Author: xnalgrtayache58

  • Rapport de l’ambassadeur Gabriel sur le Sahara Occidental

    TRADUCTION NON-OFFICIELLE

    Ces informations nous parviennent d’une source fiable. Elles n’ont pas été corroborées par des sources tierces.

     SAHARA OCCIDENTAL/RAPPORT DE SITUATION

    16/05/14

     Le Front Polisario a célébré son 41e anniversaire le 10 mai, suite a des mois turbulents durant lesquels il paraît avoir eu un espoir remarquable concernant l’élargissement du mandat de MINURSO pour inclure les droits humains seulement pour les voir ruinés lors de la réunion annuelle du Conseil de Sécurité de l’ONU fin avril.  Le Polisario était aussi angoisse à causé de l’élection présidentielle en Algérie. Maintenant Comme, il semble s’orienter vers une nouvelle stratégie.        

     Suite à la visite du Roi Mohammed VI à Washington en automne 2013, un membre du Secrétariat National du Polisario avait prévu avec confiance que « lorsque le mois d’avril arrivera, [une composante de  droits humains pour la mission de la MINURSO] sera inclue dans la résolution du Conseil de Sécurité, ainsi que la question des ressources naturelles dans les territoires administrés par le Maroc, » et avait aussi constaté « d’avoir reçu des promesses fermes a cet égard des membres du Congrès. » Plus tard, le même fonctionnaire semblait optimiste que la France « adopterait une position neutre » à la réunion du Conseil de Sécurité et s’abstiendrait d’utiliser son pouvoir de veto pour bloquer une résolution avec le monitoring des droits humains comme partie du mandat de la MINURSO.[1]    

     Cet optimisme était encouragé encore plus par la crise soudaine dans les relations franco marocaines fin février. Le 20 févriers, des policiers français se sont rendu a la résidence de l’ambassadeur marocain à Paris pour informer Abdellatif Hamouche, chef de l’agence marocaine de renseignements domestiques (DGST), qui était en France avec le Ministre de l’Intérieur, d’une convocation devant  un juge d’enquête en connexion avec deux procès civils déposés par une ONG l’accusant de « complicité dans la torture. » Pour ajouter l’insulte à l’injure, le même jour acteur espagnol Javier Bardem (défenseur de la cause de l’autodétermination pour les sahraouis) a été cité par les médias français constatant que l’ambassadeur de la France aux Etats-Unis François Delattre, lui aurait affirmé que le Maroc était « une maîtresse avec laquelle on (la France) dort toutes les nuits, dont on n’est pas particulièrement amoureux mais qu’on doit défendre. » Le double incident a provoqué les protestations de Rabat, qui a suspendu sa convention de coopération judicaire avec la France et a rappelé le diplomate chargé de son application, poussant Président François Hollande à téléphoner au Roi Mohammed VI directement pour résoudre le problème.

     En parlant a ce même fonctionnaire du Polisario peu après cet incident, il l’a caractérisé de « signal de réveil » pour les autorités françaises concernant « la situation des droits humains au Maroc, » démontrant que la France devrait « mettre la défense des droits humains et l’abolition de la torture au Maroc en première ligne des relations entre les deux pays. » Pour sa part, un ancien fonctionnaire au Palais Royal marocain a constaté que les Français « n’étaient pas assez vigilants » en ce que concerne les tentatives « pour déstabiliser les relations entre Paris et Rabat, » dans lesquelles « les Algériens ont surtout joué un rôle».  Cette même source a constaté que la réaction forte du Roi à l’incident (perçue comme disproportionnée, il a constaté, même par des fonctionnaires marocains) avait en fait l’intention d’envoyer un message non seulement aux Français, mais aussi aux Algériens.

     Comme la réunion au Conseil de Sécurité de l’ONU se rapprochait, les fonctionnaires du Polisario ont continué à exprimer leur optimisme. En leur parlant en mi-avril, un membre de haut niveau du leadership du Polisario qui est conseiller du Secrétaire Général Mohamed Abdelaziz a même suggéré que la cause de l’indépendance sahraouie est maintenant « au deuxième tournant important dans son histoire après l’accord de cessez-le-feu de 1991. » La communauté internationale, la source a constaté, prend conscience de la nécessite de finalement mener à bonne fin le conflit du Sahara Occidental, avec une conclusion acceptable et durable qui assurera les droits des sahraouis à l’autodétermination. Selon le membre, un indice de cette nouvelle situation est « la panique visible au plus haut de la structure de pouvoir marocaine, » comme démontré par l’appel du Roi Mohammed au Secrétaire Générale de l’ONU Ban Ki-moon quand le Conseil de Sécurité a commencé ses consultations avant la réunion annuelle sur MINURSO[2], entre autres.  Selon la source, la délégation du Polisario à l’ONU « a reçu des promesses que la protection des civils dans les territoires administrés par le Maroc sera prise en compte » par le Conseil (elle n’a cependant pas indique qui a fait de telles promesses.). La source a poursuivi :

    Les leaders du Polisario sont, sans exception, convaincus que la communauté internationale a perdu patience. Nous nous dirigeons vers une résolution qui fixera une date limite pour le Maroc pour revenir aux principes de cessez-le-feu, qui incluent les négociations pour une solution viable au conflit, c.-à-d. un referendum sur l’autodétermination. A la réunion des cadres du Polisario le 10 avril, Mohamed Abdelaziz était très claire : Le Polisario doit déclarer son empressement de négocier directement avec le Maroc et doit renouveler sa confiance en l’Envoyé Spécial du Secrétaire Générale  Christopher Ross quand nécessaire, mais en même temps le Polisario doit déclarer clairement que, pour être utile, toute négociation futur devrait focaliser sur le referendum et les questions des droits humains.

     Ayant organisé sa propre campagne de lobbying du Conseil de Sécurité pour inclure le monitoring des droits humains dans le mandat de la MINURSO, avec 115 « organisations de société civils, » issues de 21 pays le soutenant, le Polisario aurait été encouragé encore plus par les messages explicites de soutien pour l’idée par Human Rights Watch et Amnesty International à l’approche de la réunion. Le représentant du Front à New York Ahmed Boukhari a ajouté sa voix au sens général des attentes le 11 avril, en commentant sur le rapport de Ban Ki-Moon : la question du Sahara Occidental pourrait entrer dans « une phase décisive » en 2015, il a dit, avec le Secrétaire Générale de l’ONU suggérant que le Conseil de Sécurité devrait entreprendre une revue complète du processus de négociations entre le Front Polisario et le Maroc s’il aucun progrès n’est fait avant avril 2015. Ceci, Boukhari a constaté, signifie que « le Conseil de Sécurité assumera une responsabilité lourde, soit d’avancer et résoudre définitivement la question sahraouie, soit de jeter l’éponge et par conséquent ouvrir les portes à l’inconnu. »

     Le rapport de Ban Ki-moon a appelé pour une surveillance des droits humains « soutenue, indépendante et impartiale » dans le territoire contesté, sans explicitement recommander que ceci soit confié à la MINURSO. Cependant, il a en même temps donné une note positive d’encouragement sur l’intention de Rabat, récemment annoncée, d’améliorer le Conseil Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et mettre fin a la pratique de juger les civils dans les tribunaux militaires. Selon les diplomates du Conseil de Sécurité cités par Reuters (19/04/14), les versions initiales du rapport de Ban Ki-moon ont en fait inclus un appel pour « un mécanisme de surveillance » des droits humains, mais  ont été révisées deux fois dans un période de quelques heures et  l’idée d’un « mécanisme » a été remplacée avec un appel pour une « surveillance » non spécifiée. Même si l’Ambassadeur de France à l’ONU a nié avoir fait pression sur le Secrétariat pour modifier le rapport de Ban Ki-moon, Paris a rapidement bien fait comprendre ce qu’il a considéré comme acceptable : lors d’une conférence de presse le 11 avril, le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères Romain Nadal a loué « les efforts majeurs » du Maroc et a constaté que « les efforts pour protéger les droits humains dans cette région » devraient continuer  dans le contexte de « la coopération par le Maroc avec les procédures spéciales de l’OHCHR et du Haut Commissaire Navi Pillay, » sans un nécessité de charger la MINURSO de la question. Quand la délégation américaine à l’ONU a circulé une résolution initiale quelques jours plus tard, celle-ci n’a inclus aucune référence à un rôle des droits humains pour la MINURSO. L’Ambassadeur français à Gérard Araud a rapidement nié (via Twitter) que la France avait menacé d’utiliser son veto contre l’inclusion du monitoring des droits humains, mais le point a été un peu académique.

     La résolution 2152 adoptée le 29 avril, n’a inclus aucune innovation substantive, soit en termes de la surveillance des droits humains, les limitations sur l’exploitation de ressources naturelles, ou les dates limites ou ultimatums pour un accord négocié, et a effectivement renouvelé le mandat de la MINURSO pour un an avec des exhortations normales au Maroc et au Front Polisario de « continuer les négociations sous les auspices du Secrétaire Général sans les conditions préalables et en bonne esprit. » La réaction du représentant du Polisario Ahmed Boukhari était sans éclat, exprimant  sa « satisfaction avec l’engagement du Conseil de Sécurité en faveur d’une solution politique au conflit du Sahara Occidental basée sur le droit inaliénable des Sahraouis à l’auto-détermination »  et son regret que la MINURSO reste la seule opération de maintien de la paix sans un mécanisme de surveillance des droits humains.

     Les réactions en privé, avec les responsables du Polisario avons qui nous avons eu l’occasion de parler, étaient un peu plus révélatrices. Un membre du Conseil national sahraoui (pseudo parlement de la RASD) a parlé le lendemain de l’adoption et a qualifie les déclarations de Boukhari applaudissant la résolution No.2152 comme une façade diplomatique, car en réalité la résolution a marqué « une régression pour la cause sahraouie. » Le Maroc et de ses amis, la source a ajouté:

     

    ont élaboré un plan  pour enterrer la cause sahraouie le 30 Avril 2015. Les Marocains disent déjà que la résolution 2152 sera la dernière avant que l’ONU ne reconnaisse le plan d’autonomie comme la meilleure solution au conflit. Parallèlement, les dirigeants du Polisario n’ont même pas levé le petit doigt lorsque le roi du Maroc a visité le Sahara avec sa femme et ses enfants[3]pour défiler dans les rues de ses villes et montrer au monde qu’il se sentait comme chez lui et que les gens du Sahara lui doivent allégeance. Les dirigeants du Polisario étaient plus préoccupés par la politique interne de l’Algérie que par la direction que la question du Sahara pourrait prendre résultant d’une résolution favorable au Maroc comme celle qui vient d’être adoptée. Le président de la RASD et ses principaux lieutenants passaient la plupart de leur temps à analyser l’élection présidentielle algérienne et son impact, au lieu de répondre aux initiatives du Maroc telles que la visite du roi au Sahara et son lobbying du Secrétaire général de l’ONU.

    S’adressant à nous, presque une quinzaine de jours plus tard, le conseiller de Mohamed Abdelaziz cité ci-dessus a donné une évaluation de la situation qui, bien que plus mesurée dans le ton, était tout aussi sombre que la réaction du membre du Conseil national sahraoui. Suite à la Résolution 2152, le conseiller a fait valoir que le Polisario se trouve à un tournant pour lequel il n’était pas préparé. La résolution appelle à des progrès vers une solution mutuellement acceptable, mais les positions des deux parties restent divergentes et, en effet, irréconciliables. Le Polisario continuera à insister qu’il ne puisse y avoir une solution autre que celle basée sur un référendum qui offre plus d’une option, dont l’une doit être l’indépendance totale. La source a continué:

     

    Le problème est que, contrairement à la situation des années précédentes, le Polisario est mal placé pour imposer cette solution. La situation a changé, et elle est de plus en plus défavorable pour Polisario. L’Algérie est dans une phase de stagnation, où la prise de décision est très lente. À l’heure actuelle, l’Algérie est complètement prise avec ses propres problèmes et préoccupations, beaucoup plus que ce qu’il était le cas même au cours de sa décennie de guerre contre le terrorisme islamiste. Donc, le meilleur qu’Alger peut offrir est de maintenir sa position historique et son aide traditionnelle au Polisario, choses qu’elle ne peut vraiment changer de toute façon. Les Algériens sont inquiets au sujet de la succession présidentielle, qui est de plus en plus risquée. Il est devenu clair lors de la campagne de l’élection présidentielle que les Algériens ont peur de l’avenir. Nous n’avons pas besoin de cette stagnation en Algérie au moment où la population des camps des réfugiés augmente de plus en plus, et nos besoins matériels augmentent également. En plus de cela, il y a un sentiment palpable de fatigue de la part des partisans internationaux du Polisario, qui envoient de l’aide alimentaire et écoutent poliment les envoyés du Polisario, mais ils murmurent sur ​​la question du Sahara afin de ne pas perturber le Maroc ou ses alliés. L’Afrique du Sud est un exemple. La dernière visite en Espagne par le Premier Ministre Abdelkader Taleb Oumar en est un autre. Celle-ci s’est déroulée presque en silence, alors que dans le passé, cela aurait été un événement important pour les médias espagnols et la société civile.

    Il semble, d’autre part, que la direction du Polisario a eu le temps de tirer quelques conclusions pratiques de cette évaluation sombre de la situation. Selon la même source:

     

    Pour toute leur expérience, tirée d’années d’activisme, les représentants du Polisario et de la RASD à l’étranger ont besoin d’un nouvel élan. Le Polisario doit prendre les leçons appropriées et se préparer pour ce tournant stratégique. Les campagnes de défense des droits humains qui n’ont pas le soutien massif d’autres acteurs ne peuvent réussir. Le Polisario ne peut pas imposer un référendum sur l’indépendance seulement en organisant des comités pour défendre les prisonniers politiques. Nous avons besoin d’une nouvelle stratégie. C’est le message que le président Mohamed Abdelaziz a transmis lors de la dernière réunion du Secrétariat national juste avant les célébrations du 41e anniversaire du Polisario. En outre, il a donné quelques indications sur ce que pourrait être la stratégie. Par exemple, le Polisario doit prendre l’initiative pour trouver l’appui à sa demande pour une solution basée sur un référendum de la part partis politiques marocains et des associations professionnelles. Mohamed Abdelaziz a posé une question légitime: pourquoi faut-il que les Sahraouis se sentent obligés de négocier exclusivement avec l’Etat marocain? Ils ont besoin de créer un mouvement au Maroc, et même au sein de l’établissement marocain, qui est sympathique avec et en faveur de leur cause. Et quand certains membres du Secrétariat national ont évoqué la possibilité que les Algériens pourraient avoir des réserves sur une telle stratégie, Mohammed Abdelaziz avait de la difficulté à rassurer les participants quant à la position de l’Algérie. L’Algérie, il a dit, n’a pas de réserves quant à cette orientation, et elle n’a pas l’intention d’intervenir.

    [1] Le Polisario pourrait été encouragé à le croire étant donné l’expérience de la période qui a précédé la dernière réunion de UNSC sur le Sahara occidental en 2013, au cours de laquelle la France aurait indiqué qu’il ne utiliserait pas son veto pour bloquer une proposition initialement présentée par la délégation des États-Unis d’inclure la surveillance des droits humains dans la mission de MINURSO, selon des diplomates proches du Groupe des Amis du Sahara Occidental cité par Reuters. 
    [2] Dans une conversation téléphonique avec M. Ban le 11 Avril, le Roi du Maroc a exigé que le rôle de l’ONU au Sahara occidental reste inchangé, en évitant les « approches biaisées » et « options difficiles », et a souligné la nécessité de « préserver les paramètres de négociation tel que défini par le Conseil de Sécurité. » 
    [3] Le 19 avril, juste après le Conseil de Sécurité a commencé ses consultations sur le brouillon qui est devenu Résolution 2152.
    Ambassador Edward M. Gabriel, Ret. 
    President and CEO 
    The Gabriel Company, LLC 
    1220 L Street NW, Suite 411 
    Washington DC, 20005 
    Phone: +1 202.887.1113 
    Fax: +1 202.887.1115 
    Email: ed.gabriel@thegabrielco.com 
    Website: http://thegabrielco.com 
  • Ambassador Gabriel on Mauritania-Polisario relationship

    1) According to member of Polisario’s National Secretariat, the visit to the Canary Islands by a small Polisario delegation [including Speaker of the Saharawi National Council Khatri Addouh and Polisario’s representative in Spain Bouchraya Bayoun] during the second week of July had nothing to do with the fisheries agreement between Morocco and European Union [against which Polisario has been campaigning vigorously]. The main object of the visit, the National Secretariat member said, was to sign a number of agreements providing for aid for Saharawi refugees [in the Tindouf camps] on the one hand and Canary Island regional government grants for Saharawi students studying at Spanish universities.

    2) The same National Secretariat member denied reports that SADR President and Polisario General Secretary Mohamed Abdelaziz will not be invited to attend the investiture of the newly re-elected President of Mauritania. Relations between the SADR and Mauritania are “at their best”, according to the source

    Ambassador Edward M. Gabriel, Ret.
    President and CEO
    The Gabriel Company, LLC
    1220 L Street NW, Suite 411
    Washington DC, 20005
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    Fax: +1 202.887.1115
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  • Rapport de l'ambassadeur Gabriel sur le Sahara Occidental

    TRADUCTION NON-OFFICIELLE

    Ces informations nous parviennent d’une source fiable. Elles n’ont pas été corroborées par des sources tierces.

     SAHARA OCCIDENTAL/RAPPORT DE SITUATION

    16/05/14

     Le Front Polisario a célébré son 41e anniversaire le 10 mai, suite a des mois turbulents durant lesquels il paraît avoir eu un espoir remarquable concernant l’élargissement du mandat de MINURSO pour inclure les droits humains seulement pour les voir ruinés lors de la réunion annuelle du Conseil de Sécurité de l’ONU fin avril.  Le Polisario était aussi angoisse à causé de l’élection présidentielle en Algérie. Maintenant Comme, il semble s’orienter vers une nouvelle stratégie.        

     Suite à la visite du Roi Mohammed VI à Washington en automne 2013, un membre du Secrétariat National du Polisario avait prévu avec confiance que « lorsque le mois d’avril arrivera, [une composante de  droits humains pour la mission de la MINURSO] sera inclue dans la résolution du Conseil de Sécurité, ainsi que la question des ressources naturelles dans les territoires administrés par le Maroc, » et avait aussi constaté « d’avoir reçu des promesses fermes a cet égard des membres du Congrès. » Plus tard, le même fonctionnaire semblait optimiste que la France « adopterait une position neutre » à la réunion du Conseil de Sécurité et s’abstiendrait d’utiliser son pouvoir de veto pour bloquer une résolution avec le monitoring des droits humains comme partie du mandat de la MINURSO.[1]    

     Cet optimisme était encouragé encore plus par la crise soudaine dans les relations franco marocaines fin février. Le 20 févriers, des policiers français se sont rendu a la résidence de l’ambassadeur marocain à Paris pour informer Abdellatif Hamouche, chef de l’agence marocaine de renseignements domestiques (DGST), qui était en France avec le Ministre de l’Intérieur, d’une convocation devant  un juge d’enquête en connexion avec deux procès civils déposés par une ONG l’accusant de « complicité dans la torture. » Pour ajouter l’insulte à l’injure, le même jour acteur espagnol Javier Bardem (défenseur de la cause de l’autodétermination pour les sahraouis) a été cité par les médias français constatant que l’ambassadeur de la France aux Etats-Unis François Delattre, lui aurait affirmé que le Maroc était « une maîtresse avec laquelle on (la France) dort toutes les nuits, dont on n’est pas particulièrement amoureux mais qu’on doit défendre. » Le double incident a provoqué les protestations de Rabat, qui a suspendu sa convention de coopération judicaire avec la France et a rappelé le diplomate chargé de son application, poussant Président François Hollande à téléphoner au Roi Mohammed VI directement pour résoudre le problème.

     En parlant a ce même fonctionnaire du Polisario peu après cet incident, il l’a caractérisé de « signal de réveil » pour les autorités françaises concernant « la situation des droits humains au Maroc, » démontrant que la France devrait « mettre la défense des droits humains et l’abolition de la torture au Maroc en première ligne des relations entre les deux pays. » Pour sa part, un ancien fonctionnaire au Palais Royal marocain a constaté que les Français « n’étaient pas assez vigilants » en ce que concerne les tentatives « pour déstabiliser les relations entre Paris et Rabat, » dans lesquelles « les Algériens ont surtout joué un rôle».  Cette même source a constaté que la réaction forte du Roi à l’incident (perçue comme disproportionnée, il a constaté, même par des fonctionnaires marocains) avait en fait l’intention d’envoyer un message non seulement aux Français, mais aussi aux Algériens.

     Comme la réunion au Conseil de Sécurité de l’ONU se rapprochait, les fonctionnaires du Polisario ont continué à exprimer leur optimisme. En leur parlant en mi-avril, un membre de haut niveau du leadership du Polisario qui est conseiller du Secrétaire Général Mohamed Abdelaziz a même suggéré que la cause de l’indépendance sahraouie est maintenant « au deuxième tournant important dans son histoire après l’accord de cessez-le-feu de 1991. » La communauté internationale, la source a constaté, prend conscience de la nécessite de finalement mener à bonne fin le conflit du Sahara Occidental, avec une conclusion acceptable et durable qui assurera les droits des sahraouis à l’autodétermination. Selon le membre, un indice de cette nouvelle situation est « la panique visible au plus haut de la structure de pouvoir marocaine, » comme démontré par l’appel du Roi Mohammed au Secrétaire Générale de l’ONU Ban Ki-moon quand le Conseil de Sécurité a commencé ses consultations avant la réunion annuelle sur MINURSO[2], entre autres.  Selon la source, la délégation du Polisario à l’ONU « a reçu des promesses que la protection des civils dans les territoires administrés par le Maroc sera prise en compte » par le Conseil (elle n’a cependant pas indique qui a fait de telles promesses.). La source a poursuivi :

    Les leaders du Polisario sont, sans exception, convaincus que la communauté internationale a perdu patience. Nous nous dirigeons vers une résolution qui fixera une date limite pour le Maroc pour revenir aux principes de cessez-le-feu, qui incluent les négociations pour une solution viable au conflit, c.-à-d. un referendum sur l’autodétermination. A la réunion des cadres du Polisario le 10 avril, Mohamed Abdelaziz était très claire : Le Polisario doit déclarer son empressement de négocier directement avec le Maroc et doit renouveler sa confiance en l’Envoyé Spécial du Secrétaire Générale  Christopher Ross quand nécessaire, mais en même temps le Polisario doit déclarer clairement que, pour être utile, toute négociation futur devrait focaliser sur le referendum et les questions des droits humains.

     Ayant organisé sa propre campagne de lobbying du Conseil de Sécurité pour inclure le monitoring des droits humains dans le mandat de la MINURSO, avec 115 « organisations de société civils, » issues de 21 pays le soutenant, le Polisario aurait été encouragé encore plus par les messages explicites de soutien pour l’idée par Human Rights Watch et Amnesty International à l’approche de la réunion. Le représentant du Front à New York Ahmed Boukhari a ajouté sa voix au sens général des attentes le 11 avril, en commentant sur le rapport de Ban Ki-Moon : la question du Sahara Occidental pourrait entrer dans « une phase décisive » en 2015, il a dit, avec le Secrétaire Générale de l’ONU suggérant que le Conseil de Sécurité devrait entreprendre une revue complète du processus de négociations entre le Front Polisario et le Maroc s’il aucun progrès n’est fait avant avril 2015. Ceci, Boukhari a constaté, signifie que « le Conseil de Sécurité assumera une responsabilité lourde, soit d’avancer et résoudre définitivement la question sahraouie, soit de jeter l’éponge et par conséquent ouvrir les portes à l’inconnu. »

     Le rapport de Ban Ki-moon a appelé pour une surveillance des droits humains « soutenue, indépendante et impartiale » dans le territoire contesté, sans explicitement recommander que ceci soit confié à la MINURSO. Cependant, il a en même temps donné une note positive d’encouragement sur l’intention de Rabat, récemment annoncée, d’améliorer le Conseil Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et mettre fin a la pratique de juger les civils dans les tribunaux militaires. Selon les diplomates du Conseil de Sécurité cités par Reuters (19/04/14), les versions initiales du rapport de Ban Ki-moon ont en fait inclus un appel pour « un mécanisme de surveillance » des droits humains, mais  ont été révisées deux fois dans un période de quelques heures et  l’idée d’un « mécanisme » a été remplacée avec un appel pour une « surveillance » non spécifiée. Même si l’Ambassadeur de France à l’ONU a nié avoir fait pression sur le Secrétariat pour modifier le rapport de Ban Ki-moon, Paris a rapidement bien fait comprendre ce qu’il a considéré comme acceptable : lors d’une conférence de presse le 11 avril, le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères Romain Nadal a loué « les efforts majeurs » du Maroc et a constaté que « les efforts pour protéger les droits humains dans cette région » devraient continuer  dans le contexte de « la coopération par le Maroc avec les procédures spéciales de l’OHCHR et du Haut Commissaire Navi Pillay, » sans un nécessité de charger la MINURSO de la question. Quand la délégation américaine à l’ONU a circulé une résolution initiale quelques jours plus tard, celle-ci n’a inclus aucune référence à un rôle des droits humains pour la MINURSO. L’Ambassadeur français à Gérard Araud a rapidement nié (via Twitter) que la France avait menacé d’utiliser son veto contre l’inclusion du monitoring des droits humains, mais le point a été un peu académique.

     La résolution 2152 adoptée le 29 avril, n’a inclus aucune innovation substantive, soit en termes de la surveillance des droits humains, les limitations sur l’exploitation de ressources naturelles, ou les dates limites ou ultimatums pour un accord négocié, et a effectivement renouvelé le mandat de la MINURSO pour un an avec des exhortations normales au Maroc et au Front Polisario de « continuer les négociations sous les auspices du Secrétaire Général sans les conditions préalables et en bonne esprit. » La réaction du représentant du Polisario Ahmed Boukhari était sans éclat, exprimant  sa « satisfaction avec l’engagement du Conseil de Sécurité en faveur d’une solution politique au conflit du Sahara Occidental basée sur le droit inaliénable des Sahraouis à l’auto-détermination »  et son regret que la MINURSO reste la seule opération de maintien de la paix sans un mécanisme de surveillance des droits humains.

     Les réactions en privé, avec les responsables du Polisario avons qui nous avons eu l’occasion de parler, étaient un peu plus révélatrices. Un membre du Conseil national sahraoui (pseudo parlement de la RASD) a parlé le lendemain de l’adoption et a qualifie les déclarations de Boukhari applaudissant la résolution No.2152 comme une façade diplomatique, car en réalité la résolution a marqué « une régression pour la cause sahraouie. » Le Maroc et de ses amis, la source a ajouté:

     

    ont élaboré un plan  pour enterrer la cause sahraouie le 30 Avril 2015. Les Marocains disent déjà que la résolution 2152 sera la dernière avant que l’ONU ne reconnaisse le plan d’autonomie comme la meilleure solution au conflit. Parallèlement, les dirigeants du Polisario n’ont même pas levé le petit doigt lorsque le roi du Maroc a visité le Sahara avec sa femme et ses enfants[3]pour défiler dans les rues de ses villes et montrer au monde qu’il se sentait comme chez lui et que les gens du Sahara lui doivent allégeance. Les dirigeants du Polisario étaient plus préoccupés par la politique interne de l’Algérie que par la direction que la question du Sahara pourrait prendre résultant d’une résolution favorable au Maroc comme celle qui vient d’être adoptée. Le président de la RASD et ses principaux lieutenants passaient la plupart de leur temps à analyser l’élection présidentielle algérienne et son impact, au lieu de répondre aux initiatives du Maroc telles que la visite du roi au Sahara et son lobbying du Secrétaire général de l’ONU.

    S’adressant à nous, presque une quinzaine de jours plus tard, le conseiller de Mohamed Abdelaziz cité ci-dessus a donné une évaluation de la situation qui, bien que plus mesurée dans le ton, était tout aussi sombre que la réaction du membre du Conseil national sahraoui. Suite à la Résolution 2152, le conseiller a fait valoir que le Polisario se trouve à un tournant pour lequel il n’était pas préparé. La résolution appelle à des progrès vers une solution mutuellement acceptable, mais les positions des deux parties restent divergentes et, en effet, irréconciliables. Le Polisario continuera à insister qu’il ne puisse y avoir une solution autre que celle basée sur un référendum qui offre plus d’une option, dont l’une doit être l’indépendance totale. La source a continué:

     

    Le problème est que, contrairement à la situation des années précédentes, le Polisario est mal placé pour imposer cette solution. La situation a changé, et elle est de plus en plus défavorable pour Polisario. L’Algérie est dans une phase de stagnation, où la prise de décision est très lente. À l’heure actuelle, l’Algérie est complètement prise avec ses propres problèmes et préoccupations, beaucoup plus que ce qu’il était le cas même au cours de sa décennie de guerre contre le terrorisme islamiste. Donc, le meilleur qu’Alger peut offrir est de maintenir sa position historique et son aide traditionnelle au Polisario, choses qu’elle ne peut vraiment changer de toute façon. Les Algériens sont inquiets au sujet de la succession présidentielle, qui est de plus en plus risquée. Il est devenu clair lors de la campagne de l’élection présidentielle que les Algériens ont peur de l’avenir. Nous n’avons pas besoin de cette stagnation en Algérie au moment où la population des camps des réfugiés augmente de plus en plus, et nos besoins matériels augmentent également. En plus de cela, il y a un sentiment palpable de fatigue de la part des partisans internationaux du Polisario, qui envoient de l’aide alimentaire et écoutent poliment les envoyés du Polisario, mais ils murmurent sur ​​la question du Sahara afin de ne pas perturber le Maroc ou ses alliés. L’Afrique du Sud est un exemple. La dernière visite en Espagne par le Premier Ministre Abdelkader Taleb Oumar en est un autre. Celle-ci s’est déroulée presque en silence, alors que dans le passé, cela aurait été un événement important pour les médias espagnols et la société civile.

    Il semble, d’autre part, que la direction du Polisario a eu le temps de tirer quelques conclusions pratiques de cette évaluation sombre de la situation. Selon la même source:

     

    Pour toute leur expérience, tirée d’années d’activisme, les représentants du Polisario et de la RASD à l’étranger ont besoin d’un nouvel élan. Le Polisario doit prendre les leçons appropriées et se préparer pour ce tournant stratégique. Les campagnes de défense des droits humains qui n’ont pas le soutien massif d’autres acteurs ne peuvent réussir. Le Polisario ne peut pas imposer un référendum sur l’indépendance seulement en organisant des comités pour défendre les prisonniers politiques. Nous avons besoin d’une nouvelle stratégie. C’est le message que le président Mohamed Abdelaziz a transmis lors de la dernière réunion du Secrétariat national juste avant les célébrations du 41e anniversaire du Polisario. En outre, il a donné quelques indications sur ce que pourrait être la stratégie. Par exemple, le Polisario doit prendre l’initiative pour trouver l’appui à sa demande pour une solution basée sur un référendum de la part partis politiques marocains et des associations professionnelles. Mohamed Abdelaziz a posé une question légitime: pourquoi faut-il que les Sahraouis se sentent obligés de négocier exclusivement avec l’Etat marocain? Ils ont besoin de créer un mouvement au Maroc, et même au sein de l’établissement marocain, qui est sympathique avec et en faveur de leur cause. Et quand certains membres du Secrétariat national ont évoqué la possibilité que les Algériens pourraient avoir des réserves sur une telle stratégie, Mohammed Abdelaziz avait de la difficulté à rassurer les participants quant à la position de l’Algérie. L’Algérie, il a dit, n’a pas de réserves quant à cette orientation, et elle n’a pas l’intention d’intervenir.

    [1] Le Polisario pourrait été encouragé à le croire étant donné l’expérience de la période qui a précédé la dernière réunion de UNSC sur le Sahara occidental en 2013, au cours de laquelle la France aurait indiqué qu’il ne utiliserait pas son veto pour bloquer une proposition initialement présentée par la délégation des États-Unis d’inclure la surveillance des droits humains dans la mission de MINURSO, selon des diplomates proches du Groupe des Amis du Sahara Occidental cité par Reuters. 
    [2] Dans une conversation téléphonique avec M. Ban le 11 Avril, le Roi du Maroc a exigé que le rôle de l’ONU au Sahara occidental reste inchangé, en évitant les « approches biaisées » et « options difficiles », et a souligné la nécessité de « préserver les paramètres de négociation tel que défini par le Conseil de Sécurité. » 
    [3] Le 19 avril, juste après le Conseil de Sécurité a commencé ses consultations sur le brouillon qui est devenu Résolution 2152.
    Ambassador Edward M. Gabriel, Ret. 
    President and CEO 
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  • Sahara Occidental : La MINURSO a démissionné de ses fonctions (Ignacio Cembrero)

    “Il y avait des inquiétudes au Maroc avec le gouvernement de coalition, cela s’est déjà estompé”

    “Tout cela était pacifique jusqu’à l’intervention marocaine pour démanteler le camp, dans les forces marocaines il y avait 11 morts”, se souvient Cembrero

    “Ces dernières années, plus de 300 observateurs, journalistes, travailleurs humanitaires ou parlementaires ont été expulsés par le Maroc des territoires occupés du Sahara occidental”, Hassanna Aalia

    Deuxième session de «Le conflit sahraoui aujourd’hui. L’Europe face à la décolonisation en cours ” organisée avec le GUE / NGL

    Deuxième session de la conférence Le conflit sahraoui aujourd’hui. L’Europe avant la décolonisation en cours organisée par la quatrième puissance et le groupe parlementaire européen GUE / NGL. A cette occasion, et à l’occasion du dixième anniversaire du camp de Gdeim Izik, une manifestation qui a mobilisé des dizaines de milliers de sahraouis dans les territoires occupés par le Maroc, le journaliste Ignacio Cembrero, la militante sahraouie Hassanna Aalia et la militante Canarienne Silvia García. Trois personnes qui, sous des angles différents, ont participé à cette mobilisation massive. En outre, l’événement en ligne a été présenté par l’eurodéputé Miguel Urbán et animé par le journaliste de ce journal, Miguel Muñoz.

    Aalia s’est retournée pour se rappeler comment «à Gdeim Izik nous avons réussi à vivre 28 jours en liberté dans les territoires occupés», une aspiration difficile dans cette zone militairement occupée par le régime marocain. «C’était une manifestation bien organisée, les sahraouis ont organisé de nombreux comités, par zones, qui travaillaient sur les besoins de base», se souvient ce militant, qui a poursuivi: «C’était historique de voir les visages de femmes, de personnes âgées, d’enfants, vivre librement sur ce territoire. Le 24 octobre, l’armée marocaine a assassiné un enfant et il y a eu des arrestations, de nombreux médias ont également été expulsés ».

    Cet activiste a également analysé la situation actuelle du peuple sahraoui. Depuis des jours, des dizaines de coupent l’autoroute de Guerguerat, une enclave qui relie le Sahara occidental à la Mauritanie. «Les Sahraouis continuent de protester. Nous allons atteindre la dignité, la liberté et vivre dans la dignité », prévient-il. Et il rappelle à quel point la situation dans les territoires occupés continue d’être grave pour les droits humains de la population sahraouie: “Ces dernières années, plus de 300 observateurs, journalistes, travailleurs humanitaires ou parlementaires ont été expulsés par le Maroc des territoires occupés du Sahara occidental” . Il revendique également “des pressions pour résoudre la situation de 44 prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines” et rappelle qu’à Gdeim Izik il reste “200 prisonniers politiques en liberté provisoire en attente de jugement”.

    De son côté, le journaliste Ignacio Cembrero, qui a rendu compte sur place de la manifestation de Gdeim Izik il y a dix ans, se souvient: «La difficulté de raconter dans mon journal à l’époque, El País, ce qui se passait. Aussi la difficulté d’entrer dans le Sahara et le camp, était une tâche impossible, le Maroc n’a pas émis le document, mais les réseaux sahraouis nous ont aidés à entrer ». Le journaliste a raconté comment il est entré dans le camp: «Dans une voiture, ils m’ont déguisé en sahraoui et une femme obèse s’est assise sur moi pour me cacher. Puis, lorsque nous sommes arrivés au camp, nous avons trouvé la police sahraouie. Dans le camp de dignité, les gens ont parlé librement. “

    A cette époque, la manifestation sahraouie a ouvert les principaux journaux et journaux espagnols: “Elle a eu un écho car elle a fini par prendre en considération dans la presse que c’était important”. “Tout cela était pacifique jusqu’à l’intervention marocaine pour démanteler le camp, dans les forces marocaines il y avait 11 morts”, se souvient-il. Après le démantèlement violent du camp par les forces d’occupation, «les affrontements se sont déplacés vers la ville d’El Aaiún», raconte Cembrero, racontant comment «le sale boulot» que les agents marocains n’ont pas fait a été effectué par les colons.

    Concernant le moment actuel, le journaliste affirme que le conflit, pour les sahraouis, “a empiré, il n’y a pas eu de mobilisation comme ça, il est très difficile d’y parvenir”. D’autre part, il dénonce que “la MINURSO a démissionné de ses fonctions” et “depuis mai de l’année dernière nous sommes sans envoyé spécial des Nations Unies au Sahara et sans négociation”. Il reconnaît les avancées en matière judiciaire du Front Polisario au cours de ces années, bien que l’Etat espagnol dans ces processus judiciaires ait fait cause commune avec le Maroc, et s’interroge: «Le blocus de l’autoroute Guerguerat, où se trouvent des civils sahraouis soutenus par le Polisario, combien de temps ça va durer? Ce barrage routier fait mal au Maroc, mais bien plus à la Mauritanie ». Et sur la position adoptée par l’actuel gouvernement espagnol, il analyse: «Je pense que cela fait partie des engagements de Podemos de ne pas aborder cette question de la part du gouvernement. Il y avait une certaine inquiétude au Maroc lorsque le gouvernement de coalition a été organisé, cette préoccupation s’est estompée ».

    La troisième personne interrogée, la militante Silvia García, était présente au camp il y a dix ans, l’une des rares observatrices internationales présentes. «C’était quelque chose d’assez curieux, les principales chaînes nous ont appelés pour témoigner. C’était une façon pour les médias de se souvenir que c’est un conflit qui existe et que l’Espagne y est pour beaucoup », dit-il. “Je perds quels sont les outils pour pouvoir contribuer à une situation qui persiste encore, j’y ai réfléchi pendant ces dix années”, reconnaît García, sur la manière de dénouer le conflit sahraoui. «Des espaces comme celui-ci nous aident, au moins, à ne pas l’oublier», se dit-il.

    Source : Cuarto poder, 6 nov 2020 (traduction non officielle)

  • Nice attack: Tunisia will accept deportees from France if judicial rights guaranteed

    Tunisia will accept all Tunisian migrants deported from France following the fatal stabbings at a church in Nice as long as all judicial appeals have been exhausted, its interior minister said on Friday. The French Interior Minister Gerald …

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    Tags : Tunisia, France, deportation, terrorism, 

  • Les Marocains et l’argent

    Fric, sou, oseille, flouze, blé, pépètes, thune, pèze, maille, galette… les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier le pognon. Jusqu’où vont les magouilles ? Les Marocains se mentent-ils à eux-mêmes pour s’enrichir en faisant fi de leurs principes ?

    par HICHAM BENNANI

    « Pour rémunérer le plébiscite du vice-roi, l’Etat a injecté 7 milliards de ressources publiques d’un coup dans un petit patelin qui était encore inconnu il y a quelques années ! Le désintérêt de l’Etat pour une redistribution véritablement rationnelle et équitable saute aux yeux ! ». Cette vérité de la Palice a été lâchée par l’économiste Fouad Abdelmoumni le vendredi 23 mai lors d’un colloque intitulé L’argent et l’éthique.

    La manifestation qui s’est déroulée à Rabat a été mise en place par la revue Economia et le Centre d’Etudes Sociales, Economiques et Manageriales (HEM) en partenariat avec la fondation Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG). Une vingtaine d’économistes, sociologues, politologues, anthropologues, philosophes ou encore professeurs ont échangé leurs réflexions sur une vaste question : comment ouvrir les yeux sans être aveuglé par l’argent ? S’intéressant de très près à la réalité marocaine, le colloque a aussi évoqué d’autres contextes pour favoriser une approche comparative. Vieux comme le monde, ce débat démontre que l’argent qui était censé accompagner l’autonomisation des individus engendre aujourd’hui l’effet contraire. L’argent régit le monde. En profonde mutation, la société marocaine possède un rapport spécifique à l’argent, codifié par des lois, avec en toile de fond le poids des traditions, de la religion et du passé. Quels rapports entretiennent les Marocains vis-à-vis de leur portefeuille ? Se dirigent-ils tout droit vers le mur de l’individualisme ? Est-ce que l’enrichissement se fait toujours dans le respect des règles éthiques ? Plusieurs intervenants du colloque ont répondu au Journal Hebdomadaire afin de mettre en lumière la relation ambiguë que les Marocains entretiennent avec l’argent

    S’enrichir facilement

    Abdelsselam Aboudrar, président de la commission anti-corruption à la CGEM démontre que despotisme et économie de rente ont sévi pendant des décennies, voire des siècles, et permis à un grand nombre de personnes et de familles de s’enrichir de manière indue. D’où la conviction chez le plus grand nombre que la richesse est rarement légitime et méritée mais est plutôt acquise par des moyens douteux. Kamel Mesbahi, membre dirigeant de Transparency Maroc, a animé la séance du colloque intitulée : « Argent transparent, argent juste. Dilemmes éthiques et socio-économiques ». Sa théorie est la suivante. Le rapport qu’entretien un peuple avec l’argent n’est que le condensé d’une construction plurielle dans la durée. Plusieurs facteurs participent à la mise en place de ce lien et aux formes de son évolution : l’histoire, la culture, l’état de l’économie, la nature des besoins, satisfaits ou pas, le niveau de confiance ou de défiance entre acteurs, le statut du droit et le degré d’effectivité de ses textes. L’acte de recevoir et celui de donner créent des situations à la limite du comportement schizophrène. Les Marocains sont beaucoup plus attentifs et exigeants dans le premier cas, et plutôt réticents, équivoques et plaintifs dans le second. A tel point que leurs liens à l’argent transcendent leurs différences et homogénéisent leurs comportements. Leurs positions par rapport aux impôts en témoignent. « Quand j’entends un haut responsable déclarer que 2/3 des entreprises marocaines ne paient pas d’impôts, ou encore quand certaines estimations laissent entendre que moins de 200 entreprises paieraient entre 60 et 65 % du montant global de l’IS, cela préoccupe et confirme que devant l’acte de donner, le comportement actuel des Marocains devant l’argent n’est pas seulement complexe, il est surtout porteur de risques pour la construction d’une économie moderne et pour la consolidation du lien social » dénonce l’économiste. Pour le journaliste Driss Ksikes, la situation est tout aussi alarmante : les Marocains n’ont pas un rapport « spécialement » complexe avec l’argent et le désir de (tout) pouvoir par l’argent est universel. Le directeur de rédaction de la revue Economia explique que ce qui est nouveau dans le contexte marocain est l’aptitude à s’enrichir facilement par la spéculation, qui s’ajoute à d’autres facilités, ancrées dans la société et ne répondant pas à des règles éthiques, comme l’argent de la drogue, de l’héritage monopolisé par « le mâle » ou du fisc détourné pour construire « sa grande villa ». Il y a dans cette situation quelque chose de l’ordre de l’égoïsme pur. L’argent est perçu comme un moyen pour « changer de statut social » et nullement comme un moyen pour « échanger avec les autres classes sociales » dans le cadre d’un vivre ensemble normé et régulé.

    L’archaïsme musulman

    En évoquant de but en blanc la houleuse question de l’héritage, Driss Ksikes pointe du doigt le caractère profondément « machiste » des religions monothéistes. L’éthique et l’équité, au vu du contexte actuel, voudraient qu’hommes et femmes héritent à parts égales. « Mais encore faut-il que les musulmans sachent se débarrasser d’un dogme aussi archaïque » poursuit-il, avant de préciser que le problème n’est pas particulier au Maroc : « Tous les pays arabes, qui prennent l’héritage musulman au pied de la lettre, ont du mal à favoriser l’équité sociale sur les conventions coraniques ». L’éthique concerne les questions du bien et du mal, du juste et de l’injuste par rapport aux codes qui sont censés régir la vie en société. Elle renforce et inspire le droit et la légalité mais ne peut prétendre s’y substituer. Autrement dit, dès lors que l’on dissocie le droit de la morale, une part importante du comportement est laissée à la liberté des individus. Chacun serait donc libre d’agir comme il l’entend, dans le respect des lois. Ce principe n’aurait aucune portée s’il n’était pas complété par celui de la responsabilité. « Lorsqu’on constate qu’au Maroc, une catégorie sociale dépense en moyenne 12 fois plus qu’une autre, cela est peut-être statistiquement légal, mais est-ce éthique devant le dénuement total des franges les plus pauvres ? » se demande Kamal Mesbahi. Lorsqu’il s’agit de comparer le cas marocain à un pays comme la France, le témoignage de l’anthropologue Michel Peraldi brille de pertinence. D’après lui, il ne faut pas confondre en matière d’argent, ce qui est moral, légal et pénal. Comme dans toutes les sociétés, ce qui est moral est défini par la culture, donc a toujours un caractère local. Ce qui est légal est défini par le droit. « Nous n’avons pas tous la même culture du droit, notamment, à propos des inégalités d’héritage et de succession » énonce Michel Peraldi. Et d’ajouter : « Ce qui est pénal est défini par l’Etat, et là encore nous n’avons pas tous le même rapport à l’Etat ». Les moralistes à tous crins auraient donc tendance à faire trop d’amalgames

    Bricolage financier

    Dans chaque société, les règles du droit tracent la frontière entre « argent sale » et « argent propre ». Comment la délimiter au Maroc ? Toute transgression de la loi en matière de production des richesses constitue une source d’argent sale : actes commerciaux illégaux, corruption, détournement de biens publics, criminalité en tous genres. « On devrait y ajouter le fruit d’activités légales mais non déclarées » ironise Kamel Mesbahi. La pratique du noir, notamment dans l’immobilier et le foncier est le parfait exemple de ce processus. « L’argent sale devient une véritable menace pour l’économie de plusieurs pays et pour la stabilit é de leurs institutions » indique-t-il. La raison est cartésienne. Comme pour la monnaie, l’argent sale finit par chasser l’argent propre, notamment en agissant artificiellement sur la hausse des prix des facteurs de productions et la création de bulles spéculatives sur plusieurs produits. Le professeur Driss Khrouz s’inscrit dans la même sphère de pensée. Directeur de la bibliothèque nationale, il pense qu’au-delà de la question légale, ce qui est intéressant est la perception que les Marocains se font de l’argent propre et de l’argent sale et les relations qu’elles entretiennent à travers l’argent de façon générale. Pour ce spécialiste, « la notion de rizk occulte l’origine pour ne s’intéresser qu’à l’utilisation de la richesse. Les riches sont courtisés pour leur richesse et on ne se pose pas la question de l’éthique, surtout quand le riche est caritatif et entretient des réseaux qui dépendent de ses bonnes volontés et de ses distributions ». La frontière entre argent propre et argent semble donc difficile à tracer d’une ligne claire. Les ouvrages du célèbre philosophe Ibn Khaldun définissent l’argent sale comme celui de l’usure, ce qui n’est pas le cas de l’argent gagné dans des commerces lointains, au prix de grands dangers. La frontière entre le licite et l’illicite est également obscure. Le travail de terrain de Hsaïn Llahiane, professeur à l’Iowa State University intitulée « Quelles représentations de l’argent halal dans l’imaginaire des Marocains ? » a eu le mérite durant le colloque de traiter de l’épineuse relation entre argent et religion. Il bat en brèche le plan de communication des banques aux formules islamiques. Ses recherches démontrent que la monnaie en islam est en dernier ressort un moyen d’échange. La définition du comportement halal ne serait qu’un « bricolage financier » : l’argent, outre son acception économique et sociologique, comporte une dimension culturelle et religieuse. Il obéit à une distinction morale entre halal et haram. Pourtant, ce qui est permis ou proscrit par la religion dépend beaucoup de l’interprétation des textes religieux. Faut-il s’en tenir à la lettre ? Faut-il faire fi du contexte ? « Certaines interprétations littérales extrêmes vont jusqu’à décréter licites tous les revenus provenant de la contrebande et de trafics divers pour peu qu’on paie la « zakat » dessus et qu’on pratique la « sadaka » » analyse Abdesselam Aboudrar, directeur adjoint de la CDG. Et de poursuivre : « certains vont même jusqu’à considérer que c’est l’impôt « laïc » qui est illégitime car non prescrit et non utilisé dans « la voie de Dieu ». Peu leur importe les impacts nocifs de ces trafics sur la santé des citoyens et l’économie du pays, et peu importe d’utiliser les infrastructures et les services publics en refusant de contribuer à leur financement ! ». Il nuance ses propos en déclarant que dans l’absolu, le message religieux bien compris ne peut permettre des interprétations et déboucher sur des comportements non éthiques.

    L’autarcie des riches

    Au Maroc, certaines personnes font le choix de ne pas recourir à un crédit (pour des raisons religieuses) alors qu’elles sont dans le besoin ou pourraient faire de bonnes affaires. D’autres construisent des mosquées pour blanchir leur argent. N’y a-t-il pas un malaise de certains Marocains vis-à-vis de l’argent à cause de la religion qui est très présente dans le pays ? Non ! fustige Driss Ksikes. Ce dernier préfère tirer à boulets rouges sur la banque universelle. Les concernés n’auraient pas un problème avec l’argent (ils thésaurisent, réinvestissent…) mais un manque de confiance en l’intermédiaire. En ce sens, l’islam n’est pas une religion austère, il encourage le gain. Il ne s’agit pas d’une affaire de religion, mais de préjugés. « La banque demeure encore très loin de la société, une île à part, peuplée par des gens qui s’enrichissent grassement sur le dos des autres ». Pour Driss Ksikes, les banques doivent faire un triple effort : se démocratiser, s’autoréguler davantage et se mettre à la concurrence. C’est un secret de polichinelle, le système marocain s’auto-protège par une forme d’autarcie qui profite aux plus riches. Une anecdote datant de 1999 illustre admirablement un exemple de l’état d’esprit de certains Marocains lorsque argent et religion sont dans le même sac. À l’époque, l’Etat soumet au Parlement un projet de loi relatif aux activités de microcrédit. Le PJD, nouvellement présent dans l’hémicycle, se retrouve confronté à la première occasion de s’attaquer à ce qu’il présente comme une négation d’un texte explicite de la loi coranique. Il mène alors sa plus grosse campagne contre cette loi, et descend dans la rue pour dénoncer le système de microcrédit, à travers la presse, les meetings et les prêches dans les mosquées. Les associations qui s’adonnaient alors à cette activité servaient des dizaines de milliers de clients, qui ont tous été alarmés par le risque d’être en contradiction avec un édit religieux formel. Ils se sont adressés aux associations pour demander des explications, et celles-ci n’ont pu que leur donner les indications selon lesquelles elles n’exigeaient que ce qui est nécessaire pour garantir l’offre pérenne du service de financement. Lorsque ces personnes sont revenues vers les prêcheurs pour leur dire qu’elles étaient tout à fait prêtes à cesser tout commerce qui risquerait d’être contraire à la loi religieuse, mais qu’il faudrait qu’on leur offre une alternative viable, les chantres du PJD ont répondu qu’ils ne disposaient d’aucune offre autre que celle de s’en remettre à Dieu. Les 20 000 clients concernés sont aujourd’hui au nombre de 500 000, toutes couches populaires confondues, dans tous les métiers, milieux urbains et ruraux.

    Corruption flagrante

    Pour revenir aux formules bancaires islamiques, elles sont adoptées par de grands groupes internationaux et ce n’est certainement pas par pour faire plaisir aux musulmans… Ces groupes offrent la possibilité de capter des fonds et de consolider leurs encours, voire de bancariser des gens qui ne l’étaient pas pour des raisons de convictions ou d’éthique. Autant de flux financiers utiles pour le fonctionnement de l’économie. Kamel Mesbahi trouve que ce qui est surprenant au Maroc, « c’est que nous ayons attendu tout ce temps-là pour commencer à réfléchir sur la question des formules bancaires islamiques ». La raison ne serait-elle pas à chercher ailleurs ? Notamment au niveau des barrières d’entrée du secteur financier marocain. Mais ceci est une autre histoire. Fouad Abdelmoumni n’y va pas de main morte dans sa conception de ces formules bancaires qu’il qualifie de « supercherie ». « Dès que nous passons à une échelle massive des financements et une échelle réduite des entreprises financées, la prétention de faire du financement de type sociétaire, avec un risque capitalistique pour le financier, ne peut tenir la route » explique l’économiste. Les bailleurs « islamiques » utilisent donc des noms trompeurs qui ne sont que des leurres. Suite à ces réflexions, la vue du triste tableau des rapports entre les Marocains et l’argent ferait hérisser les poils de plus d’un observateur. Le Maroc est pratiquement le seul pays du monde où il n’existe aucune fondation spécialisée dans le financement des activités associatives. Plus grave, le bilan des recherches d’Abdesselam Aboudrar met en exergue la corruption du système marocain. Il parle d’un système de patronage généralisé dans lequel, à chaque niveau, le patron entretient et retient par des faveurs des clients indispensables à son maintien et à son rang. Il conclut que la colonisation et l’édification d’un Etat et d’une bureaucratie modernes sont loin d’avoir eu raison de ce système qui continue à doubler les rapports légaux et la hiérarchie administrative en les vidant de leur contenu. Ce chercheur prouve aussi fort habilement que la langue marocaine témoigne de la corruption qui gangrène le pays. Parmi les arguties décelées, figure le mot « Makhzen ». Ce terme séculaire pour désigner le pouvoir central, a une connotation financière renvoyant à un mode de « conservation » donc de prélèvement et de redistribution des produits de l’impôt. Pathétique constat. Comment les Marocains pourraient retrouver un rapport plus sain à l’argent ? « Par l’exemple visible et concret, systématique et généralisé, dans lequel la transparence, la méritocratie, le respect de la règle de droit et l’éducation sont les vecteurs majeurs et par le dépassement du sentiment d’insécurité qui fait que les gens n’ont jamais assez confiance en l’avenir pour arrêter leur course effrénée vers l’accumulation » répond sans sourciller Fouad Abdelmoumni.
    La légende colporte que les touristes ont souvent le souvenir d’un peuple généreux lorsqu’ils reviennent du Maroc. L’érosion du pouvoir d’achat de millions de Marocains, la précarité galopante, les conditions difficiles de la vie au quotidien font que ce « label » de générosité s’effrite de plus en plus. La privatisation des gains, la captation des opportunités d’affaires et la mutualisation des pertes semblent devenir les nouvelles formes de générosité à la marocaine…

    Le Journal Hebdomadaire, juin 2008

  • U.S. Relations With Morocco

    Morocco was one of the first countries to recognize the newly independent United States, opening its ports to American ships by decree of Sultan Mohammed III in 1777. Morocco formally recognized the United States by signing a treaty of peace and friendship in 1786, a document that remains the longest unbroken relationship in U.S. history. Full diplomatic relations began in 1905. Morocco entered into the status of a French protectorate from 1912 to 1956, and normal diplomatic relations resumed after U.S. recognition of Moroccan independence in 1956. The two countries have a long history of working together bilaterally and regionally.

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    Tags : Morocco, USA,

  • Sahara Occidental : El Guerguerat y la economía

    por ABDALAHI SALAMA MACHNAN

    Víctor Hugo, que además de un literato mayúsculo era un intelectual comprometido, escribió que es cosa fácil ser bueno, lo difícil es ser justo. He recordado esta reflexión tras ver como mis compatriotas Saharauis han replicado con sagacidad a la ONU, cerrando el paso fronterizo del Guerguerat ante “la inacción” del Consejo de Seguridad en aplicar el derecho internacional. El hartazgo y el tedio hacia la ONU han hecho mella en la paciencia de los saharauis, son muchos años de espera, y el Consejo de Seguridad les deja sin otra opción que intensificar su lucha. La lección extraída, aunque triste, es que aquello que no hagamos por nosotros mismos, nadie lo hará. Si necesitamos una mano amiga, la encontramos al final de nuestro brazo.
    La decisión de cerrar el paso fronterizo del Guerguerat, es acertada y ecuánime. Se ha llevado a cabo de manera cívica, sin recurrir a la violencia ni gastar una sola munición, salvaguardando en todo momento las vidas de nuestros conciudadanos. Un golpe de efecto sincronizado y ejecutado en el momento justo y en el lugar adecuado. Ha desconcertado al enemigo y asestado un duro golpe a su economía, y sin duda traerá nefastas consecuencias para la misma, cosa que la podría llevar a un escenario de recesión crónica.
    Hacer predicciones, solo basadas en la intuición y la conjetura, es algo arriesgado. Pero me atrevo, pues, a predecir algunos caracteres de la economía poscovid-19. En concreto: es probable que nos encontremos con una recesión de larga duración a nivel planetario. La tasa de crecimiento potencial de las economías avanzadas era débil antes del confinamiento, y seguirá siéndolo, porque el crecimiento de la productividad seguirá siendo bajo. ¿Cuáles son las razones? El cierre de muchas empresas tiene como efecto una pérdida de capacidad productiva. Una tasa de desempleo elevadísima y de larga duración, con la consiguiente pérdida de capital humano y de capital social. Una reducción de la inversión y de la producción de bienes y servicios, caída del consumo. Problemas duraderos en algunos sectores importantes.
    ¿Puede ir a peor la economía marroquí? Según los datos, rotundamente, sí. La devastadora crisis económica actual provocada por el COVID-19, podría desestabilizar por completo al reino alauita . Lo más probable es que la situación límite que vive su economía: la caída del turismo, el descenso de las remesas, el cierre del paso fronterizo del Guerguerat, la merma del subsector de transporte por carretera (viajeros y mercancías), la bajada de los precios del petróleo, la escalada de la inflación por el encarecimiento de los alimentos que se sitúa en 1,3 puntos, el aumento del desempleo, el 15% de la población vive en una situación de pobreza. Todo este cóctel agravará las desigualdades económicas y extenderán el malestar social.
    El cierre de fronteras y las restricciones a la movilidad también debilitarán al sector turístico. En Marruecos el turismo representa el 20% PIB (Producto Interior Bruto). La contracción económica tendrá un especial impacto en el desempleo y, sobre todo, entre jóvenes y mujeres. Debe tenerse en cuenta que Marruecos tiene un elevadísimo porcentaje de desempleo juvenil (un 26,0%), y un menor acceso de la mujer al trabajo asalariado (apenas un 20%), ya que muchas de ellas se ven abocadas al sector informal. Alrededor del 80% de los empleos son informales y las diferencias de ingresos son muy elevadas. En 2019, Marruecos ocupaba el puesto 123 de los 188 países del mundo en el Índice de Desarrollo Humano (IDH), detrás de Argelia (83º) y Túnez (97º). Es el país más desigual del norte de África, según la ONG Oxfam. Según diferentes previsiones, la pobreza aumentará de manera significativa en este país afectando al 25% de la población: un total de 8 millones de personas, lo que crearía una bomba de relojería de difícil gestión.
    Dicho lo anterior, ahora procederemos a examinar de forma minuciosa y detallada al transporte de mercancías que discurre por el paso fronterizo del Guerguerat, que, por cierto, es una actividad ilícita y contraviene las leyes y acuerdos firmados en el año 1991 de alto el fuego entre el Frente Polisario y el Reino de Marruecos bajo los auspicios de la ONU.
    Se calcula que antes de bloquear el paso fronterizo del Guerguerat del Sáhara Occidental hacia Mauritania, la media diaria de camiones pesados que cruzaban este punto es aproximadamente de 200 vehículos de alto tonelaje. Muchas leyes nacionales de terceros países limitan a 200 litros el gasoil que pueden cargar los camiones que atraviesan un puesto fronterizo; los camiones marroquíes que cruzan el paso fronterizo del Guerguerat en un acto piratería y dolo cargan hasta 1.500 litros, y no pagan IVA e Impuestos Especiales sobre el exceso. El tanque de un camión puede hacer hasta 1.500 litros de gasoil. En Marruecos cuesta 0,76 euros por litro, en Mauritania en torno a 0,98 euros por litro. Un camión marroquí, que llegue desde el otro lado atravesando el puesto fronterizo del Guerguerat ahorraría, echen la cuenta, algo más de 500 euros. Muchos camioneros marroquíes vienen en sus camiones hasta las cejas de combustible de contrabando y de algún que otra mercancía ilegal. Tampoco pagan la liquidación de impuestos en fronteras cuando atraviesan nuestro territorio (es aproximadamente de unos 700 euros). Los aranceles suponen una fuente de ingresos importante para cualquier estado, ya que es un impuesto de pago obligatorio: si no se abona, la mercancía no cruza la frontera. Y en nuestro caso, la zona del Guerguerat territorio jurídicamente Saharaui, ha estado durante los últimos 29 años escenario de pillaje por parte de los corsarios de un país ocupador cuyo eslogan es esquilmar recursos y riquezas. Ante tanta injusticia y abandono por parte la comunidad internacional hacia la justa causa del pueblo Saharaui; a uno le entran ganas de sollozar, de vaciar todas las lágrimas de su cuerpo, pero se contiene. Es tan tenue la frontera entre el sueño y la realidad.
    ¿Cómo llenar el vacío de la ONU y solucionar el tema del puesto fronterizo del Guerguerat? Dadas las reclamas de nuestro pueblo y la grave situación actual, solo hay una vía: sellar definitivamente este paso fronterizo o instalar un punto de control aduanero Saharaui permanente, que cobre los aranceles a cada medio de transporte de mercancías que entre. Y estampar en cada título de viaje o pasaporte un sello de entrada y de salida al territorio del Sahara Occidental.
    ABDALAHI SALAMA MACHNAN
    Fuente : Libres Opiniones, 3 nov 2020
  • Maroc : Mort de covid19, ses appels à l’aide sont restés sur Facebook

    La nouvelle a été relayée par la presse italienne. Valter Guiducci, un homme d’affaires italien installé au Maroc depuis dix ans, est mort de covid 19. Ses appels à l’aide sont restés sur son profil Facebook.

    Le 13 octobre, Guiducci avait écrit sur Facebook: “Et donc je suis de retour, positif au COVID 19, la deuxième fois en 10 mois. Je m’y suis maintenant abonné. Mis à part la fièvre à 39 degrés, les problèmes respiratoires et les jambes pratiquement bloquées je ne suis pas trop malade… “. Il a également dit qu’il avait encore beaucoup de travail à faire. Mais quelques jours après, le scénario de sa santé change et le 21 octobre à 6 heures du matin il écrit: «Amis surtout ceux du Maroc si vous pouvez vous autathem je me suis trouvé dans la mauvaise clinique et ils me donnent le visage (peut-être voulait-il écrire le coup) de la grâce . Je meurs, si quelqu’un me contacte Dr. Gentile du consulat de Casablanca pour que la seule possibilité qui me reste d’intervenir soit d’être transféré d’urgence en Italie “. 
    Et à la fin de la journée: “Je suis vraiment en mauvaise forme, tout peut arriver maintenant, mais je suis détendu et toujours prêt à me battre.” En réalité, d’après les commentaires, il semble que les médecins, consultés par des amis, ont tout fait pour essayer de le sauver mais que l’état de Guiducci s’est soudainement détérioré. Dans sa page Facebook, il y avait beaucoup de messages de sentimients d’amitié et de peine.
    Tags : Maroc
  • Libyan ceasefire agreement faces hurdles due to foreign intervention

    The signing of a permanent ceasefire agreement between Libya’s warring factions on October 23 was widely marketed as a watershed moment that would redress the country’s spiraling trajectory. Paving the way for the United Nations-hosted Libyan Political Dialogue Forum to relaunch…

    Read more from the source : Atlantic Council

     

     

     

     

    Tags : Libya, ceasefire, foreign intervention,