Category: Maroc

  • Melilla porte plainte contre le Maroc pour refus de rapatriement des espagnols

    Le PP réussit à amener l’Europe à enquêter sur les raisons pour lesquelles les couloirs humanitaires entre l’Espagne et le Maroc ont été “unidirectionnels”

    La Commission européenne a ouvert une commission d’enquête après la plainte présentée par le PP de Melilla pour la réalisation des couloirs humanitaires entre l’Espagne et le Maroc de manière “unidirectionnelle”, après les rapatriements de plus d’un millier de Marocains bloqués à Ceuta et Melilla après la fermeture de frontière, alors qu’aucun Espagnol des centaines de compatriotes qui sont toujours bloqués dans le royaume maghrébin depuis le 13 mars n’est entré.

    MELILLA, 9 (EUROPA PRESS)

    La Commission européenne a ouvert une commission d’enquête après la plainte présentée par le PP de Melilla pour la réalisation des couloirs humanitaires entre l’Espagne et le Maroc de manière “unidirectionnelle”, après les rapatriements de plus d’un millier de Marocains bloqués à Ceuta et Melilla après la fermeture de frontière, alors qu’aucun Espagnol des centaines de compatriotes qui sont toujours bloqués dans le royaume maghrébin depuis le 13 mars n’est entré.

    Cela a été annoncé par la députée locale du PP de Melilla Fadela Mohatar lors d’une conférence de presse, après que le président de la commission des pétitions du Parlement européen, l’eurodéputé espagnol du PP Dolors Montserrat, ait communiqué ce vendredi par écrit le transfert de ce enquête au gouvernement européen après dans ces sept mois les couloirs humanitaires aux frontières de Ceuta et Melilla ont servi pour que «les Marocains bloqués dans les deux villes» après la crise du coronavirus rentrent chez eux, tandis que les Espagnols bloqués dans les villes du Maroc comme Nador, Tanger ou Tétouan “ils ne peuvent pas franchir le poste frontière”.

    Mohatar a déclaré que “la Commission européenne va ouvrir une enquête préliminaire sur les couloirs humanitaires créés entre l’Espagne et le Maroc, pour une éventuelle violation des droits des habitants de Melilla et Ceuta pris au piège de l’autre côté”.

    Le député local a souligné que “seul le PP a agi en tant que porte-parole face à la violation des droits de ces citoyens”, après la semaine du mercredi 30 septembre au mardi 6 octobre, plus d’un millier de Marocains ont pu rentrer au Maroc après Sept mois bloqués dans les deux villes en raison de la décision unilatérale du royaume alaouite de fermer ses frontières depuis le 13 mars, un jour avant la déclaration de l’état d’alarme en Espagne en raison de la crise des coronavirus.

    «Le PP a dénoncé à lui seul les souffrances de centaines de personnes de Melilla qui ont été victimes de discrimination, même aujourd’hui, dans le couloir humanitaire établi à la frontière de Beni Enzar entre l’Espagne et le Maroc, et nous avons déjà la confirmation officielle que la Commission européenne va enquêter», Le parlementaire populaire de Melilla a conclu.

    Source : El Confidencial digital, 9 oct 2020

    Tags : Espagne, Maroc, Melilla, Ceuta, rapatriement, coronavirus, covid 19, plainte, commission européenne, PP, 

  • Amnesty International : Le Maroc a profité de la pandémie pour resserrer l’étau sur les libertés

    La pandémie du COVID-19 a une de nombreuses conséquences sur la population mondiale. Il y a le million de morts déjà dépassés. Les millions de personnes infectées. Les familles brisées. La crise économique qui nous frappe. Les inégalités croissantes. Augmentation des problèmes mentaux. Les priorités, comme la lutte contre le changement climatique, ont été mises de côté …”.

    Cependant, dans cette rivière troublée, il y a des pêcheurs qui ont augmenté leurs gains. Parmi eux, se distinguent les gouvernements de Colombie, Turquie, Inde, Egypte, Arabie Saoudite, Iran, Guinée, Maroc, Biélorussie, Azerbaïdjan, Hongrie, Brésil, Pologne … qui d’une manière ou d’une autre, ont profité de la situation pour développer des politiques qui restreignent les droits de l’homme. Chacun à sa manière, chacun avec une intensité différente, mais coïncidant quand il s’agit de faire taire les voix critiques, celles de ceux qui manifestent contre les abus ou ceux qui remettent en question leurs politiques, les voix inconfortables. Certains ont même continué à remplir leurs prisons ou ont laissé à l’intérieur de celles-ci ceux qui ne méritent pas d’y être: les défenseurs des droits humains”, ajoute-t-elle.

    (…)


    Maroc, attaques à la cédibilité

    Cette nouvelle a pratiquement fusionné dans le temps avec les attaques des autorités marocaines contre la crédibilité d’Amnesty International et la campagne de dénigrement orchestrée contre le bureau de l’organisation à Rabat. Cette réponse du gouvernement marocain est intervenue un peu plus d’une semaine après que l’organisation a publié un rapport le 22 juin, révélant que les autorités ont utilisé le logiciel espion du groupe NSO pour soumettre le journaliste indépendant Omar Radi à une surveillance illégale. Ce n’était pas la première fois que le travail d’Amnesty International au Maroc était entravé. En juin 2015, deux membres des équipes d’enquête de l’organisation qui documentaient la situation des migrants et des réfugiés ont été expulsés du pays malgré le fait que le gouvernement avait auparavant garanti leur visite. Les autorités ont également mis sur liste noire un membre du personnel d’Amnesty International qui avait signé un rapport de 2014 sur la torture dans le pays; Il lui était interdit de se rendre au Maroc à la fois pour faire des recherches sur le terrain et à titre personnel. En septembre de la même année, ils ont interdit un camp de jeunes pour encourager l’activisme de l’organisation.

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    Source : Amnesty International, 9 oct 2020

    Tags : Maroc, Amnesty International, Omar Radi, pandémie, coronavirus, covid 19,

  • Maroc: Reportage sur les voisins du roi, les Touarga

    Ils vivent dans un Maroc à part, cernés par une épaisse muraille dont les portes ferment la nuit. Visite guidée à Touarga, cité du palais royal et des esclaves affranchis.

    Par Chadwane Bensalmia

    “Quand j’étais enfant, je pensais que Touarga était le Maroc. Tout y était réuni pour le croire. Le dispensaire, l’école, le marché, la mosquée, la police, les gendarmes, les militaires… enfin tout. Et puis on avait le palais du roi à côté. Pour moi, c’était évident. Je n’osais même pas mettre les pieds dehors, parce que j’étais convaincu que derrière la muraille se trouvait un autre pays”. La confession de cet adolescent touargui se suffit à elle-même. Lui qui a grandi en ayant le roi pour voisin, ne pouvait pas deviner qu’il était, ainsi que ses voisins l’objet de la jalousie ou quelques fois de la commisération de ses concitoyens d’outre-mur.

    À Rabat, Touarga, c’est cette cité singulière aux yeux de tous, qui évolue à quelques mètres du palais royal et qui vit sous son aura protectrice. L’accès y est soumis à un contrôle identitaire et policier. Et il ne suffit pas de le vouloir pour pouvoir en arpenter les ruelles. D’ailleurs, personne n’en ressent le besoin ni l’envie car tout autour, il y a beaucoup plus séduisant…
    Touarga est répartie en deux grands quartiers, faqa (ceux d’en haut) et t’hata (ceux d’en bas). Dans ce dernier, qui commence à l’entrée du Mechouar, une partie porte le nom de Derb Jdid (le nouveau quartier). C’est à l’entrée des t’hata que se construit actuellement le siège de Diwan Al-Madalim. Et c’est à la fin des faqa que se trouve le palais royal. Entre les deux, vivent tous ceux que l’on appelle “Hachiyate al malik” (la cour du roi).

    À Touarga, les rues ne portent pas de noms. À l’exception d’une seule, la rue Mehdi Meniari. On nous dira que c’était un fonctionnaire du palais, mort dans un accident de voiture il y a quelques années et qu’on a voulu honorer. Rien de plus. Les autres rues sont, quant à elles, totalement anonymes. Trois types de bâtiments y cohabitent. Des petites villas sans prétention et à l’architecture peu homogène, des immeubles plutôt jeunes dont les façades vertes et ocres, et les volets en moucharabieh ne laissent pas indifférent, et puis des immeubles blancs de type économique, regroupés en blocs, portant chacun une lettre de l’alphabet.

    À Tourga, la bachaouiya, la “wilaya locale”, est une sorte de concentré d’administrations. À l’entrée, sur le comptoir, on peut lire respectivement : “service des livrets de famille”, “service des passeports”, “bureau d’ordre” puis “direction générale”. Pour une si petite communauté, on a pensé qu’il était plus simple de réunir tous les services dans un même local. Nul besoin de présenter mille et un papiers pour un certificat de résidence ni de subir les files d’attente. Juste derrière, le bureau du caïd. Sur sa porte, une inscription “réservé aux citoyens”… Marocains, ne cherchez plus le guichet unique : il est à Touarga.

    Son chef, le pacha, son bureau n’est pas sous ce toit, mais dans un ruelle mitoyenne. C’est lui qui veille sur l’ordre. Sur les lettres postales que les touarga reçoivent, on peut lire le nom du destinataire ; et en dessous, l’adresse se résume au numéro ou à la lettre correspondant à son bâtiment. En déambulant, on en arrive pourtant à oublier la royale adresse à laquelle on se trouve. Des constructions que l’on rangera naturellement dans “l’habitat anarchique” ont poussé ici et là. Il y a quelques mois encore, des bidonvilles complétaient le décor. Rasés depuis, leurs habitants, des militaires pour leur grande majorité, se sont vus attribuer – “pour quelques 20.000 DH symboliques”, nous a-t-on confié – des logements à Hay Salam à Salé. Et le site s’est transformé un parking.

    Au détour d’une ruelle, sur chaque petite place des deux quartiers de la cité, on peut croiser un vieillard, assis sur sa chaise, un verre de thé posé par terre, sondant l’horizon dans un calme curieux. Ce vieillard, c’est probablement un Qajoui, ou un Chtak Atak, des personnages au crépuscule de l’âge, que l’on ne croisera probablement plus jamais dans le Maroc actuel et futur. Ceux que l’on a connu sous le nom de “moâniss assoultan” (compagnon du sultan). Ces vieillards sont aussi souvent des retraités, qui faisaient autrefois partie du personnel du palais. Ils saluent tout le monde, car ils connaissent chacun et sont respectés par tous. “Ce sont nos sages. Ce sont eux qui nous transmettent tout le savoir dont nous avons besoin”. Le savoir, c’est l’art d’être un touargui digne de ce nom.

    Etre touargui

    Quand on est touargui, on “sait” qu’on est le descendant de Moulay Ali Cherif. C’est du moins ce qu’on affirme. Du reste, les recherches socio-historiques sur les esclaves acheminés d’Afrique subsaharienne durant le 19e siècle n’ont pas beaucoup d’adeptes ici bas. Et puis d’ailleurs, nous dit-on, “s’il y a eu du vrai autrefois dans ces études, ce n’est plus le cas aujourd’hui”. Il est vrai que le cliché des dizaines de Noirs, en djellaba blanche, chachiya rouge sur la tête, escortant le roi, peut prêter à une vision à mi-chemin entre l’orientalisme et le folklore. Les touarga ne sont pas tous des Noirs. Le métissage est passé par là. Témoignage d’un touargi anonyme : “À l’origine, certains avaient été mariés à des femmes blanches par le soin des défunts rois Hassan II et Mohammed V, pour ne pas remonter plus loin. Les concubines des sultans étaient parfois données en mariage à des “âabides” (esclaves)”. “Mais l’ère des concubines est révolue, tout le monde le sait. À son intronisation, Mohammed VI a rendu leur liberté à toutes”. Au fil des années, les réalités ont changé et ce déjà sous le règne de Hassan II. Touargui n’est depuis longtemps plus synonyme d’esclave. La vie en quasi-réclusion relève d’un lointain passé. Les touarga sont désormais des citoyens marocains comme les autres… à quelques exceptions et privilèges près. Ils paient un loyer, même si celui-ci demeure symbolique. Ils paient également leur consommation d’eau et d’électricité. Beaucoup travaillent en dehors du Mechouar, d’autres ont changé d’adresse après s’être mariés.

    Quand on est touargui, on fait ses premières classes à l’école du Mechouar, Essaîd (heureux). Après cela, on devra passer de l’autre côté de la muraille, mais on sera quand même un enfant de touarga. Ce qui n’est pas sans perturber les repères de certains. “C’est vrai qu’on se sent un peu supérieur aux autres. Certains peuvent en abuser et en abusent. Mais ça s’est calmé depuis quelques années” concède notre jeune adolescent avant de poursuivre “cependant, il y a toujours la loi pour corriger. Il y a Dar Tarbiya ( la maison de l’éducation)”. Ça, c’est la prison de Touarga. Elle se trouve à son tour dans l’enceinte du Mechouar. Un touargui ne passera pas la nuit dans un cachot de la ville, mais dans cette fameuse Dar Tarbiya, s’il y a lieu de le réprimander.

    Quand on est touargui, on peut se voir payer ses études par le Palais, notamment quand on y a un père en fonction (“il y a une manière de demander”). On peut aussi rejoindre le centre de formation professionnelle en tourisme et hôtellerie du Mechouar ou encore l’atelier de céramique.

    Et puis, on sait que peut-être, plus âgé, on travaillera au palais. Dans ce but, on est préparé dès l’enfance. Une manière de parler qui consiste à peser ses mots avant de les prononcer et de rechercher le non-dit derrière les propos des autres : “Nous pouvons parler pendant des heures sans vraiment rien dire. Et on sait qu’à chaque phrase, on peut trop en dire”. On apprend donc très jeune à maîtriser les conventions et le protocole, surtout si on est promis à une “carrière” au palais. Les “moulay” et “lalla” accompagnent immanquablement les salamaleks. D’ailleurs, presque tout le monde se connaît par ici. Les étrangers aux lieux sont vite repérés et épiés. “Même si on ne travaille pas au palais, on a le devoir de protéger ce qui nous est le plus cher. Ici, l’addition de deux zéros donne un 1. Il n’y a pas de nul. Tout a de l’importance. On a donc le devoir de rapporter ce qui nous semble important”.

    Quand on est touargui et qu’on est employé du palais, une nouvelle donne intervient, selon qu’on soit affecté à une maslaha (service) ou une autre. Et le service le plus proche du roi est la maslaha1. Cependant, tout le monde ici ne fera pas forcément partie du personnel du palais. L’éligibilité est soumise, bien sûr, à l’hérédité… entre autres. “Ensuite, on passe un stage, on fait ses preuves ou pas. On est promu ou non”. On peut aussi toucher le Smig toute sa vie : “Ici, c’est la nature de ton travail qui décide du niveau de vie que tu dois avoir. C’est une sagesse dont la logique peut échapper à beaucoup. En touchant 1800 DH, on ira rarement dehors. Avec de l’argent, on peut sortir d’ici trop souvent, on peut boire, parler plus qu’il n’en faut”. Etre en fonction au palais ne facilite pas toujours la vie “parce que le choix de vie s’impose à nous. Mais on ne peut pas s’en plaindre. Tout ce qu’on fait, on le fait pour notre pays. On peut penser qu’on est plus patriote que la plupart de nos concitoyens. Tout individu rêve d’avoir une maison, une voiture, un bon poste et un compte en banque pour vivre comme il l’entend. Une fois que tout cela lui est fourni, il se fichera pas mal du sort des autres. Le roi, lui, a tout ce dont il peut rêver, mais se soucie de chaque Marocain. Une fois que l’on a compris cela, on n’a plus aucun doute sur la noblesse du moindre petit poste que l’on peut occuper au palais”.

    Cette logique, certains de ces voisins royaux ne la comprennent pas. Pris entre l’opulence et la pauvreté, ceux qui ne veulent pas se poser de questions se réfugient dans le haschisch (dont les dealers touarga sont réputés à Rabat), le maajoun ou l’alcool. En Chine, le palais de l’empereur est dit “cité interdite”. Au Maroc, la cité royale n’est interdite qu’à partir de 21h, heure à laquelle ferment ses imposantes portes.

    Incident : 4 commissaires et un engagement

    Les photos qui illustrent cet article ne sont pas celles que vous auriez dû y voir. Les vraies (un reportage-photo complet) ont été effacées de la mémoire de l’appareil dans l’enceinte du commissariat de Touarga, où Chadwane Bensalmia, reporter de TelQuel, a été retenue 2 heures, jeudi dernier. Le commissaire Gueddar, charmant du reste, lui reprochait d’avoir pris des photos d’innocents immeubles et autres jardinets. Réflexe classique de policier marocain, s’il n’était assorti de l’inquiétante injonction “d’oublier ce reportage”. Le commissaire Touhami Filali, ainsi que deux autres venus en renfort (4 commissaires pour notre envoyée spéciale, quel honneur !), ont alors expliqué qu’il était interdit de publier quoi que ce soit, article ou photos, sur le quartier qui abrite “le palais de Sidna nassarahou llah”. Sauf autorisation expresse du pacha de la commune de Touarga. On a alors enjoint à Chadwane de signer un curieux PV : non seulement elle y avouait que oui, elle était bien journaliste, venue ici en reportage, mais elle s’y “engageait à ne rien écrire au sujet du quartier de Touarga, des gens de Touarga, du palais royal et des administrations y afférentes sans autorisation du pacha”. Chadwane a eu un mal fou à convaincre le(s) commissaire(s) qu’elle ne se sentait en rien tenue d’obéir aux instructions d’un pacha – d’autant qu’elle n’avait rien fait d’illégal.
    Finalement, tout s’est bien terminé : photos effacées, notes confisquées (mais Chadwane a de la mémoire) et l’impétrante gentiment reconduite à la gare de Rabat-ville. De sa courte et plaisante garde à vue, notre journaliste a gardé un excellent souvenir – et beaucoup d’amis. A.R.B

    telquel-online.com, 2010

     

  • Maroc : Pourquoi les élites françaises mangent de la main du Makhzen, selon Valérie Trierweiler

    Dans son livre, Merci pour ce moment, publié en 2014, Valérie Trierweiler, ex-épouse du président François Hollande apporte des détails succulents et croustillants sur les méthodes du Makhzen pour apprivoiser les élites françaises quelle que soit leur couleur politique.

    Lors des obsèques funéraires du président sudafricain Nelson Mandela, elle est assise à côté de Nicolas Sarkozy. Celui-ci s’adonne à des confidences révélant les détails de “la somptueuse propriété que le roi du Maroc met à disposition de sa famille”. Un geste du souverain marocain dont Sarkozy est infiniment reconnaissant. Depuis, il est devenu un des premiers lobbistes du Maroc et profite de toutes les occasions pour louer les prétendues qualités de Mohammed VI.

    Une anécdote qui confirme un secret de polichinelle : la collusion entre le Makhzen et les autorités françaises et la prise en charge de la défense des intérêts du Maroc dans le conflit du Sahara Occidental où Rabat jouit de l’impunité pour mater les sahraouis. Une relation basée sur la corruption et des intérêts qui n’ont rien à voir avec ceux des peuples des deux pays. C’est ainsi que le Maroc est perçue par les élites françaises, toutes couches confondues et quelle que soit leur appartenance partisane, comme un département de la France où ils s’y consuisent comme s’ils étaient chez eux.

    C’est le cas aussi pour le président Jacques Chirac qui a avoué avoir une dette envers le père de Mohammed VI. Hassan II, aurait-il financé sa campagne électorale? En tout cas, ce dernier a défendu le Maroc même dans son conflit avec l’Espagne sur le rocher du Persil, connu par les marocains sous le nom de “île de Leïla”.

    La générosité du souverain marocain va beaucoup plus loin, en acceptant de soutraiter pour leurs protecteur français. C’est ainsi que les sociétés mixtes franco-marocaines lancent leur programme conjoint visant à investir l’Afrique. Attijariwafa Banque, la BMCE et Maroc Telecom constituent font partie des moyens déployés en vue de conquérir le continent noir.

    En retour, la France fais usage de son droit de veto au Conseil de Sécurité pour bloquer toute résolution susceptible d’agacer son allié norafricain. Ainsi, le droit à l’autodétermination et la surveillance des droits de l’homme n’ont aucune chance d’être appliqués dans le cas diu conflit du Sahara Occidental.

    Lorsque l’ancien représentant de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud, a qualifié le Maroc de “maîtresse avec laquelle on couche toutes les nuits, dont on n’est pas particulièrement amoureux mais qu’on doit défendre”, les autorités marocaines ont fait semblant d’être contrariés, mais au fond de leurs entrailles, ils sont ravis d’être vus ainsi par leur maître gaullois.

    Tags : Maroc, France, Sahara Occidental, lobbying, Afrique, 

  • Maroc : La vie sexuelle des Saoudiennes, racontée par une hôtesse de l’air

    Maroc, sexualité, femmes saoudiennes, Arabie Saoudite, Jordanie, Syrie, femmes marocaines, mariage, superstition, 

    Les riches royaumes du Golfe ne ménagent pas les citoyennes marocaines qu’ils assimilent à des prostituées ou à des sorcières. Les détails se trouvent dans “Sex and the Medina”, un livre édité par une hôtesse de l’air marocaine qui a préféré garder l’anonymat.

    Le livre dévoile la situation des femmes saoudiennes, leurs longues journées ennuyantes, leurs conversations sur leur vie sexuelle, leur recettes de beauté pour captiver leurs maris, leurs rêves, leurs fantasmes, leurs liaisons secrètes, et surtout leur regard sur les Marocaines qu’elles qualifient de “putes” et “sorcières” qui “ont l’habitude de piquer leurs maris”.

    Même si la femme diabolise la marocaine, elle a peur d’elle, mais au même temps, elle ne peut aprivoiser le sentiment de jalousie et d’envie parce que la femme marocaine jouit de beaucoup de droits dont la femme saoudienne n’ose même pas rêver.

    En effet, les marocaines conduisent leurs propres voitures, travaillent dans tous les secteurs de la vie, on les voit en train de parler avec des hommes qui ne font pas partie de leur entourage familial, elles voyagent partout dans le monde sans être accompgnées par des tuteurs. Toute une série de réalités considérées en Arabie Saoudite, en Jordanie ou en Syrie comme des privilèges.

    Malgré tout cela, pour les Saoudiennes rencontrées par l’auteur de Sex and the medina, les Marocaines sont avant tout « le pétrole de leur pays » et une sorte de femmes prédatrices prêtes à tout pour épouser des hommes saoudiens. Pour elles, ceux-ci “aiment les filles jeunes, très jeunes ».

    Le livre aporte le témoignage de Badria, une casablancaise de 25 ans. “« Moi, je suis déjà hors circuit. Je suis allée en Arabie saoudite à l’âge de 15 ans. Et j’ai découvert un monde souterrain que les musulmans qui vont en pèlerinage sur cette terre sacrée ne peuvent même pas imaginer. Là-bas, il n’y a pas de boîtes de nuits ou de bars, mais des caves de villa aménagées comme les plus belles discothèques du monde. Quand il y a une soirée, les filles arrivent à la porte et sont sélectionnées à l’entrée. Une caméra à l’intérieur permet aux hôtes saoudiens de faire le casting », affirme-t-elle.

    Selon Badria, les jeunes femmes arrivées sont obligées de boire, fumer et se droguer.

    Les femmes saoudiennes sont très supersticieuses et cherchent incessament des fqihs qui soient “compétents” en matière de travaux visant à domestiquer leurs époux et elles sont prêtes à débourser des sommes faramineuses dans ce but : jusqu’à 50.000 dirhams. Elles sont les clientes préférées des charlatans religieux.

    Tags : Maroc, sexualité, femmes saoudiennes, Arabie Saoudite, Jordanie, Syrie, femmes marocaines, mariage, superstition, 

  • Belgique : Chaabi Bank du Maroc dans la tourmente

    Pour la deuxième fois, la Banque Chaabi du Maroc en Belgique se trouve dans le collimateur de la justice belge. Mardi, sa succursale d’Anvers a été l’objet d’une descente des agents des impôts accompagnés d’une unité de la police fédérale. Des documents ont été confisqués et des responsables des succursales ont été arrêtés.

    Jusqu’à présent, rien n’a filtré de la part de la sécurité belge ni de la banque marocaine, selon les informations relayées par la diaspora dans les réseaux sociaux, la Banque Chaabi est impliquée dans le blanchiment d’argent et d’autres pratiques illégales visant à surmonter les pertes originées par le boycott de la diaspora et la crise pandémique.

    D’après des média marocains, les bureaux de la banque marocaine à Bruxelles ont également été visités par la police judiciaire fédérale et des responsables des succursales bancaires marocaines ont été arrêtés.

    Selon le site Arif News, “Chaabi Bank n’est pas la seule banque marocaine en Belgique impliquée dans des pratiques illégales. Attijariwafa Bank, dont la holding royale Al Mada est le principal actionnaire, aurait envoyé de l’argent de clients au Maroc illégalement. La banque accepterait également de grosses sommes d’argent sans remettre en cause ses origines, alimentant les pratiques de blanchiment de l’argent de la mafia. La banque emploierait également des employés avec des papiers incorrects. La banque attend une amende considérable pour cela”.

    La même source indique avoir reçu “des informations de sources très fiables selon lesquelles la police belge a procédé à ces mesures après avoir reçu des informations de la Banque centrale néerlandaise (DNB)”.

    “La banque centrale des Pays-Bas a reçu ces informations de militants riffiens aux Pays-Bas. L’un de ces militants a déclaré à Arif News qu’ils avaient réussi à obtenir des documents contenant des informations sensibles sur les banques marocaines aux Pays-Bas et en Belgique. Les documents, contenant des preuves des pratiques illégales de la Chaabi Bank, ont été remis à la banque centrale des Pays-Bas”, conclue Arif News.

    Tags : Maroc, Banque Chaabi, Chaabi Bank, Belgique, Pays Bas, fraude, pratiques illégales, blanchiment, 

  • Maroc : La corruption gangrène la santé – Des cliniques pourries par les pots-de-vin

    Dans la plupart des établissements publics, la corruption dépasse les limites imaginables. Les clients ne cessent de dénoncer les comportement des infirmières et infirmiers. Ils sont quotidiennement malmenés.

    Ils pointent du doigt ces employés qui, à défaut de payer un bakchich, ils seront privés du droit de soin. Personne n’est épargné parmile personnel des institutions sanitaires. «Ce qui se passe dans le milieu hospitalier est dramatique. Si un citoyen veut consulter un médecin, il doit payer rubis sur l’ongle son droit de passage à différents niveaux. S’il ne le fait pas, il sera abandonné, voire même injurié à l’occasion.

    Ainsi, phénomène généralisé, toute personne désirant avoir accès aux soins ests victime de l’extorsion de fonds. C’est la raison qui se trouve derrière le scénario largement répandu de voir des femmes accoucher devant les portes des hôpitaux sans aucune pitié.

    La sage-femme, le portier, le gardien de sécurité, l’infirmière, l’infirmier, bref chacun des membres du personnel actif dans l’établissement se voit dans le droit de toucher sa part du magot.

    Gare à ceux qui se présentent avec les mains vides! Ils se verront traiter de la pire des manières. Même les cliniques privées ne sont pas épargnées où les infirmières sont comparées à des tortionnaires en raison de leur cruauté. Soit tu payes, soit tu es laissé pour compte. Le “droit” de graissage est devenu une loi non écrite, mais appliquée à la lettre.

    “Dès que tu traverses l’entrée de l’établissement, la corruption est la règle prédominante dans le secteur de la santé au Maroc”, confie une patiente qui vient d’offrir un panier de fruits à une infirmière pour ne pas être abandonnée à son sort.

    Tags : Maroc, santé, établissements sanitaires, hôpitaux, soins, corruption, infirmiers, infirmières, personnel, graissage, bakchich, 

  • Temoignage : Au Maroc, la France finance Medi1, vieillissante voix du roi

    Par Elodie Font et Marion Guénard | ex-journalistes à Medi 1

    Ex-journalistes à Medi 1, Elodie Font et Marion Guénard racontent le fonctionnement particulier d’une radio surveillée de près par le pouvoir, et où le moindre impair à l’antenne peut coûter cher. Et rappellent que le financement de ce média très institutionnel est assuré en partie par la France, via une subvention pour la rédaction française. Y.G.

    (De Tanger) Au dernier étage d’une imposante villa qui domine le mythique détroit de Gibraltar, au nord du Maroc, journalistes, animateurs et techniciens s’activent. « Sept heures trente sur Medi 1 ! » Comme chaque matin, depuis trois décennies, le jingle retentit. C’est parti pour un quart d’heure d’informations maghrébines et internationales.

    Radio Méditerranée Internationale, plus connue sous le nom de Medi1, a soufflé il y a quelques jours ses trente bougies. Depuis 1980, elle émet vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en arabe et en français. D’après ses propres chiffres (il n’existe pas d’instituts statistiques), elle serait écoutée par plus de 20 millions d’auditeurs.

    Il y a trois décennies, Medi 1 était un ovni dans le paysage médiatique maghrébin : seuls les relais officiels des différents régimes sont alors autorisés. Les auditeurs découvrent la matinale, avec un ton plus direct et des informations fiables sur l’actualité internationale. Une station innovante, qui semble indépendante.

    Hassan II en est pourtant à l’origine : le roi cherche alors à contrer la couverture algérienne du conflit au Sahara. L’idée séduit le président français, Valéry Giscard d’Estaing, qui y voit un moyen de pérenniser l’influence française au Maghreb.

    Medi 1, un vent de liberté vite essouflé

    L’accord est scellé : Medi 1 sera possédée à 51% par le Maroc et à 49% par la France, par l’intermédiaire de la Compagnie internationale de radio et télévision (le CIRT), que nous avons joints pour obtenir davantage de détails, mais personne n’a souhaité nous répondre.

    Un vent de liberté qui s’essouffle rapidement. Medi 1 n’échappe pas à la règle : impossible pour la radio de repousser certaines limites. Principal mot d’ordre : ne jamais offenser le pouvoir royal, qu’il soit incarné par Hassan II, puis par son fils Mohammed VI.

    A sa prise de pouvoir, en 1999, le roi, jeune trentenaire, semble pratiquer l’ouverture. Pourtant, aujourd’hui, Medi 1 n’a jamais été autant assujettie au palais. C’est d’ailleurs la station qui diffuse le plus longuement les activités royales -davantage que la Radio Télévision Marocaine, fidèle parmi les fidèles. Par activité royale, comprenez le récit détaillé de l’emploi du temps du roi, quel qu’il soit.

    Voici l’extrait d’un communiqué (pris au hasard), publié par la MAP, l’agence de presse officielle du Royaume :

    « SM le Roi inaugure à Agadir un centre de formation professionnelle mixte et un centre de consolidation des compétences des femmes, d’un coût total de 12 millions de dirhams.

    Agadir – Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a inauguré, mardi à Agadir, un centre de formation professionnelle mixte et un centre de consolidation des compétences des femmes, réalisés par la Fondation Mohammed V pour la solidarité pour un coût global de 12 millions de dirhams. [1 million d’euros, ndlr] »

    Sur l’antenne, les journalistes ont le droit d’oublier le « Sa Majesté » et le « que Dieu l’assiste. » Pour le reste, tous les mots sont repris. Tant pis si, finalement, l’information peut paraître obscure. Le plus important, c’est de recracher la dépêche le plus rapidement possible à l’antenne. Et d’en faire l’ouverture.

    Explication du nouveau PDG de la radio, Hassan Khyiar :

    « Quand le roi, après avoir inauguré un centre, remonte dans sa voiture, il veut l’entendre sur Medi 1 le plus vite possible. »

    Pas question de se tromper à l’antenne : Medi 1 est la voix du roi

    Et pour cause : avec 20 millions d’auditeurs, une diffusion dans tout le Maghreb, Medi 1 est devenue progressivement la voix du roi. Au Maroc, bien sûr, mais aussi pour les observateurs extérieurs. Pas question donc de se tromper sur un chiffre ou sur un nom.

    En mai, l’une de nous deux en a fait les frais. Le roi d’Arabie saoudite venait de faire un don au Maroc, et il fallait rapidement donner l’information à l’antenne. Dans la précipitation, elle parle du « président de l’Arabie saoudite ».

    Dans une monarchie, c’est l’erreur à ne pas faire. A peine le flash terminé, le téléphone sonne dans le bureau des rédacteurs en chef. Plusieurs dizaines de fois. Au bout du fil, très en colère, l’ambassade d’Arabie saoudite et le Palais royal.

    En une heure, la radio est sens dessus dessous. Personne ne comprend réellement ce qui se trame. Ni elle, ni ses collègues.

    Une heure après, elle présente un nouveau flash. En sortant du studio, son rédacteur en chef l’attend. Le visage grave, il lui annonce : « On demande ta tête. » Une exigence du Palais. Pour cette erreur, elle a finalement été mise à pied pendant trois jours.

    Medi 1 parle plus librement de l’Algérie, mais n’enquête guère

    Pour éviter tout dérapage, tous les sujets de politique intérieure et de société passent à la trappe. A part pour quelques domaines chers à la famille royale (comme la lutte contre le cancer), Medi 1 ne s’autorise pas à parler du Maroc.

    La radio parle plus librement de l’Algérie. Dans les années 1990, le GIA algérien y diffusait d’ailleurs ses communiqués -comme dans l’affaire des moines de Tibéhirine. Les nombreux auditeurs algériens cherchent sur les ondes marocaines une vision plus critique de leur pays.

    Sur certains sujets, ils sont servis. La question du Sahara, par exemple -ce qu’on appelle en France le Sahara occidental. Medi 1, comme les autres stations marocaines, ne peut se permettre aucune nuance : le Maroc a forcément raison, l’Algérie toujours tort.

    Medi 1 est très écoutée en Algérie et pourtant la station n’a que deux correspondants réguliers à Alger. Alors, pour parler du pays, chaque matin, le premier réflexe des journalistes est d’éplucher la presse algérienne (El Watan, Liberté, L’Expression), d’en ressortir une poignée d’informations qui datent souvent de l’avant-veille, et de les redonner à l’antenne. En ne les vérifiant jamais.

    S’inspirer de la presse algérienne, c’est une vieille tradition dans la rédaction. Preuve parmi d’autres de la faible évolution du traitement de l’information. Après trois décennies, les journalistes sont toujours obligés de passer par le standard pour appeler à l’extérieur ; il n’y a toujours pas d’invité en direct -pour éviter ce qui est arrivé à la station privée Radio Mars ; toujours pas de reportage.

    Les subventions françaises accordées à la radio augmentées en 2010

    Pourtant Medi1 ne manque pas de financements. Fait rare en ces temps de vaches maigres, les subventions françaises reçues ont même augmenté cette année. En 2010, l’Etat lui a versé 1,6 million d’euros, pour financer la rédaction francophone -composée d’une quinzaine de journalistes.

    Même si elle est encore une référence aujourd’hui, la vieille Medi 1 est en train de se faire rattraper de toute part par des radios concurrentes bien plus aventurières (2M ou Aswat).

    Pour stopper l’hémorragie, la nouvelle direction va lancer en octobre une nouvelle grille. Un des principaux objectifs : développer le numérique. Alors que le journalisme citoyen est apparu il y a déjà plusieurs années, le site ne propose aucune forme d’interactivité avec les auditeurs.

    Medi 1 était à ses débuts un appel d’air sans précédent, un vrai laboratoire d’idées. C’est aujourd’hui une radio bien difficile à dépoussiérer.
    Rue89, 20 sept 2010

    Tags : Maroc, Médi1, radio, Algérie, Mohammed VI, presse, liberté de presse, liberté d’expression, 

  • Algérie : L’Emir Abdelkader et le Maroc (1832-1847)

    Si l’on aborde les rapports algero-marocains…par autre voie que celle du sentiment, il convient d’ecarter des clichés traditionnels sur la fraternité maghrebine, source de solidarite en cas d’agression étrangere…

    Le moment était venu de mettre à l’epreuve la solidarité marocaine d’autant que l’émir était convaicu que le Maroc n’échaperait pas à la conquête coloniale. C’est pourquoi, il adjura le sultan de se joindre à lui et d’engager toutes ses forces dans la bataille pour le salut commun.

    Avec l’évolution de la guerre, le role objectif du Maroc s’accrut. L’émir croyait y disposer d’un sanctuaire, d’où il s’élançait à l’interieur de l’Algerie pour frapper avec la rapidité de la foudre.

    Mais avec la defaite (du sultan) à la bataille d’Isly (11 mai 1844) et la signature de l’infame traité de Tanger (1844), scellant l’allliance du Maroc et de la France contre l’Emir Abdelkader, (celui-ci) était hors la loi sur les territoires marocains et algeriens….

    Pliant devant les exigences françaises, le sultan somma l’Emir de quitter immédiatement le territoire marocain. Jettant le masque, il se decida à attaquer directement les forces de l’Emir. Il mit sur pied plus de 50.000 hommes répartis en trois divisions sous le commendement de l’un de ses neveux. Que pouvait faire Abdelkader avec ses 2000 fantassins et cavaliers contre une telle force ? Et pourtant, une nuit dans le Rif, il réussit à culbuter et à mettre en déroute deux de ses divisions marocaines, grâce à la fougue de ses combattants et à son génie militaire, usant d’un stratagème digne des plus grands généraux de l’antiquité.

    Sous le coup d’une émotion compréhensible et devant la tournure de plus en plus dramatique des événements, Abdelkader tenta une derniere fois de faire appel à la raison et à la conscience du sultan. Il envoya donc en mission à Fès Bouhmidi, un de ses meilleurs Khalifas. Ce fut en vain : Bouhmidi fut jeté dans un cachot pour y mourir. Fidèle a son pacte avec les français, le sultan Abderrahman adressa à l’Emir l’ultimarum suivant: Abdelkader doit se rendre, par lui-même, au sultan marocain, ou s’en retourner au Sahara algérien…

    L’étau franco-marocain se resserait autour de la petite armée des combattants de la liberte. Le dénouement de l’épopée était proche commencée 1832.

    Le gouvernement marocain et la conquête d’Alger

    Ali Tablit, universitaire et membre du conseil scientifique, a mis la main sur un document important, réédité récement par Thala-chihab (Alger). Il s’agit d’un recueil de lettres émanant principalement de Moulay Abderahmane, Sultan du Maroc, aux chefs militaires se trouvant avec son armée à notre frontière occidentale. Le sultan s’est allié aux français contre l’Emir; après avoir été battu par Bugeaud en 1844 (bataille d’Isly) et subi le bombardement de certains de ses ports par la marine française.

    On peut suivre presque au jour le jour dans ce recueil des lettres traduites par l’interprète Algérien Ismail Hamed (1857-1933), les difficultés que connaît l’Emir au cours des dernières années de son combat à la suite de l’accord franco-marocain.

    Dans le courant de l’année 1920, un lot de lettres chérifiennes a été aquis pour le compte de la bibliothèque générale du protectorat au Maroc. Elles émanent en effet de Moulay Abderahmane ben Hicham qui régna de 1822 à 1859 et ont trait aux événements occasionnés dans la region orano-marocaine par l’établissement des français à Alger. Ces lettres vont du 10 avril 1829 au 2 août 1848 et remontent, par conséquent, aux premières démonstrations françaises qui ont precedé la prise d’Alger.

    Cette coorespondance essentielement confidentielle, adressée à son cousin installé à Tlemcen ou ses agents operants à divers titres entre cette ville et Taza, éclaire curieusement les conséquences de la prise d’Alger et ses repercussions variées sur les divers éléments de la population indigène du nord de l’Afrique. Mais ce qui donne un intérêt particulier aux lettres du sultan Moulay Abderahmane c’est qu’elles révèlent la pensée intime de leur auteur, qu’elles mettent à nu les ressorts cachés et les procédés de la politique du Makhzen de cette epoque, ainsi que l’évolution de cette politique selon les circonstances et la nature des evenements.

    Le sultan prend immédiatement position dans la région de Tlemcen, appelé au secours par une délégation de notables de cette ville contre les conquêrants. Envoyant son cousin Moulay Ali à la tête d’une colonne expeditionnaire et charge Sid Driss ben Hommane El Djerrari d’etre l’intermédiaire entre ce prince et les dites tribus.

    Il s’agit évidement de l’établissement definitif des français à Oran et de la situation créée par cet événement grave dans les milieux indigènes.

    Le bombardement de Tanger a causé une vive émotion et avait fait craindre un déarquement; cest pourquoi Moulay Slimane, fils du sultan, est accouru sur Tanger avec une armée et c’est ce prince qui, dans une lettre datée du 27 radjeb 1260 (12 aout 1844) donne des détails précis sur les dégats faits, le compte des boulets lancés sur la ville, énumère les mesures prises, fait lire aux notables de la lettre de sa majesté. Mais s’il donnait de l’inquietude au Makhzen, Abdelkader lui-même n’était pas exempt de soucis : les algériens qui l’entouraient n’étaient pas très nombreux, il lui fallait tirer toutes les sources du pays, qui souffrait alors d’une hausse des prix, et s’y faire assez de partisans pour tenir tête à l’armée du sultan. Il profitait de la facilité que lui offrait la frontière pour se glisser entre le territoire français et les armées chérifiennes et tendre la main aux nomades Beni Guil, Oulad Djrir et autres dont le concours était précieux et dont le pays pouvait, à l’occasion, lui servir de refuge .

    Le sultan ne songe plus à lutter contre les français solidement installés à Tlemcen et à Maghnia; le danger immédiat et qui ne fut jamais redoutable, c’est la présence sur le sol marocain d’Abdelkader qui avec son prestige, son experience des hommes, de la politique et de la guerre, menace même l’existence de la dynastie filalienne. Le sultan s’arrangera toujours avec ses sujets inconstants et les plus turbulants, quand il n’y aura plus à les seduire et les entrainer cet enjoleur habile dont il parle à son fils en ces termes, dans une lettre du 2 choual 1262 (23 septembre 1846) : Quand à ce que vous dîtes avoir appris de cet intrigant (Abdelkader), de son retour sur ses vues premières, de son sentiment sur les événements auxquels ont été mêlés les krarmas et qu’il deplore amèrement, gardez-vous d’y ajouter foi. Soyez aussi en garde contre les propos que tiennent à son sujet ceux qui manquent de discernement et parlent de sa faiblesse et son impuissance; par ses stratagèmes et sa ruse, il est capable d’obtenir ce que la force des armes et le nombre ne lui donneraient pas.

    En effet, Sidi Mohammed, à la date du 28 rabia (15 avril 1845), annonce au sultan qu’Abdelkader a gagné le sahara et s’est installé chez les Hmiyanes à qui il fait payer des redevances, que les français l’ayant appris, ont fait ont fait partir de Tlemcen une colonne avec un fort convoi de chameaux portant 2 mois de vivres.

    Dans la dernière phase de sa carrière, au cours de l’année 1847 l’Emir a causé au gouvernement français, comme au gouvernement marocain, les mêmes preoccupations et les mêmes difficultés, dans la poursuite du même objectif qui était sa capture. Une entre les deux gouvernements était difficile à réaliser, bien qu’ils eussent le plus intérêt. Et cependant, alors qu’il n’y est eut pas entente concertée, la nature même des circonstances à combiner la double pression française et marocaine pour amener l’Emir à se rendre.

    Le sultan ne pouvait, sans compromettre son prestige, faire appel, contre Abdelkader, à l’aide française. Les français, n’ayant pas, les mêmes scrupules, tentèrent d’agir en liaison avec la Makhzen par une voie detournee. Nous en trouvons la preuve dans une lettre de M. de Chasteau du 19 djoumada 1er 1263(5mai 1847), adresse au Caïd Mohamed El Ahmer, envoyé dans le Rif par le sultan pour réduire Abdelkader et ses partisans. Dans cette lettre, le chef de la mission de France au Maroc offre au Caïd de lui fournir des subsides pour l’aider à accomplir sa mission et ramener les rebelles marocains à la soumission au sultan; car, ajoute la lettre, nous avons le plus gand intérêt à l’expulsion du Maroc de l’Emir Abdelkader et sommes decidés tout ce qui est en notre pouvoir pour y parvenir.

    Mais voici l’échec du Makhzen souligné par le roi à son fils dans une lettre du 2 radjab 1263(18 juin 1847) marque toute l’importance; on y voit les suites d’une attaque bien conduite par Abdelkader et cette déroute y est jugée comme plus grave que celle de la bataille d’Isly. Il y a là, sur ce dernier desastre, une appréciation que nous n’avons pas trouvé ailleurs : “Nous avons reçu, dit Moulay Adberahman, votre lettre et celles qui l’accompagnaient, nous faisant connaître la façon dont s’est comporte le traitre Abdelkader en attaquant de nuit, avec ses partisans des tribus rifaines, l’armée que vous aviez envoyeé dans le Rif. Dieu veuille que cet événement soit le terme de nos epreuves.

    Voyez, ajoute-t-il, Abdelkader avec le petit nombre d’hommes dont il dispose ,dans un pays qui n’est pas le sien, quels resultats il obtient, grâce a son esprit délié, à ses habiles stratagèmes et à sa politique avisée !… Alors que nous les obtenons pas, nous qui avons le nombre, mais nous manquons d’habileté politique! Il nous faut désormais, déployer avec les tribus rifaines une grande fermeté alliée à une bonne politique et à une administration saine; cela est indispensable pour les ramener dans le devoir.

    La lecture des lettres du sultan Moulay Abderahman, en même temps qu’elles nous éclairent sur l’état intérieur du royaume sous son règne le révele comme un prince habile, plein de sagesse et d’une prévoyance qu’il déploya largement et qui lui font honneur à ses talents, si l’on considère si l’on considere ses moyens et le peu de consistance de ses sujets.

    Nous savions que l’Emir, à la fin de sa carrière s’était trouvé acculé sur la frontière maroco-oranaise entre la mer et la basse Moloya, traque d’un côté par l’armée chérifienne et de l’autre par l’armée francaise et on avait, par une forte image, comparé cette situation désésperée à celle du lion encerclé, dont les rugissements font retentir les échos des montagnes .

    Les détails de cette lutte épique, telles que rapportent les lettres chérifiennes, justifient ce qui a été dit des talents de l’Emir Abdelkader, de son habileté politique et de sa trempe exeptionnelle.

    Notes:

    1)D’apres Ismail Hamet, le gouvernement marocain et la conquête d’Alger, “le sultan estime la défaite de son armée plus grave que celle d’Isly”.

    2)Churchill décrit ainsi le stratagème :”Entièrement couverts d’alfa ….qu’on avait plongé dans la poix et le goudron, deux chameaux furent poussés en tête de la petite colonne (celle de l’Emir) et ont mit le feu à l’alfa des chameaux qui, affolés, se lancèrent au galop furieux … les hommes (marocains) se bousculèrent dans toutes les directions.

    Source : algerie-dz.com

    Tags : Maroc, Algérie, France, Emir Abdelkader, colonisation, colonialisme,

  • Frontière entre l’Algérie et le Maroc

    La frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc est une frontière internationale continue longue 1 601 kilomètres ou 1 559 kilomètres si l’on considère les 42 kilomètres avec le Sahara Occidental comme n’en faisant pas partie.

    La frontière terrestre est fermée depuis 1994.
    Sommaire [masquer]
    1 Historique
    1.1 Avant l’occupation française
    1.2 Période française
    1.3 Depuis l’indépendance
    2 Dispute frontalière
    3 Caractéristiques
    3.1 Nord
    3.2 Hamada du Guir
    4 Hamada du Draâ
    5 Références
    6 Liens externes

    Historique

    Avant l’occupation française

    1557, Hassan Pacha repousse les attaques de Mohammed ech-Cheikh sur Tlemcen avant de le faire assassiner pour faire respecter la frontière entre le royaume Saadien et la Régence d’Alger au niveau de l’Oued Moulouya. Cette frontière sera respectée pendant plus d’un siècle avant que Moulay Ismaïl ne réussisse a étendre son territoire jusqu’à la Tafna pour une courte période puisqu’il sera battu en 1663 par le dey Hadj Chaâbane qui le contraint de conclure la paix.
    1795, le sultan alaouite Moulay Sliman entreprit de reconquérir Oujda, le bey d’Oran n’y opposa pas de résistance et la frontière est définitivement fixée à l’oued Kiss.

    Période française

    Frontière entre le Maroc et l’Algérie en 1963La frontière moderne entre l’Algérie française et le Maroc a été définie la première fois le 18 mars 1845 par le traité de Lala-Maghnia suite à la bataille d’Isly remportée par le Maréchal Bugeaud. Ce traité concernait le nord de la frontière jusqu’à Teniet-Sassi à 120 kilomètres de la méditerranée, le sud n’ayant pas encore été colonisé par les français.

    En 1903 le Général Lyautey fonde Colomb-Béchar poste avancé face au Maroc et les luttes du Cheikh Bouamama. Les autorités marocaines affirment que Béchar a été construite sur leur territoire.

    1912 une nouvelle limite administrative dite ligne Varnier est établie entre Figuig et Tiberiatine.
    La région de Tindouf est conquise par les français en 1934 elle est aussi réclamée par le royaume du Maroc.

    Depuis l’indépendance

    Le « Grand Maroc » revendiqué par l’Istiqlal1956, Allal El Fassi dirigeant de l’Istiqlal énonce sa théorie du Grand Maroc et affirme les revendication sur le Touat, Béchar et Tindouf.

    6 juillet 1961, accord entre Hassan II et Ferhat Abbas président du GPRA stipulant que les revendications marocaines seront discutées le lendemain de l’indépendance de l’Algérie.

    Du 1e octobre au 5 novembre 1963, la guerre des sables. Trêve signé à Bamako.

    Mai-juillet 1966, incidents suite à la nationalisation des mines de Gara Djebilet par l’Algérie.

    15 janvier 1969, Signature du Traité d’amitié de bon voisinage et de coopération d’Ifrane[1].

    Juillet 1970, mise en place d’une commission mixte de bornage.

    15 juillet 1972, signature entre le président algérien Houari Boumediene et le roi du Maroc Hassan II de l’accord frontalier décidé par convention un mois plutôt.

    17 mai 1973, ratification du traité par l’assemblée algérienne.

    28 mai 1992, la chambre des représentants du royaume chérifien ratifie a son tour le traité de 1972 délimitant la frontière avec l’Algérie.

    1994, suite à décision marocaine d’imposer le visa au ressortissants algériens, l’Algérie ferme ses frontières avec le Maroc.

    2004,samedi 31 juillet 2004 l’accès au territoire marocain n’est plus soumis aux formalités de visa suite à une décision prise sur hautes instructions du roi, Mohammed VI .

    2005 le visa d’entrée en Algérie, est levé . Cette décision intervient plus de huit mois après que le souverain chérifien (le 30 juillet 2004 ), Mohammed VI, eut annoncé la suppression du visa pour les Algériens désirant se rendre au Maroc.

    2008 le Maroc souhaite une normalisation avec l’Algérie.

    Dispute frontalière

    La dispute frontalière au nord est due aux interprétations différentes qu’en font les algériens et les marocains. Pour le Maroc la frontière naturelle se situe au niveau de l’Oued Tafna alors que pour l’Algérie elle se situe à l’Oued Moulouya, les deux fleuves étant distant de 100 à 150 kilomètres l’un de l’autre.

    Caractéristiques

    Nord

    La frontière entre le Maroc et l’Algérie débute au nord par l’Oued Kiss sur prés de 48 kilomètres jusqu’à quelques kilomètres du poste frontière de Zoudj Baghel entre les villes de Oujda (Maroc) et Maghnia (Algérie). Il commence a son embouchure sur la Méditerranée en séparant les villes de Saïdia (Maroc) et Marsa Ben M’Hidi (Algérie).

    Après le contournement de ville d’Oujda, la frontière retrouve un obstacle naturel avec les massifs de Beni Snous et Beni Bou Saïd qui s’étendent à l’est côté algérien.

    Après un tracé plus ou moins rectiligne, La frontière épouse en partie les courbes de l’Oued Bou LArjam dans la vallée aride du Chott El Gharbi (lac salé) dans la Wilaya de Naâma. Elle se prolonge avec d’un côté la plaine aride côté marocain et et la plaine steppique côté algérien.

    Hamada du Guir

    Ensuite ce sont les Monts des Ksours contreforts de l’Atlas Saharien qui servirons de frontière naturelle à l’exception de l’enclave formée par la région de l’Oasis de Figuig.
    Un lignage Est-Ouest de près de 160 km de long au nord de Béchar jusqu’à l’Oued EchChair le long duquel elle descend plein sud sur une quarantaine de kilomètres jusqu’à l’Oued Guir.

    Hamada du Draâ

    Elle repart de façon linéaire sur un axe Est-Ouest sur près de 80 kilomètres avant de repartir plein sud à travers le Hamada du Guir. La frontière est matérialisée par un léger massif côté algérien et par les dunes de la Marzouga côté marocain.

    Ensuite sur près de 200 kilomètres sur un axe Nord-Est – Sud-Ouest le long des contreforts rocheux du Hamada de la Daoura jusqu’à Dayet Ahrbor et la Vallée du Draâ.

    C’est l’Oued Draâ qui 380 kilomètres durant prolongera la frontière jusqu’au point méridien 8° 40′ ouest.

    Enfin pour finir la frontière descend sur 158 kilomètres (dont 42 avec le Sahara Occidental) le long de la ligne située par 8° 40′ ouest.

    Tags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, frontières, colonisation,