça…

    Bart Schut

    © 2006 TelQuel Magazine. Maroc.

    Tags : Maroc, cannabis, haschich, kif, drogue, stupéfiants, marijuana, légalisation, chanvre,

  • Maroc : Il y a 10 ans, la fermeture de Nichane

    Communiqué du Groupe TelQuel

    Le boycott économique du Pouvoir contraint Nichane, le premier magazine arabophone marocain, à la fermeture

    Groupe TelQuel, le 1er octobre 2010 à Casablanca (Maroc)

    Le magazine Nichane, leader des hebdomadaires arabophones marocains, a été fermé aujourd’hui à l’issue d’une assemblée générale de ses actionnaires. Malgré son standard de qualité élevé et sa large diffusion qui auraient du en faire, légitimement, un support publicitaire incontournable, Nichane était victime d’un boycott publicitaire persistant initié par le holding royal ONA/SNI, le plus important groupe économique du Maroc, avant d’être suivi par les grandes entreprises liées au régime. Ce boycott intensif causait des dommages économiques de plus en plus graves à Nichane. Après y avoir perdu 10 millions de dirhams (près de 900.000 euros, un des plus lourds investissements de la presse marocaine), le Groupe TelQuel, principal actionnaire de Nichane, s’est vu contraint à mettre un terme à cette hémorragie financière manifestement irréversible.

    Dès sa création en 2006, Nichane, un magazine laïque et moderniste, s’est forgé une place à part dans le paysage médiatique marocain en bousculant de nombreux tabous. Ses coverstories audacieuses (« Le culte de la personnalité royale », « Le sexe et l’homosexualité dans la culture islamique », « Le Maroc, premier producteur mondial de cannabis », « Au coeur des services secrets », « Comment les Marocains rient de l’islam, du sexe et de la monarchie », et bien d’autres…) ont souvent créé l’évènement, au Maroc et au delà. Grâce à l’excellence de ses journalistes, dont plusieurs ont été récompensés par des prix internationaux, Nichane est devenu, 2 ans à peine après sa création, l’hebdomadaire arabophone le plus vendu au Maroc – une position qu’il a conservée, les derniers contrôles de l’OJD Maroc1 faisant foi.

    Mais à cause de son indépendance, et de ses positions éditoriales souvent critiques à l’égard du Pouvoir marocain, Nichane (tout comme TelQuel, magazine francophone appartenant au même groupe de presse) a fait l’objet, dès son lancement, d’un large boycott publicitaire. Ce mouvement s’est accéléré et généralisé à partir de septembre 2009 – ce qui coïncidait avec la
    censure par l’Etat marocain du sondage « Mohammed VI, 10 ans de règne », réalisé conjointement par Nichane, TelQuel et le journal français Le Monde.

    S’il s’est étendu par la suite à de multiples grands annonceurs étatiques, paraétatiques et proches du Pouvoir, opérant dans les principaux secteurs de l’économie marocaine (banque, immobilier, téléphonie – dont une filiale du groupe français Vivendi – transport aérien, automobile, agro-alimentaire, etc.), ce mouvement de boycott, à l’origine, a été initié par le holding royal ONA/SNI. Même des annonces publicitaires citoyennes et d’intérêt public (Programme d’aide à la création d’entreprise du ministère de l’Emploi, programme intergouvernemental « Les Journées de la Terre », lancé par le roi Mohammed VI…) ont été interdites de passage sur les publications du Groupe TelQuel, par décision politique. Par conséquent, la responsabilité de la mort de Nichane incombe, en premier lieu, aux premiers cercles du pouvoir du royaume du Maroc.

    Si Nichane n’a pas survécu à cet implacable boycott, TelQuel, qui y est également soumis, continue à résister. En effet, le marché publicitaire de la presse francophone au Maroc est large et diversifié. Celui de la presse arabophone, en revanche, est très restreint, et principalement regroupé autour des grands annonceurs proches du Pouvoir. Sans leurs publicités, un magazine arabophone ne peut survivre. Entre septembre 2008, période durant laquelle le boycott avait été brièvement suspendu, et septembre 2010, période durant laquelle le boycott battait son plein, le chiffre d’affaires publicitaire de Nichane a ainsi chuté de 77%.

    Pendant ses 4 années d’existence, Nichane a traversé de multiples épreuves : une interdiction de parution qui a duré 3 mois (et qui a occasionné des pertes financières considérables) ; un procès d’opinion qui s’est soldé par 3 ans de prison avec sursis pour son ancien directeur et une de ses journalistes ; trois saisies, dont deux suivies de destructions illégales de 100.000
    exemplaires (source, encore une fois, de lourdes pertes financières) ; un procès pour « atteinte à la sacralité royale » de son directeur de publication, toujours en suspens à ce jour… L’étouffement financier par le biais du boycott publicitaire a été le coup de grâce, qui a finalement contraint Nichane à la fermeture.

    La disparition de Nichane n’est que le dernier épisode de la grave détérioration de la liberté de la presse au Maroc. A partir de 2009, la lutte déterminée de l’Etat contre les journaux indépendants a connu une accélération remarquée, dénoncée par de multiples ONG de défense de la liberté de la presse, dont Reporters Sans Frontières. Des journaux ont été fermés illégalement par les autorités, d’autres ont été acculés à vendre leur mobilier pour payer des amendes disproportionnées.

    Plusieurs journalistes ont été harcelés par la police et la justice, certains ont été contraints à l’exil. Un journaliste a même été emprisonné pendant 7 mois, courant 2010. Vivace au Maroc jusqu’au milieu des années 2000 (malgré des signaux alarmants enregistrés dès le début de la décennie), la pluralité de la presse marocaine ne tient plus aujourd’hui qu’à un fil, de plus en plus ténu. Les journaux indépendants se comptent désormais sur les doigts d’une main, et ils subissent des pressions grandissantes, politiques autant qu’économiques, visant à restreindre leur liberté de parole et d’action. Pendant quelque temps, le Maroc était pourtant considéré comme un îlot régional d’ouverture et de tolérance d’une certaine liberté de la presse. Ce temps semble révolu, et cette parenthèse appelée, à court terme, à se refermer définitivement.

    Les autorités marocaines semblent désormais déterminées à suivre le modèle de la Tunisie, où ne sont tolérés que des journaux qui servent les intérêts du Pouvoir. Au moment où Nichane est contraint de fermer, il faut rendre hommage à toutes celles et ceux qui l’ont porté à bout de bras depuis sa création : ses lecteurs, avant tout, qui n’ont jamais cessé de plébisciter sa ligne éditoriale avant-gardiste, et bien entendu ses talentueux journalistes, photographes et illustrateurs, graphistes, techniciens et staff administratif. Il faut également féliciter la régie publicitaire de Nichane, dont les cadres ont travaillé pendant des années avec courage, dans des conditions difficiles. Il faut enfin saluer la sagesse de ces quelques annonceurs qui, en maintenant leur présence dans le magazine à succès qu’était Nichane, ont privilégié la rationalité économique sur les calculs politiques. Grâce à la passion et à l’engagement de tous ceux qui l’ont fait, Nichane aura été une aventure exceptionnelle, qui laissera une trace vivace dans l’histoire de la presse marocaine.

    Tags : Maroc, Nichane, Groupe Telquel, presse, répression, boycott économique, libertés, Ahmed Benchemsi, 

  • Le Maroc rouvre ses portes aux touristes

    Selon le site Travel Daily Media (TD), les autorités marocaines ont décidé d’assouplir les mesures concernant les frontières dans le but de permettre aux visiteurs internationaux de se rendre au Maroc, y compris les touristes britanniques.

    L’Office national du tourisme marocain (MNTO) a confirmé qu’à partir du 1er octobre, les voyageurs qui n’ont pas besoin de visa peuvent entrer dans le pays sur présentation d’un test PCR Covid-19 négatif fait dans les 72 heures avant le départ. Les passagers doivent également présenter soit une invitation émise par une société marocaine, soit une réservation d’hébergement pour la durée de leur séjour. “Le Maroc ne figure actuellement pas sur la liste des corridors de voyage FCO de l’Angleterre’, indique le site.

    A cet égard, TD signale que “le Maroc est actuellement desservi par deux compagnies aériennes du Royaume-Uni – Royal Air Maroc opère de Londres Heathrow à Casablanca trois fois par semaine, tandis qu’Air Arabia part de Londres Gatwick à Tanger deux fois par semaine”.

    Jamal Kilito, directeur du MNTO pour le Royaume-Uni et l’Irlande, a déclaré: «Alors que nous sortons de la pandémie, nous sommes impatients d’accueillir les voyageurs britanniques et irlandais au Royaume du Maroc où ils pourront vivre une expérience touristique vraiment exceptionnelle en toute tranquillité. Avec des mesures de santé et de sécurité sécurisées en place, nous sommes convaincus que nous pouvons reconstruire notre industrie du tourisme et offrir aux voyageurs le chaleureux accueil marocain dont ils ont toujours bénéficié.

    D’aprés la même source, les atouts du Maroc sont l’authenticité et la diversité au même temps qu’il “offre aux voyageurs l’occasion de découvrir une culture chargée d’histoire”.

    Parmi les destinations phares citées par Today Travel, on trouve Marrakech, Agadir et Fès. “Le pays offre aux visiteurs des expériences accessibles dans le désert, des randonnées dans les montagnes de l’Atlas, de nombreuses plages et sports nautiques, ainsi que de la détente et des paysages pittoresques, le tout avec en toile de fond les meilleures normes sanitaires et sanitaires”, conclue-t-il.

    Tags : Maroc, tourisme, coronavirus, covid 19, voyages, frontières, Royaume Uni, 

  • La montée de l’athéisme au Maroc

    par Youssef El Kaidi | 4 octobre 2020

    L’athéisme au Maroc a récemment acquis une visibilité croissante. Les possibilités offertes par les nouveaux médias pour une expression libre et non censurée ont ouvert la porte à de nombreuses voix dissidentes renonçant à l’islam et adoptant des valeurs libérales et humanistes, au Maroc et dans le monde arabe.

    Depuis l’Antiquité, les gens entretiennent l’idée d’une divinité (ou divinités) omnisciente, omnipotente et omniprésente qui domine tout et maintient l’ordre de l’univers. Les religions abrahamiques (monothéistes), contrairement à de nombreux systèmes de croyance païens (polythéistes), se concentrent sur l’existence d’un seul Dieu qui a créé les humains pour l’adorer (le Dieu unique) et agir selon les enseignements qu’il a envoyés par l’intermédiaire de ses messagers et prophètes. Cette idée, cependant, ne fait plus appel aux voix montantes des athées au Maroc et dans le monde arabe, qui semblent avoir «des problèmes plus profonds avec la religion» et «des questions ontologiques persistantes sans réponse» sur le sens de la vie et l’origine de l’univers .

    Dans une société largement conservatrice et religieuse comme le Maroc, l’athéisme est toujours un territoire tabou et interdit. Le phénomène, bien que de plus en plus remarquable, est presque complètement évité par la plupart des médias officiels au Maroc pour des raisons inconnues, peut-être en conformité avec le vieil axiome arabe selon lequel «de nombreux dilemmes sont résolus en n’essayant pas de les résoudre.» [1]

    Pourtant, que les gens le reconnaissent ou non, le nombre d’athées au Maroc est en augmentation. Ils vivent au sein de la société et partagent les mêmes routes, transports en commun, cafés, amphithéâtres universitaires et tous les espaces publics et même privés. Certains d’entre eux lient leurs croyances athées au secret absolu par crainte d’être ostracisés et persécutés, menant une vie de double et d’ambivalence. D’autres, cependant, ont eu le courage de renoncer à leur foi avec des identités exposées, s’exposant au risque d’être persécutés, discriminés ou même tués par des fanatiques religieux.

    De nombreux érudits musulmans attribuent le phénomène à la désillusion post-printemps arabe et aux aspirations ratées des millions de jeunes qui sont descendus dans la rue pour réclamer la démocratie, la justice, les droits de l’homme et l’égalité des chances. Ils affirment que l’anarchie et l’effusion de sang qui ont suivi le printemps arabe dans de nombreux pays de la région, ainsi que les promesses politiques non tenues dans les pays moins ébranlés par les vents des manifestations populaires, ont eu un impact profond sur la psychologie des jeunes, conduisant à un état collectif de frustration, de désespoir et de dépression. Ce découragement collectif, selon certains chercheurs, a conduit à une révolution de la croyance religieuse motivée par le sentiment d’indignation et de ressentiment plutôt que par la raison et la rationalité.

    D’autres intellectuels musulmans attribuent le phénomène à l’incapacité du discours religieux traditionnel à faire appel aux attentes des citoyens du monde d’aujourd’hui. Ils pensent que ce qui est commercialisé et promu par les religieux musulmans à travers le monde aujourd’hui est devenu très aversif et antipathique envers les citoyens musulmans du monde et les natifs de la technologie, car cela ne tient pas compte de leurs préoccupations et préoccupations contemporaines. Un tel discours reste largement confiné dans des textes traditionnels et des exégèses qui n’ont que peu ou rien à voir avec les questions épineuses actuelles. «Comment un religieux musulman qui n’a pas réussi à se réconcilier avec les vêtements d’aujourd’hui comme les costumes et les cravates, en restant enveloppé de vêtements démodés, peut-il produire un discours opportun?» on peut demander. Par conséquent, beaucoup de gens pensent que les interprétations religieuses fondamentalistes promues par de nombreux dirigeants islamiques emblématiques ont contribué à l’émergence de la vague massive d’athéisme et d’agnosticisme non seulement au Maroc, mais dans le monde arabe.

    Les facteurs susmentionnés sont généralement les raisons attribuées à la montée de l’athéisme dans la région, selon des intellectuels musulmans. Les athées marocains et arabes affirment cependant que leur problème réside dans la religion elle-même plutôt que dans toute autre chose. Ils affirment que la religion est «créée par l’homme» pour de nombreuses raisons scientifiques, historiques et morales.

    Hicham Nostic (pseudonyme), l’un des athées marocains les plus influents sur les réseaux sociaux aujourd’hui, a été un musulman pieux tout au long de sa vie. Il a même participé à la guerre de Bosnie en tant que djihadiste dans les années 1990. Pourtant, il a embrassé l’athéisme après «avoir été déchiré par des voix contradictoires et une confrontation claire avec [lui] soi», [2] comme il l’écrit dans son autobiographie, «Mudakkirat Kafir Maghribi» (Mémoires d’un apostat marocain). Ses nombreux doutes sur les principes islamiques fondamentaux et la «contradiction» de la morale dans l’Islam l’ont amené à la conclusion qu’un «Dieu parfait ne laisserait aucune lacune dans sa dernière religion», comme il le dit dans l’une de ses vidéos. Dans son autobiographie, Nostic affirme que ces problèmes moraux de l’islam ont été la goutte qui a brisé le dos du chameau.

    «La plus grande chose qui m’a conduit à l’athéisme est l’aspect moral de l’islam. Comment se fait-il, par exemple, qu’un Dieu miséricordieux et compatissant, dit plus miséricordieux qu’une femme sur son bébé, autorise l’esclavage et le commerce des esclaves sur les marchés d’esclaves? Comment se fait-il qu’Il autorise le viol des femmes au motif qu’elles ne sont que des captives de guerre? Ces actes ne seraient pas accomplis par un être humain miséricordieux et encore moins par un Dieu miséricordieux »[3], écrit Nostic.

    Un autre athée marocain populaire sur les médias sociaux est Said Ben Jebli, qui a déclaré son apostasie dans une vidéo qu’il a publiée sur YouTube en 2016. Le renoncement de Ben Jebli à l’islam a été très surprenant pour de nombreux Marocains, car il était un membre dirigeant du mouvement islamique connu. au Maroc sous le nom d’Al-Adl wa al-Ihsan (Justice et bienveillance). Il a également été une figure de proue du mouvement du 20 février – inspiré par les manifestations du printemps arabe – qui a mobilisé des milliers de Marocains pour qu’ils descendent dans la rue en février 2011, protestant contre la corruption politique et exigeant une véritable démocratie.

    Ben Jebli pense que la religion telle que nous la connaissons est «la plus grande tromperie» à laquelle l’homme ait jamais été soumis. Dans l’une de ses vidéos, il demande: «Nous ne savons rien de Dieu. Il existe, mais pas nécessairement comme le décrivent les religions. Dans chaque religion, il a une identité et un nom différents, et parle une langue différente. . . . Pouvons-nous croire que Dieu est oisif pour continuer à changer ses noms comme ça? »[4] Ben Jebli nie complètement les religions et les livres sacrés, croyant qu’ils ont été conçus et rédigés par l’homme. Le Coran, selon lui, «n’est pas la parole de Dieu parce qu’il a des empreintes humaines. La seule chose qui dit que le Coran est la parole de Dieu est le Coran lui-même. »[5]

    Le livre de Ben Jebli, «Surat al-lah fi al-Quran wa Sunnah» (L’image de Dieu dans le Coran et la Sunnah), explore la question de la personnification de Dieu dans l’Islam. Sur la base de son étude du Coran et des hadiths, Ben Jebli soutient que l’image de Dieu en tant qu’être plus puissant, mais avec la même physicalité humaine, est en fait une caricature qui reflète «la pauvre imagination humaine».
    Hicham Nostic, Said Ben Jebli, Ibtissam Lachgar, Qassim El-Ghazzali et bien d’autres militants athées des médias sociaux continuent de propager leur idéologie antireligieuse en utilisant des vlogs en direct, des forums de discussion, des débats en ligne, des croquis religieux sarcastiques et des entretiens en ligne avec d’autres Arabes. athées. Ces voix dissidentes attirent de nombreux jeunes à travers le monde arabe, ce qui explique la prolifération des plates-formes et des groupes athées sur les réseaux sociaux, ainsi que la montée en flèche du nombre de leurs abonnés et abonnés.

    Il n’y a cependant pas de statistiques officielles, pas même d’estimation, sur le nombre de «non-croyants», athées ou agnostiques au Maroc et dans le monde arabe dans son ensemble. Le sujet reste un énorme tabou dans ces pays, dont les constitutions se rejoignent presque toutes sur l’idée que «l’islam est la religion officielle de l’État».

    L’article 220 du Code pénal marocain dispose que: «Quiconque recourt à la violence ou aux menaces pour contraindre une ou plusieurs personnes à se livrer à ou à assister à un certain culte, ou pour les empêcher de le faire, sera puni d’une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans. et une amende allant de 200 à 500 dirhams marocains [environ 21 à 54 dollars EU]. La même peine sera infligée à quiconque utilise les moyens de séduction pour déstabiliser la croyance d’un musulman ou le convertir à une autre religion. »[6]

    Les militants des droits de l’homme au Maroc affirment que la dernière partie de la loi établit la tutelle sur les pensées et les convictions des gens et réclame la constitutionnalisation du droit à la liberté de croyance. Ils estiment également que l’expression constitutionnelle «l’Islam est la religion officielle de l’État» pourrait être une entrée dans la persécution d’autres minorités non religieuses ou religieuses dans le pays et la violation de leur droit d’avoir des croyances différentes.

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    [1] La traduction de l’arabe est de cet auteur.

    [2] Hicham Nostik, Mudakkirat Kafir Maghribi (Rabat: Dar al-Watan, 2019) p. 162.

    [3] Ibid. (Traduction la mienne)

    [4] Traduction de cet auteur

    [5] Traduction de cet auteur

    [6] Traduction de cet auteur

    Source : Inside Arabia, 4 oct 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Maroc, Islam, athéisme, musulmans, religion, foi, 

  • Maroc : pédophile se fait passer pour chirurgien plastique

    Selon le site Marokko.nl, un homme a été arrêté jeudi dans la localité de Zeghanghane, province de Nador, qui se faisait passer pour chirurgien plastique comme appât en vue de faire tomber un garçon 13 ans dans ses prétensions pédocriminelles.

    L’homme de 32 ans a promis au garçon de lui pratiquer gratuitement une opérations chirurgicale pour reconstruire son nez. Il est poursuivi par la justice suite à une plainte déposée par la mère de l’enfant après avoir découvert la superchérie du suspect dont le but était d’abuser de son fils.

    Les services de sécurité ont confirmé l’arrestation de l’homme qui se trouve en garde-à-vue pendant que l’enquête suit son cours.

    Selon la même source, l’arrestation intervient à un moment où l’on observe une montée remarquable des cas signalés de pédophilie et d’autres crimes contre les enfants au Maroc. “Le sujet a fait la une des journaux depuis la mort tragique d’Adnane Bouchouf, le garçon de 11 ans a été enlevé, violé et assassiné à Tanger début septembre”, indique-t-on.

    A cet égard, le site rapporte que “dans les semaines qui ont suivi, d’autres délits sexuels ont été mis en avant dans les médias marocains”. “Dans le pays, il y a des appels massifs pour des peines plus lourdes pour les crimes contre les enfants. Quelque 640 000 personnes ont demandé la peine de mort pour l’assassin d’Adnane par le biais d’une pétition sur Facebook. Le Maroc n’a pas appliqué la peine de mort depuis 1993”, a-t-il ajouté.


    “Mardi, un couple a été condamné à la peine de mort par le tribunal de Tanger pour son implication dans le meurtre d’un enfant de 7 ans. Le père et la belle-mère ont tué leur enfant en novembre 2019, l’ont démembré, en ont gardé une partie au réfrigérateur et une partie dans une décharge à Larache”, conclue la source.

    Tags : Maroc, Pédophilie, pédocriminalité, crime, enfance, viol,