Author: xnalgrtayache58

  • Ceuta : Il rentre au Maroc à la nage avec son fils de 7 ans

    Selon le site Ceuta TV, un citoyen marocain, piégé à Ceuta depuis mars par la fermeture de la frontière, a nagé de Benzú à Belliones, portant son fils de 7 ans dans sa traversée. Un effort énorme et dangereux pour cet homme, qui a réussi avec succès son entreprisevisant à regagner son pays natal.

    En raison de la fermeture de la frontière suite à l’épidémie de coronavirus au Maroc, l’homme s’est retrouvé coincé à Ceuta. Les raisons pour lesquelles il n’a pas pu être rapatrié par le couloir humanitaire qui a été ouvert à travers la frontière de Tarajal la semaine dernière sont inconnues.

    Dans le but de rentrer chez lui, il s’est aventuré samedi dans la mer depuis la plage de Benzú, portant son fils, un garçon de 7 ans. Ce dernier portait un gilet de sauvetage.

    La traversé à nage a fini avec succès et les deux ont réussi à atteindre la zone marocaine en toute sécurité, où ils ont été mis en quarantaine.

    Ce n’est pas le premier cas qui se produit pendant cette pandémie, avec plusieurs Marocains essayant de rentrer dans leur pays par la plage de Benzú, ou Tarajal, vers la ville de Castillejos.

    Tags : Espagne, Ceuta, Melilla, coronavirus, covid 19,

  • Mortality hotspots for birds of prey in Morocco revealed by first study on conservation status

    The report presents the results of the first national census of diurnal cliff-nesting raptors in Morocco carried out in 2019. It provides a first clear picture of the geographical distribution and status of birds of prey populations in Morocco. Implemented by the Department of…

    Read more from the source :  International Union for Conservation of Nature

     

     

     

     

    Tags : Morocco, nature, birds,

  • Le roi Salmane, boude-t-il le Maroc?

    Selon le site Mondafrique, le roi Salmane d’Arabie Saoudite ne s’est pas rendu à Tanger cet été “en raison des très mauvaises relations entre son pays et le Maroc”. Pour la deuxième année, le souverain saoudien, boude ses vacances à Tanger, une ville qui s’était habitué à ses visites et ses dépenses faramineuses.

    Dans un article signé Nicolas Beau, le site Mondafrique que les relations entre le Maroc et le royaume des Al Saoud ne sont plus aussi chaleureuses qu’auparavant, ce qui a poussé le prince héritier Mohamed Ben Salmane a empêcher son père de se rendre dans son luxueux palais de Tanger.

    Lorsque le roi Salmane se rendait à cette ville du nord du Maroc, il était accompgné d’une impressionnante cour composée de près de 1000 personnes dont la présence fait beaucoup de bien à l’économie et la population de la ville. Elle occupait au moins 800 chambres d’hôtels et permettait aux entrerpises de louer près de 200 voitures de luxe et de mobiliser des centaines d’emplois en plus des sociétés de restauration, livraisons, services, gardes du corps, jardiniers,etc.

    Le journal israélien Haaretz affirme que le roi Salmane bin Abdelaziz Al Saoud a déboursé en un mois pas moins de 100 millions de dollars lors de son séjour très médiatisé dans la ville du détroit. D’après la même source, ce voyage à lui seul pourrait représenter 1,5% des revenus annuels du royaume provenant du tourisme étranger.

    Avant 2015, le roi Salmane passait ses vacances d’été dans sa résidence de Vallauris, su sud de la France, où il avait fait privatiser la plage publique de la Mirandole et qu’il a dû quitter après avoir reçu un accueil mouvementé suite à la polémique suscitée par la décision d’interdire au public l’accès au littoral voisin de la villa royale de Golfe-Juan.

    Tags : Maroc, Tanger, Roi Salmane, Al Saoud, MBS,



  • Algeria: Critically-ill activist Abdallah Benaoum must be immediately released

    The Algerian authorities have accelerated the arbitrary detention and prosecution of activists and journalists amidst the COVID-19 pandemic, most recently refusing requests to provisionally release and provide adequate medical care for Algerian…

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    Tags : Algeria, human rights; Abdallah Benaoum,

  • Senior Libyan coastguard commander arrested for alleged human trafficking

    The UN-backed government in Libya has arrested a coastguard commander alleged to be one of the world’s most ruthless human traffickers. On Wednesday, authorities in Tripoli said Abd al-Rahman Milad, known as Bija, and suspected of being behind the drowning of dozens of people, has been…

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    Tags : Libya, human traficking,

  • Maroc : L’OCP engage FleishmanHillard dans le combat commercial

    FleishmanHillard a accepté de représenter le groupe OCP, le géant des engrais phosphatés détenu à 94% par le gouvernement marocain, alors qu’il cherche à repousser les droits compensateurs imposés par le département américain du commerce.

    Tampa’s Mosaic Co. a déposé une pétition auprès du département du commerce en juin, affirmant que les exportations de l’OCP vers les États-Unis sont injustement subventionnées par le Maroc, mettant en péril l’avenir de ses mines et de ses installations de production et de l’emploi de 3500 travailleurs en Floride et en Louisiane.

    Dans sa «lettre d’entente» avec l’OCP, FH décrit un programme de communication en deux phases à compter du 6 octobre concernant les litiges et les enquêtes en matière de droits compensateurs.

    La phase de planification et de préparation de la phase 1 d’un mois, qui a un plafond budgétaire de 100 000 $, couvre la collecte d’informations, l’analyse des médias sociaux traditionnels / américains, l’identification / recommandations des parties prenantes, l’analyse des informations (par exemple, les messages qui communiquent le mieux les positions / objectifs d’OCP) , personnalisation des matériaux et planification numérique.

    L’activation et la campagne d’engagement de la phase 2 devraient durer cinq mois et ne pas dépasser 250.000 de dollars américains.

    Cela comprend la sensibilisation externe, les médias gagnés, l’engagement des parties prenantes / de la base / de grasstops, le développement de microsites, la base en ligne, des points de contact sur le terrain (par exemple, recruter et mobiliser des professionnels locaux et nationaux compétents qui peuvent communiquer avec, informer et mettre à jour les médias , décideurs politiques bipartis, législateurs, dirigeants et représentants des agences gouvernementales) et amplification numérique payée.

    Les vice-présidents principaux de la FH, Anthony Zagora et Bailey Witt, travaillent sur le compte OCP avec le vice-président Tayler Tchoukaleff et Spencer Girouard.

    Omnicom est propriétaire de FH.

    Cornerstone Government Affairs travaille également pour l’OCP dans le cadre d’un contrat d’un an de 300.000 $ qui est entré en vigueur le 1er octobre.

    Source : ODwyers, 14 oct 2020

    Tags : Maroc, OCP, phosphates, Etats-Unis, USA, engrais, dumping, concurrence déloyale,

  • Algérie : Quand Haddad régnait sur les ports d’Algérie 0

    par Abla Chérif

    L’audition d’anciens directeurs de ports a révélé l’ampleur des privilèges accordés à Ali Haddad qui, affirment ces derniers, bénéficiait de ces avantages grâce au ministère des Transports.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – L’ex-directeur du port d’Alger est le premier a être appelé à la barre ce mercredi, troisième jour du procès de Haddad. Il est poursuivi pour mauvaise utilisation de fonction, utilisation de deniers publics de manière contraire à la loi et octroi d’indus avantages. Mohamed Kerrah nie d’emblée tous les faits qui lui sont reprochés et insiste sur le fait que tous les avantages ont été octroyés à l’homme d’affaires durant une période où il n’était pas en fonction.

    « J’étais en poste de 2011 à 2017, dit-il. Les premiers accords conclus avec Haddad au port d’Alger ont eu lieu en 2002, soit neuf ans avant mon arrivée. Quand je suis arrivé, un contrat se trouvait donc déjà en cours. Dans le document en question, il y avait des clauses qui permettaient un renouvellement de tous les accords passés, le ministère des Transports est seul responsable de ces accords. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il fallait son accord, je n’ai signé aucun contrat, les seuls documents que j’ai signés portaient sur le renouvellement du bail. Même après mon départ à la retraite, tout a été renouvelé avec l’accord du ministère concerné .» Il ajoute : « Le terrain a été acquis par Haddad en 2006, je n’étais pas en poste à cette époque.

    Le droit de jouissance lui a été accordé par le ministère des Transports. En 2012, Haddad a changé l’appellation d’une de ses sociétés, un document nous a été adressé pour nous en informer et j’ai signé une nouvelle fois .»
    L’enquête menée sur les faits qui se sont déroulés a établi qu’en janvier 2018, l’ex-ministre des Transports, Abdelghani Zaâlane, lui avait accordé un renouvellement pour une durée de vingt ans de concessions de trois structures portuaires au port d’Alger, 64 447 m2, au quai 36, 3 735 m2 au môle et 5 860 m2 au quai 26, servant à la construction d’une unité de bitume.

    L’ancien directeur du port de Mostaganem est appelé à son tour à la barre. Poursuivi pour mauvaise utilisation de fonction, conflit d’intérêts et octroi d’indus avantages, il nie à son tour tous les faits qui lui sont reprochés et affirme que rien ne pouvait être entrepris sans l’accord du ministère des Transports.

    « En 2016, déclare ce dernier, de nombreuses entreprises privées et publiques ont présenté des demandes pour des concessions portuaires, la décision était du ressort du ministère du Transports (…) les demandes de Haddad ont été acceptées ».

    L’enquête menée a établi là, également, que Ali Haddad avait pu bénéficier d’un espace de stockage de bitume de 2 600 mètres carrés pour une durée de quinze années.

    Les mêmes avantages lui ont été accordés au port de Annaba où il a pu bénéficier de deux espaces d’une superficie de 3 500 mètres carrés et de 4 230 mètres carrés. La première assiette lui a été octroyée en 2014. Une année après, le ministère des Transports l’autorise à acquérir la seconde unité de stockage de bitume.
    A. C.

    LE PATRON DE L’ETRHB AU JUGE :

    «J’ai été jugé avant de comparaître devant un tribunal»
    Le juge entame l’audition de Ali Haddad en lui rappelant qu’il est poursuivi pour blanchiment d’argent.

    Le prévenu, jugé à partir du pénitencier de Tazoult, exige que le droit de présomption d’innocence lui soit appliqué. «C’est de votre droit», répond le magistrat. Haddad poursuit : «C’est un droit dont je n’ai jamais bénéficié (…)
    On m’accuse d’avoir accaparé tous les marchés du pays, On impute à Haddad tout ce qu’il y a de plus mauvais, tout ce qu’il y a de mal dans le pays. L’entreprise que je gère a été mise sur pied en 1988 avec mes frères.»
    L’ex-patron de l’ETRHB est interrogé sur les nombreux crédits bancaires qui lui ont été octroyés. «Douze crédits ont été accordés à mon entreprise, soutient le prévenu. Neuf d’entre eux ont été totalement remboursés, et les trois autres crédits ont été remboursés à hauteur de 25%.»

    Le rapport de l’enquête menée autour de l’ETRHB a démontré que l’entreprise avait pu bénéficier de 452 crédits auprès des banques, pour un montant de 211 000 milliards de centimes. Sur la somme globale, 167 000 milliards de centimes ont été accordés par des banques publiques, à leur tête le CPA (Crédit populaire d’Algérie) qui, à lui seul, a accordé 73 000 milliards de centimes.

    Le juge interroge ensuite Haddad au sujet de l’affaire du tramways. Réponse : «Mon entreprise, l’ETRHB, participait à hauteur de 5%, le reste était détenu par Alstor France. La société mère et une entreprise italienne. Je ne peux pas me défendre comme les autres. Je ne peux pas me défendre correctement puisque le juge d’instruction ne m’a remis aucun document et que je me trouve en prison. Ils ont voulu ternir mon image, me salir. J’ai été jugé avant de comparaître devant la justice.

    La presse m’a sali dès mon arrestation.» Le magistrat demande ensuite à Ali Haddad se s’exprimer au sujet des 124 marchés publics dont a bénéficié le groupe ETRHB pour un montant de 78 410 milliards de centimes. Réponse : «J’ai obtenu 124 marchés sur les 5 000 autres existants.

    En 2015, j’ai perdu deux milliards de DA, entre 2017 et 2018, les gains de l’entreprise ont chuté de 4 milliards de DA.» Haddad se plaint : «À chaque comparution, on m’accuse d’une nouvelle chose. La première fois, on a dit que j’allais prendre la fuite et que j’étais britannique.

    La seconde fois, on m’a dit que j’avais une casemate pleine d’armes, et à présent, que je suis l’ami de Trump.»

    Haddad tente de s’exprimer au sujet de l’affaire, qui l’a conduit à Tazoult, du contrat de lobbying passé avec un cabinet américain pour un montant de dix millions de dollars.

    Mais le juge lui demande de mettre fin à son discours car n’étant pas concerné par ce dossier. Il est 18h30. Le tribunal lève la séance. L’audition de Haddad se poursuivra aujourd’hui.
    A. C.

    Rebbouh Haddad : «Je n’avais pas de salaire au groupe»

    Rebbouh Haddad, frère du principal inculpé dans l’affaire de l’ETRHB, a été, à son tour, auditionné hier au niveau de la cour d’Alger.

    Face au juge, ce dernier a affirmé qu’il ne possédait aucun bien immobilier en son nom tant en Algérie qu’à l’étranger, mais qu’il détenait, en revanche, un compte bancaire commun, avec son épouse et ses enfants, qui contient 70 000 euros. «Je ne suis pas concerné par la gestion de l’ETRHB», soutient encore ce dernier en expliquant que son rôle au sein de cette entreprise se limitait à assurer la coordination entre les différentes commissions et que celles-ci étaient dotées chacune de son propre responsable. À une question du juge sur le montant qu’il percevait au niveau de l’entreprise de son frère, Rebbouh répond qu’il n’était pas payé : «Je n’avais pas besoin de salaire, je prenais de l’argent lorsque j’en avais besoin.»

    À une autre question relative au rôle qu’il jouait au sein du club sportif de Haddad, il répond encore : «J’étais bénévole, j’étais là pour aider, c’est d’ailleurs moi qui ai amené Djamel Belmadi.»

    Rebbouh Haddad a été placé sous mandat de dépôt le 1er mars dernier après avoir été auditionné dans le cadre de l’enquête qui a touché l’ETRHB. Il avait été écouté par un juge d’instruction du tribunal de Bir-Mourad-Raïs qui avait conclu à sa culpabilité dans l’affaire Ali Haddad.

    Mardi, second jour du procès, Amer, un autre des frères Haddad, avait comparu devant le juge, affirmant, à son tour, qu’il n’était nullement concerné par la gestion de l’ETRHB : «J’ai une part dans l’héritage qu’a laissé mon défunt père. J’ai une société versée dans les travaux publics mais elle est gérée par un spécialiste, quant à moi, je perçois un salaire mensuel de 200 000 DA.»

    Lors du procès en première instance qui s’était déroulé au tribunal de Sidi-M’hamed, Ali Haddad avait paru très contrarié par la présence de ses frères, affirmant au juge qu’il était le seul responsable de l’ETRHB et qu’aucun des membres de sa fratrie n’avait de responsabilité dans cette affaire.
    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, Ali Haddad, corruption, procès, Bouteflika, frères Haddad, ETRHB,


  • Vivre au Maroc, par Paul Bowles

    « Le détroit de Gibraltar m’a toujours fasciné : il semble être le centre de l’univers. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de vivre là. D’un côté il y a le Maroc, de l’autre l’Espagne. De tout temps, j’ai aimé les deux pays. Mais je précise que c’est entre l’Espagne et le Maroc que j’aime vivre, et non entre l’Europe et l’Afrique. L’Europe ne m’attire pas tellement : pour moi, elle s’arrête aux Pyrénées. L’Espagne est autre chose, presque un autre continent. L’atmosphère y est différente du reste de l’Europe, et j’ai toujours aimé le fait qu’on retrouve en espagnol beaucoup d’expressions d’origine arabe.

    On me dit que l’Espagne a beaucoup changé, qu’elle est devenue beaucoup plus américaine, comme Paris et Londres. Je ne sais pas pourquoi tous ces européens veulent imiter les américains.

    Ce que j’aime surtout, ce sont les grandes villes des années 30. Mais aujourd’hui, ce sont les arrières-pays et les campagnes qui m’attirent, beaucoup plus que toute ville moderne.

    Tanger est toutefois différente pour moi : c’est une ville que j’ai de tout temps aimée et où j’ai vécu pendant 61 ans. C’était le point de départ de mon voyage à travers le Maroc, à la recherche de la musique traditionnelle. J’avais également l’habitude d’aller en Espagne, mais j’ai arrêté parce que les conditions de voyage sont devenues très désagréables. Un pont va toutefois être construit; j’espère que je le verrai – et l’utilisera- avant de mourir. »

    Source : Tan querida Tanger

    Tags : Maroc, Espagne, Tanger, Détroit de Gibraltar,

  • Maroc : “Bousbir” : Colonie des prostituées d’antan…

    « Radi l’bousbir ? », dixit « Tu vas à Bousbir ? ».

    Cette phrase, ma grand-mère la répétait pour plaisanter avec mon grand-père quand elle le voyait sortir chic et bien habillé. C’était il y a 13 ans, j’étais encore enfant, Bousbir avait déjà disparu depuis 1955, mais la phrase est restée.

    Bousbir a marqué la mémoire casablancaise qu’on le veuille ou non.

    Bousbir est la prononciation marocaine du prénom de Prosper FERRIEU. Chargé depuis 1865 de l’agence consulaire française de Casablanca, il était propriétaire du terrain qui deviendrait le quartier réservé. Le premier Bousbir fut bâti dans l’ancienne médina, mais très tôt il se déplaça vers la nouvelle ville sur la colline de Derb Sultan en 1922. Entouré par la Régie des Tabacs et le quartier des Habous, avec une superficie d’environ 24.000 m2. Un quartier complet, clos de murs, composé de ruelles labyrinthiques. Il possédait le grand cinéma du quartier appelé « Cinéma Mauritania », le Café de la Porte, le Café du Cinéma, le Café du Hammam, le Café des Chômeurs, le Café des Roseaux, le Café de l’Amina des Cheikhat, le Café du Raïs, Le Café Edmond. Bousbir comportait également des Hammams, des marchands de charbon et de fruits, des coiffeurs pour dames et hommes, six restaurants, des boutiques de vêtements ainsi qu’un bureau de tabac. Chacune des ruelles portait un nom indiquant les origines des prostituées : rue Elfassiya, rue Doukkaliya, rue Lahriziya, etc.

    Les prostituées étaient originaires de plusieurs régions du Maroc principalement, ainsi que d’Algérie et du Maroc espagnol, selon l’enquête ethnographique réalisée par Jean Mathieu et P. – H. Maury, présentée dans le Livre intitulé « Bousbir, la prostitution dans le Maroc colonial », livre édité et présenté par M. Abdelmajid Arrif.

    Ces prostituées venaient travailler à Bousbir pour des raisons qui différaient d’une prostituée à l’autre : fuite d’une maison close, arrestation pour cause de prostitution clandestine, misère, fuite d’un mariage forcé et précoce.

    Le quartier de Bousbir, vivait une vie normale, celle d’un quartier en mouvement. Mais l’administration coloniale avait voulu l’« orientalisme» à tout prix. Les prostituées traditionnelles étaient habillées en caftans de trois pièces au moins, brodés, elles portaient des bijoux, des coiffures et des foulards à l’ancienne, leurs yeux étaient maquillés de khôl, leurs mains décorées de henné.

    Il y avait aussi les modernes, celles qui portaient les vêtements tendance de l’époque : chemise, jupe, robe.

    Les prostituées se pointaient chaque matin après leurs cafés et leurs premières cigarettes devant les portes des chambres closes, dans l’attente de passagers ou de touristes cherchant du plaisir. Il y en a qui dansaient, chantaient, ou même qui hélaient les passants avec des expressions érotiques et sexuelles : « Aji Tchrub Atay …», dixit « Vient boire un thé …» ou « T’ala t’alleq m’aya ? ». Ou bien elles faisaient appel à des jeux et des plaisanteries grossières avec les clients.

    Les clients de Bousbir étaient hétérogènes : les clients européens étaient en général des marins de passage, des touristes venus découvrir le quartier. Français, Marocains juifs ou musulmans, légionnaires et soldats français, chacun de ces clients s’offrait une des prostituées qu’il souhaitait ou que la patronne avait choisi pour lui. Les pratiques sexuelles variaient d’une prostituée à l’autre, selon le désir du client ainsi que la somme qu’il donnait.

    La direction de la Sécurité Publique surveillait régulièrement la santé des prostituées avec des fiches sanitaires dans le dispensaire municipal de surveillance sanitaire et de prophylaxie anti- vénérienne, pour contrôler la santé des prostituées, afin d’éviter la transmission des infections vénériennes. Selon le témoignage de ma grand-mère, qui a vécu dans le quartier de Derb Sultan, non loin du quartier réservé, et qui entendait ces échos, « la patronne des filles (moqaddama) lavait le vagin des prostituées avec de l’eau chaude du sel et de la pierre d’alun (chebbe en algérien et chebba en marocain) pour éviter les chancres ». Selon le même témoignage, les grandes familles de Derb Sultan, issues généralement de la région de la Chaouïa, Settat, Fès et Marrakech apostrophaient les prostituées avec des expressions méprisantes telles que : al-bâghiya, al-qahba. Mais d’autres les appelaient plus joliment bnât l-hwa.

    Les prostituées se tatouaient entre elles à l’aide d’une aiguille et d’indigo (nila). Le tatouage représentait alors, dans la culture marocaine, une véritable arme contre le mauvais œil. Les prostituées traditionnelles portaient des tatouages à l’ancienne : as-siyala (tatouage sur le menton), l-hmimiqa (motif sur le talon d’Achille), l-buja entre les yeux, l-khatem sur les doigts. Les modernes tatouaient des motifs plus contemporains et plus « jeunes », parfois du texte en caractères latins ou des dessins. Par exemple : « Pas de Confiance Pour les Hommes de Tlemcen », « Vive l’amour », « Pas chance au Maroc » (sic), « Vive abbés » (sic), des prénoms masculins : Mustapha, Ahmed. Ou encore des dessins et des motifs quelconques. Ou bien encore des dessins obscènes tels que des dessins de pénis.

    «Ti regardes ……..mais ti touche pas ! »

    Source : Rachid Dechmi Meliani

    Tags : Maroc, prostitution, Bousbir, Casablanca,

  • Maroc : 40 ans avant de retrouver le corps de son fils, victime des années de plomb


    Fatima, 74 ans, a attendu plus de 40 ans avant de récupérer le corps de son petit garçon de 11 ans abattu en pleine rue par des militaires pendant une grève réprimée avec violence.

    Il faut grimper un escalier bien raide dans un petit immeuble de la casbah pour atteindre l’appartement de Fatima Mazioudi. Elle vit seule avec ses souvenirs et une de ses filles. Depuis la minuscule lucarne réservée aux femmes, elle jette un oeil dans la rue… “Ce jour-là, c’était un peu comme aujourd’hui, calme. J’étais à la maison et j’attendais que mon mari rentre du travail. Ahmed a lui aussi regardé par la fenêtre, il a vu que le magasin d’en bas était ouvert alors il est sorti. Je le revois encore, il voulait en profiter pour voir si l’école serait ouverte le lendemain”, se souvient Fatima Mazioudi. Malgré les quarante années qui se sont écoulées, elle n’a rien oublié de ce 23 mars 1965. Le jour, où son petit garçon Ahmed, âgé de 11 ans, n’a pas résisté à la tentation d’aller faire un tour chez le marchand, comme tous les gamins.

    En bas, quelques grévistes continuaient à manifester leur mécontentement contre le gouvernement, contre ces années de plomb où le roi du Maroc, Hassan II, menait le pays d’une main de fer. “Il y avait eu des grèves 2 jours plus tôt et là, c’était plus calme”, poursuit Fatima. “Ils avaient envoyé les tanks dans le quartier… Ce sont les voisins qui m’ont avertie. On m’a dit que mon enfant avait été blessé et que les militaires l’avaient emmené. Il avait reçu des balles et certains m’ont expliqué que l’enfant reviendrait une fois soigné. Des témoins ont dit qu’il avait été touché au ventre. Mais ceux qui l’ont tué ne voulaient laisser aucune trace. Mon mari l’a cherché partout jusqu’à sa mort. Il a contacté le ministère de la Justice, de la Défense. Quarante ans que j’attends qu’il me ramène mon fils”.

    Le 16 juin 2006, après des années de recherches, Fatima Mazioudi reçoit une étrange nouvelle. “C’est le CCDH (Conseil Consultatif des Droits de l’Homme) à qui j’avais fait une demande pour récupérer le corps de mon fils qui m’a téléphoné. Il avait été retrouvé. Mon fils n’a jamais été déclaré mort mais seulement disparu. Et pourtant, il avait été enterré. Je suis même allée sur sa tombe. Depuis je ne dors plus. J’espérais tellement le retouver vivant”.

    Source : Six pieds sur terre

    Tags : Maroc, années de plomb, répressionm Hassan II, Makhzen,