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  • Algérie-France : Petite pression, grand chantage

    par Abdou BENABBOU


    Les Algériens ont raison de se fâcher contre une frange d’intellectuels et de médias français qui érigent l’Algérie comme sujet de fixation, braquant leurs yeux avec le petit bout de la lorgnette à mauvais escient. La réaction officielle des autorités françaises était connue à l’avance à la suite de la légitime mauvaise humeur de la diplomatie algérienne et elles ont répété que leurs médias étaient libres et que la sacro-sainte liberté d’expression en France est couverte par une large liberté. Soit !

    Sauf qu’en la circonstance la bien nommée chaîne TV5 a tout d’un bras armé officiel qui ne s’est pas rendu compte de la nécessité professionnelle imposée à un de ses correspondants de faire la part des choses entre le fait d’informer et celui de manifester. La justice algérienne n’est quand même pas caractérisée par un niveau de débilité pour outrepasser son rôle et l’accomplir avec légèreté. L’impulsivité du documentaire télévisé par la chaîne française ne peut donc apparaître que comme une tentative de pression à la limite d’un chantage trop visible pour ne pas être décrié. Au cours des manifestations des gilets jaunes, on n’a pas vu un seul correspondant de presse contrarier sa profession en brandissant une hostile pancarte d’une main et une caméra d’une autre. Pour le reste, il n’est nul besoin de se perdre dans des considérations de géostratégie sinon de regretter de ne pas voir étaler toutes les informations que détient la justice. Les braises libyennes, syriennes, irakiennes et subsahariennes ne sont pas près d’être éteintes et il est de bon augure pour que tout soit dit.

    Ce n’est sans doute qu’un détail et la diplomatie se doit de dépasser les tenants des gestes et dits maladroits qui ne militent en aucun cas pour les peuples algérien et français. Pour peu que l’on s’instruise des malheureuses expériences passées, l’avenir pourrait être radieux pour la France et l’Algérie. La situation déplorable du monde actuel n’est pas du tout propice aux petits calculs qui déstabiliseraient davantage une région névralgique déjà sérieusement perturbée. Les deux peuples avec une conscience affirmée attendent à ce que d’autres chats soient fouettés.

    Le Quotidien d’Oran, 30 mai 2020

    Tags : Algérie, France, presse,

  • Confidentiel: Qui est derrière la production du doc diffusé sur France 5 ?

    DIA-28 mai 2020: Si toute l’Algérie connait le nom du réalisateur du documentaire controversé « Algérie mon amour » diffusé sur France 5 (Mustapha Kessous (en revanche personne ne connait les commanditaires de cette production, qui est en train de refroidir les relations entre l’Algérie et la France. Mustapha Kessous n’est en réalité qu’un simple journaliste de service, qui a été seulement chargé de réaliser des interviews en Algérie et surtout pour crédibiliser le produit aux yeux des médias algériens (Un reportage sur l’Algérie réalisé par un algérien).
    Mustapha Kessous qui est définitivement grillé en Algérie, n’était en fait qu’un pion dans l’échiquier. Il n’a pas été associé ni au montage, ni à la vente du documentaire pour France 5, ni bénéficié de l’aide du CNC et encore moins du choix de la date de sa programmation. Tout a été planifié à Paris, par une boite privée chargée par un lobby bien connu pour défendre les intérêts de la France et surtout pour réaliser des reportages et des documentaires sur des pays en conflit ou en désaccord avec le Quai d’Orsay. Le tout financé par l’argent public du contribuable français et à travers des télévisions publiques françaises. Et dans ce cas, France 5 n’est que le diffuseur et n’est pas responsable du contenu. 
    Le documentaire en question est produit par une société très connue sur la place de Paris, spécialisée dans le documentaire d’investigation à travers le monde. La société s’appelle « Premières lignes », dirigée par deux professionnels du doc politique. 
    Les dirigeants de Premières Lignes sont deux pionniers de l’investigation télévisée en France: Paul Moreira, journaliste réalisateur maintes fois primé, ex rédacteur en chef du Vrai Journal (CAPA) sur CANAL+ jusqu’en 1999, puis fondateur de 90 Minutes, le magazine d’investigation de référence de CANAL+. Et Luc Hermann, journaliste réalisateur et rédacteur en chef, avec une longue expérience à CNN et CANAL+.
    Paul Moreira, connait bien l’Algérie pour lui avoir consacré plusieurs reportages très controversés à l’époque de la campagne du « qui tue qui ». 
    Le 3 Mars 2003, il supervise et présente pour le compte du magazine « 90 minutes » de Canal +, une série de reportages sur l’Algérie dans le cadre du voyage du président Chirac en Algérie. Ses reportages sont réalisés par un personnage clé dans la campagne du « qui tue qui » et des campagnes haineuses contre le régime d’Alger à l’époque: Jean Batiste Rivoire. C’est notamment lui qui avait semé le doute dans l’affaire des moines de Tibhirine. 
    Parmi les reportages, un sujet est consacré aux conditions de l’implantation du groupe sud coréen Daewoo en Algérie en 1986. Un autre a été consacré à « la corruption au quotidien » en Algérie. Selon ce reportage, les fonds destinés à financer la construction de logements sociaux ont servi à acheter des chalets de luxe en provenance des Etats-Unis pour les dignitaires du régime en 1993.
    Autre documentaire très controversé « Khalifa, l’étrange milliardaire », le magazine d’investigation s’interroge sur la fortune de Rafik Khalifa et ses liens supposés avec le pouvoir militaire algérien, notamment avec Larbi Belkheir, l’homme le plus puissant et influant de l’époque. Le journaliste français s’attaque surtout à Khalifa Tv créée en septembre 2002, à Cannes. La télévision algérienne privée avait contre-attaqué en diffusant , en même temps un documentaire sur le malaise à Canal+ après la venue de Vivendi à l’époque de Jean-Marie Messier. Mais ce doc n’avait pas le même impact que les reportages réalisés sur l’Algérie et qui avaient à l’époque et comme aujourd’hui, refroidi les relations diplomatiques entre Paris et Alger. 
    Paul Moreira tout comme Jean Batiste Rivoire avaient une dent contre l’Algérie ou plutôt contre son régime et ne ratent pas une seule occasion pour tirer sur Alger. Dans ce tweet publié en janvier dernier, Paul Moreira dénonçait déjà la répression contre les manifestants à Alger. C’est à partir de cette opération qu’a commencé à germer une idée sur un doc intra-muros sur le hirak. Le reste de l’histoire on la connait. 
    Source : DIA-Algérie, 29 mai 2020
    Tags : Algérie, France, France 5, presse française, 
  • 26 Bangladeshi migrants killed in Libya attack

    The GNA interior ministry said in a statement on Thursday that 26 Bangladeshi and four African migrants had been killed in the town of Mizda and that 11 injured survivors were taken to a hospital in Zintan, Reuters reported. “We have just learned of this tragedy and are following up to get…

    Read more from the source : The Daily Star

     

     

     

    Tags : Libya, migrants, Bangladeshi,

  • Algeria's struggle against colonialism

    Algeria was a part of the Ottoman Empire between 1517 and 1830. Therefore, both Ottomans and Algerians influenced each other for over 300 years. Contrary to what some have claimed, this was not a one-way relationship between…

    Read more from the source : Daily Sabah

     

     

     

     

     

    Tags : Algeria, colonialisme, France, Ottoman Empire,

  • Médiapart reconnaît que la France mène une guerre médiatique contre l’Algérie

    Dans un article intitulé » La France prépare-t-elle une insurrection en Algérie ? » Médiapart évoque une guerre médiatique française contre l’Algérie.

    L’auteur de l’article, Albert Farhat, s’interroge sur la déformation des faits lors de la couverture des évènements en Algérie par les médias français et cette hostilité inégalée à l’égard du pays de million et demi de martyrs.

    Sans l’annoncer ouvertement, l’auteur de l’article indique implicitement qu’il s’agit d’une campagne de dénigrement qui n’a rien avoir avec l’exercice noble du métier de l’information ».

    “Suivre de très près les événements qui se déroulent dans un pays est une chose, se focaliser avec un tel acharnement en est une autre”, écrit-t-il, estimant que les médias français manquent de crédibilité et d’objectivité en se basant sur des analyses de pseudo-experts de l’Algérie.

    Il s’agit selon lui d’individus vendus en contrepartie de facilités d’obtention de visas pour la France, inféodés à la cause de la néocolonisation et affidés du deuxième bureau et de la diplomatie secrète, et qui ne prédisent que le chaos et la répartition de l’Algérie. « Devant le silence curieux et complice des autorités françaises, ces medias français de la zizanie dont France24, TV5, BFM-TV, M6 et C-News, s’acharnent à imposer leur vision apocalyptique de la situation actuelle de l’Algérie », écrit encore Albert Farhat.

    Ce dernier ajoutera que la France sombre de plus en plus dans la décadence et n’arrive pas à préserver son espace vitall dans le sillage des mutations géopolitique que connaît le monde, d’où la transformation de différents médias publics et privés en outils de propagande subversive, producteurs d’insurrections et d’instabilités dans les pays où elle est en train de perdre son influence et sa main mise, en raison de la perte de ses agents d’influence politique et économique locaux, débarqués ou emprisonnés ; le cas de l’Algérie est des plus éloquents.

    Algérie54

    Tags : France, Algérie, guerre médiatique,

  • Mauritania lockdown: helping the most vulnerable

    Back in March, the Mauritanian government acted swiftly – banning travel between regions, restricting outings and gatherings and imposing a curfew between 6pm and 6am. All markets were closed and only food shops remained open. Police vehicles…

    Read more from the source : Anti-slavery

     

     

     

    Tags : Mauritania, slavery, covid 19,

  • What does Libya’s ‘Syrianization’ scenario mean for key actors?

    Will the Libyan conflict lead to another faceoff between Turkey and Russia, similar to the one in Syria? It is a question that many in Turkey have been asking since the emergency security meeting that President Recep Tayyip Erdogan convened last week over the deployment of Russian…

    Read more from the source : Al-Monitor

     

     

     

     

    Tags : Libya, Syria, syrianization,

  • Le Maroc colonise le Sahara Occidental grâce au soutien de la France et des juifs marocains (historien yémenite)

    UN HISTORIEN YÉMÉNITE RÉPOND À UN JOURNALISTE MAROCAIN QUI A ATTAQUÉ LA MAURITANIE EN RAISON DE SES POSITIONS SUR LA QUESTION DU SAHARA.

    Je vous prie (Mr le présentateur) à quitter cette chaîne Tv et d’aller apprendre l’arabe au Levant, en Algérie ou en Mauritanie, car je suis surpris par votre ignorance de l’histoire et de la langue arabe.

    Premièrement: son nom est la Mauritanie, pas la Mauriithania. Les frontières dont vous parlez appartiennent à l’État des almoravides qui sont originaires d’une ville de la la région d’Adrar appelée « Azougui ».

    Ce sont eux (les almoravides )qui ont gouverné le Maroc et le Sahara occidental. Ils ont donc le droit de revendiquer le Maroc comme faisant partie de leur pays. Même dans l’Antiquité, le Maroc faisait partie de la Mauritanie Tangéenne.

    En ce qui concerne les habitants du Sahara occidental, il leur suffit que les Nations Unies et la Cour de La Haye les reconnaissent. en plus du fait qu’ils sont l’un des fondateurs de l’Union africaine.

    Si le Sahara occidental était marocain, pourquoi alors au début de son occupation, le Maroc aurait-il accepté de le partager avec la Mauritanie, avant que cette dernière ne s’en retire?

    Et pourquoi le Makhzen marocain aurait proposé.le système d’autonomie interne ?

    Si le régime marocain avait l’assurance ,en la marocanité du Sahara , pourquoi n’aurait-il pas permis un référendum équitable, sous la supervision des Nations Unies?

    N’aurait été le soutien de la France et le rôle de la communauté juive marocaine en Israël et en Occident, vous n’auriez pas colonisé le Sahara occidental.

    Où étiez-vous, lorsque les Sahraouis se battaient seuls, contre les Espagnols, avant la malheureuse conférence de Madrid qui ressemblait à la Déclaration Balfour?

    Les Espagnols vous ont donné le Sahara occidental, comme pour punir les Sahraouis, en échange de prendre (avec votre consentement) environ 35% des revenus des minérais du Sahara ,d’exploiter indefiniment ses ressources maritimes et de vous céder les iles Ceuta et Melilla.

    Avant l’annonce de la création du Sahara occidental, le martyr Moustafa El-Sayed El-Wali avait contacté l’agent français « Allal El-Fassi », demandant l’aide du Maroc aux Sahraouis, dans leur lutte, contre l’occupation espagnole.

    La réponse du sioniste El Fassi ,a été ,que le Maroc n’était pas prêt à perdre sa relation avec l’Espagne, pour satisfaire une poignée d’éleveurs de chameaux !!!

    Quant à votre histoire, dont vous parlez, elle est dictée par vos maîtres français. La sédition dont vous souffrez, qui prone l’émancipation de l’ Amazigh berbère, anti-arabisme et islam est une planification sioniste française.

    Au lieu d’insulter vos frères arabes musulmans, liberez vous d’abord,de vous incliner devant le souverain qui vous asservit.

    Nettoyez vos villes de la prostitution et de la mendicité, plutôt que d’en vouloir à des pays connus pour la piété et la foi, comme la Mauritanie.

    Hier, j’ai défendu le Maroc contre le journaliste saoudien, qui vous a humilié , encore qu’il dit la vérité, mais votre persistance à attaquer vos frères ,dépassant toute éthique,m’a provoqué et m’a fait crier la vérité.
    Dr Hussein Bahamid Al-Hadrami (Doctorat en histoire et géographie)

    Source : Akhbar Nouadhibou

    Traduit par adrar.info

    Source : Adrar Info

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Mauritanie,


  • France-Algérie : “Les crimes coloniaux étaient un génocide”

    Quand un gouvernement qui n’a pas fait d’autocritique sur son passé colonial et qui se comporte comme il se comporte à Mayotte (entre autres), se croit bien placé pour donner des leçons de démocratie au monde, quand en plus ses leçons se font au son du canon comme en Libye ou en Côte d’Ivoire, il ne faut pas s’étonner qu’il se prenne des retours de bâtons…

    Et cela n’a rien à voir avec une juste reconnaissance du génocide arménien à ne pas confondre avec l’opération électoraliste à laquelle on vient d’assister…

    L’historien et ancien président de l’association du 8 Mai 1945 [1], Mohamed El-Korso, ne mâche pas ses mots. Pour lui, il est indéniable que le mot “génocide” s’applique parfaitement aux crimes coloniaux perpétrés par la France en Algérie. Joint hier [le 24 décembre] au téléphone, il a réagi à la polémique qui fait rage entre Paris et Ankara en abondant dans le sens du président Erdogan :

    “Quand vous avez un colonel de la colonisation qui dit : ’Je coupe les têtes’, il ne parle pas de couper des têtes des artichauts, mais celles des Algériens. L’intention de liquider par le sabre et le fusil est réelle et non fictive. Les “enfumades” et les “emmurements” qui ont décimé des tribus entières, comment qualifier cela ? martèle-t-il, avant de lancer :

    “Le colonel Montagnac disait : ’Tuez tous les hommes à partir de l’âge de 15 ans.’ Est-ce que ça, ce n’est pas un génocide ? Les Cavaignac, Bugeaud, Pélissier ne sont pas venus en villégiature. Ils sont venus liquider tout un peuple et ils ne pouvaient prendre la place de ce qu’ils appelaient les ’autochtones’ sans commettre de génocide.”

    Mohamed El-Korso fournit quelques faits édifiants à ce propos :

    “L’armée coloniale expérimenta l’extermination par le gaz un bon siècle avant l’Allemagne nazie. Les enfumades et emmurements dans le Dahra – dans la région de Mostaganem – des (tribus) Sbehas en juin 1844 par le colonel Cavaignac et des Ouled Riah le 19 juin 1854 par le colonel Pélissier ; les fours à chaux de Guelma (mai 1945) ; les cuves à vin (1957) des colons de Tlemcen, Sidi Bel-Abbès ou Zéralda ; le gazage des habitants du Dahra qui s’étaient réfugiés dans Ghar Layachine (1959) – pour ne citer que ces quelques exemples – ne sont nullement une vue de l’esprit.
    Le charnier de Chréa, dans la wilaya de Tébessa, qui compte pas moins de 651 cadavres en dit long sur ’l’œuvre accomplie par la France en Algérie’” [2].

    Revenant à la crise franco-turque, Mohamed El-Korso considère que l’attitude française dans cette affaire est “schizophrénique” :

    “La France se permet de donner des leçons aux autres, alors qu’elle ferait mieux de donner des leçons à elle-même. C’est une attitude schizophrénique. On reconnaît les crimes des autres, mais pas ses propres crimes.”

    “Sarkozy invite chaque pays à regarder son passé et à en tirer les conclusions qui s’imposent. Est-ce que la France a le courage de regarder le sien ? Au lieu de cela, ils ont institué une Fondation pour l’écriture de l’histoire afin de blanchir les crimes de la colonisation.”

    Le professeur El-Korso note que “c’est le Parlement français qui est en train d’écrire l’Histoire”. Il rappelle en l’occurrence l’épisode de la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance du “rôle positif” de la colonisation ainsi que le vote d’une loi sur les harkis.

    Mohamed El-Korso salue la position du Premier ministre turc.

    “L’attitude d’Erdogan est digne. C’est une véritable secousse”, se réjouit-il. “L’attitude française vis-à-vis de la Turquie n’est pas culturaliste, mais éminemment politique. C’est une provocation. Et la réaction d’Erdogan est à la mesure de cette provocation.”

    Pour lui, le timing de cette dernière loi trahit des “visées électoralistes”. “Sarkozy ressort ces questions à la veille de chaque élection présidentielle, comme ce fut le cas en 2005. Sarkozy avait terminé sa campagne présidentielle dans le sud de la France, à Montpellier, Toulon et Perpignan, où vivent beaucoup de pieds-noirs et d’anciens membres de l’OAS [3]. La France n’a jamais connu un président aussi provocateur”, assène-t-il.

    Mohamed El-Korso regrette le peu d’enthousiasme que suscitent les questions liées à l’Histoire de la part de notre classe politique :

    “Il est navrant de constater le silence de la classe politique en Algérie. Nous n’avons noté aucune réaction de sa part. Elle a visiblement d’autres chats à fouetter.”

    Le professeur El-Korso estime qu’il serait malvenu de parler après Erdogan : “C’est un peu trop tard pour réagir dans le sillage d’Erdogan. Cela relèverait du plus bas mimétisme.” Il déplore qu’au niveau officiel il n’y ait pas de loi claire qui réponde à l’acte législatif français :

    “Ils [les Français] veulent solder le passé avec notre bénédiction et notre silence. On a eu une bonne opportunité pour réagir, mais on a jeté dans la poubelle de l’Histoire la proposition de loi sur la criminalisation du fait colonial, quand bien même elle était imparfaite.” “Il y a de bonnes choses qui se font sur plan de l’écrit, mais la meilleure réponse à la France doit être politique. Il faut un travail sérieux avec l’apport de spécialistes pour aboutir à une loi criminalisant la colonisation” ; conclut-il.

    Par Mustapha Benfodil 

    source : El-Watan, 26/12/2011

    [1] le 27 avril 2008, la France a reconnu que “d’épouvantables massacres” avaient eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata (dans l’est du pays) le 8 mai 1945

    [2] El-Watan du 14 mai 2005

    [3] Organisation de l’Armée Secrète

    Tags : Algérie, France, colonisation, crimes de guerre, crimes contre l’humanité,

  • Guerre d’Algérie et crimes d’État : l’exigence de la reconnaissance

    C’était le 19 mars 2016. Pour la première fois un président de la République a commémoré le cessez-le-feu consécutif aux accords d’Evian signés le 18 mars 1962 entre le gouvernement français et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Après plus de sept ans de guerre, le conflit s’achevait enfin. De même la colonisation française imposée depuis cent trente-deux ans aux populations de ce territoire conquis par la terreur, les massacres de civils, les razzias et les nombreuses destructions de villages et d’oasis commis par les militaires.
    Un bilan terrible, toujours incomplet
    Telles étaient, dans les années 1840, les pratiques des colonnes infernales de l’armée d’Afrique conduite par le général Bugeaud et ses officiers de sinistres mémoires : Lamoricière, Pélissier et Saint-Arnaud, notamment. Ainsi « pacifiés », comme on l’écrivait déjà, les « indigènes » furent ensuite soumis au « talon de fer » des autorités françaises, des lois d’exception – l’internement administratif et la responsabilité collective – et du code de l’indigénat. Les « Arabes », des citoyens français ? Non, « sujets français » assujettis à des dispositions répressives discriminatoires, expression du racisme de l’État colonial, et privés, qui plus est, des droits et libertés démocratiques élémentaires jusqu’en 1945.
    Quant à la dernière guerre d’Algérie, elle laisse derrière elle des centaines de milliers de victimes algériennes et plus de deux millions de civils, hommes, femmes et enfants, déportés dans des camps de « regroupement » organisés et contrôlés par l’armée. Si ajoute « l’exode vers les villes » soit un total d’au moins « trois millions » de personnes qui se trouvent « hors de leur résidence habituelle ». « La moitié de la population rurale » de l’époque, estiment Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad qui ajoutent : « ce déplacement […] est parmi les plus brutaux qu’ait connus l’histoire ».
    Bilan terrible, assurément, mais toujours incomplet. On ne saurait oublier les milliers d’exécutions sommaires, les tortures infligées aux combattants du FLN ou supposés tels, en Algérie comme dans la capitale, ainsi que l’a montré Paulette Péju dans son ouvrage Les Harkis à Paris, et les disparus, tous victimes du terrorisme d’État. Plus de 3 000 pour la seule bataille d’Alger, selon le préfet de police de l’époque, Paul Teitgen, qui démissionna le 17 septembre 1957 pour protester contre ces pratiques. Celles-là mêmes que favorisait la loi sur les pouvoirs spéciaux votée 12 mars 1956 par les députés socialistes et communistes, notamment, et co-signée par le ministre d’État, garde des sceaux, chargé de la Justice, François Mitterrand.
    La France et son passé colonial en Algérie. Quel état des lieux ? 
    Cinquante-quatre ans après la fin de cette guerre longtemps sans nom, sans autre nom du moins que celui « d’événements », comme l’ont dit pendant des décennies de bonnes âmes politiques soucieuses de défendre ce qu’elles prétendaient être « le prestige » et « l’honneur » de la France, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre perpétrés alors doivent être enfin reconnus par le chef de l’État. Aujourd’hui cette histoire est écrite et grâce aux travaux multiples de celles et ceux qui ont étudié la colonisation de l’Algérie, les méthodes employées pour faire de ce territoire une colonie de peuplement, et les agissements de l’armée française à la suite du déclenchement de l’insurrection le 1er novembre 1954.
    Une histoire écrite qui doit être reconnue
    Alors que les lois d’amnistie empêchent le jugement des coupables, qui sont toujours moins nombreux en raison du temps écoulé, cette reconnaissance est la seule façon de rendre justice aux victimes algériennes du conflit et à leurs descendants dont beaucoup sont citoyen-ne-s français. Responsable et coupable, l’État leur doit cette réparation symbolique liée à une histoire singulière qui, souvent, a douloureusement et durablement affecté le « roman » familial de ces femmes et de ces hommes. Plus encore, faire droit à cette reconnaissance, exigée depuis longtemps par de nombreuses associations et quelques organisations politiques, c’est mettre un terme à une discrimination mémorielle et commémorielle qui n’a que trop duré, et qui s’ajoute à toutes celles que les mêmes subissent encore dans leur vie personnelle et professionnelle.
    En ce domaine, et contrairement à une mythologie nationale-républicaine entretenue par de nombreux dirigeants politiques, de droite comme de gauche, la France se distingue par une rare persévérance dans le déni de son très lourd passé colonial. Qu’on en juge. En 2002, le premier ministre de Nouvelle-Zélande, Helen Clark reconnaît les exactions commises contre le peuple de Samoa entre 1914 et 1962. En 2006, les autorités canadiennes font de même à l’endroit des Amérindiens et accordent 2 millions de dollars aux enfants de ces populations arrachés à leur famille. En 2008, le premier ministre australien rappelle le sort terrible réservé aux peuples aborigènes. En juin 2013, William Hague, ministre des Affaires étrangères de la Grande-Bretagne, déclare :
    Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu et aient entaché la progression du Kenya vers l’indépendance. La torture et les mauvais traitements sont des atteintes odieuses à la dignité de l’homme que nous condamnons sans réserve.
    De plus, 5 228 victimes obtiennent 23,5 millions d’euros au titre des réparations et les autorités britanniques s’engagent à soutenir la construction d’un mémorial à Nairobi.
    Ce bref détour par plusieurs pays étrangers permet de prendre la juste mesure de la situation française caractérisée, au mieux, par la pusillanimité de quelques déclarations, au pire, par la réitération de discours apologétiques de la colonisation. Jusqu’à quand Monsieur le Président ? La réponse vous appartient…
    …mais il est plus que probable que c’est trop tard en ce qui vous concerne… et il est plus que certain qu’il ne faut rien espérer d’un futur président de la République en provenance de la droite et encore moins de l’extrême-droite… La France refusant de reconnaître ses crimes d’Etat du temps de son Empire devrait en rester ainsi encore longtemps et peut-être définitivement… nous n’aurons jamais connu « le changement c’est maintenant ». 
    Tags : France, Algérie, crimes de guerre, Guerre d’Algérie, colonisation,